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Fabriquer un web social et solidaire

cairnNotre diversité est notre force, notre isolement, notre faiblesse

Partout en France, des « acteurs » agissent pour permettre aux citoyens, aux entrepreneurs, aux organisations, aux territoires de découvrir, d’entrer, de s’emparer, parfois d’affronter la société telle qu’elle devient : numérique.

Que ces acteurs se reconnaissent ou non dans cette terminologie, ils exercent un rôle de médiation numérique. Ces acteurs le font dans des lieux très divers : espaces publics numériques, tiers-lieux, fablab, infolab, repair café. Ils le font sous des angles très différents, exclusivement numériques ou parfois liés à d’autres approches (sociales, culturelles, éducatives, entreprenariales).

Ils le font en proposant des services qui ne disent pas toujours leur nom. Dans un esprit de « service public », ou sous forme de « services aux publics », plus rarement d’une « offre de services ».

Ces « acteurs » exercent 1 000 métiers : médiateur numérique, écrivain public numérique, concierge de tiers-lieux, fabmanager, animateur multimédia…

Ils se sont vus comme autant de protagonistes d’un service public, généreux, soucieux de l’inclusion de tous, répondant à une attente que les destinataires ne définissent pourtant pas comme un besoin (pas plus que la lecture et l’écriture n’étaient une exigence des citoyens à l’origine…). Mais voilà… les acteurs publics n’ont pas souhaité qu’un tel service public existe. Et le combat politique pour l’obtenir n’a jamais démarré. Même pas une « mission de service public ». Alors ces acteurs ont fait la quête.

Passant, par nécessité, plus de temps attachés à la quête des moyens qu’à la quête de sens…

Ces acteurs sont multiples et ne se définissent pas. Ils sont partout, accompagnent depuis quinze ans ces changements. Et ils ne sont rien. Parce qu’ils ne sont pas une enseigne, parce qu’ils ne sont pas une marque. Et ils sont fatigués. Car ils n’ont jamais « pris soin » d’eux.

Encore moins de ce qu’ils faisaient. Ça ne fait pas d’eux des héros. Juste des êtres communs habilités à se faire croquer et à craquer. Ces acteurs sont marqués par le numérique : son immédiateté, l’urgence de se réinventer, l’envie de faire réseau, la course à l’innovation, la découverte d’un autre monde, l’injonction au « do-it-yourself » (DIY), autrement appelé autoformation permanente…

D’autres pas du tout, restés bloqués à l’atelier Word de 1999. Comme toute chaine de l’évolution les derniers arrivés sont souvent les prédateurs des espèces plus anciennes1.

Construire l’articulation entre l’économie numérique et la médiation numérique

Pétris de bonnes intentions, parce qu’issus d’une culture de l’État-providence, parce qu’issus du dispositif Nouveaux Emplois/Nouveaux Services (dont le décret d’application jamais abrogé disait « si l’utilité sociale des services créés est démontrée, il revient aux services de l’État et aux collectivités de trouver les moyens de leurs pérennisations »), mais également entrepreneurs à l’échelle hyper locale, ces acteurs sont les victimes collatérales d’une prévisible accélération du monde qui se caractérise par deux mouvements. D’une part, par leur énergie, ils ont fait connaître et reconnaître la transformation qui se joue maintenant : convaincus que la « société » leur est redevable ; pour cela, ils aspirent – à défaut de reconnaissance – à ce que la société s’organise pour contribuer à la sauvegarde de leurs initiatives. Malheureusement, cela arrive au moment où la société, autrement dit la puissance publique, subit un effondrement de son « pouvoir d’agir ». D’autre part, par leur engagement, ces acteurs ont innové. Et gigoté. Beaucoup. Pour qu’on regarde leurs innovations. Mais ce ne sont pas forcément ceux qu’ils espéraient qui ont regardé. La génération suivante a regardé. Parfois les grands groupes aussi. Et les « nouveaux entrants » se sont approprié la réflexion.

C’est ce que ces acteurs voulaient : convaincre, polliniser, diffuser. Mais les nouveaux entrants ont décidé de faire autrement. Avec leurs cultures. Plus efficace. Moins chers. Avec plus d’envergure. Et surtout rentable.

Gérald Elbaze, « Fabriquer un web social et solidaire », Cahiers de l’action 2016/2 (N° 48), p. 81-85.

Lire le rapport sur cairn.info

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