le Social

La population allocataire des caf depuis 1999 : plus pauvre et plus isolée

cairnLa mission des caisses d’Allocations familiales s’est beaucoup transformée au cours des dernières décennies. Elles ont dû faire face à une forte augmentation du nombre de leurs allocataires mais aussi du taux de bénéficiaires des minima sociaux parmi eux. Les évolutions démographiques et sociales et de nouvelles prestations destinées aux plus démunis ont élargi et diversifié la structure de la population allocataire, qui compte désormais 44 % de personnes isolées sans enfant.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire leur dénomination institutionnelle, l’activité des caisses d’Allocations familiales (Caf) ne se limite pas au versement de prestations aux familles, définies comme les ménages comprenant des enfants (mineurs ou non). Certaines prestations versées par les Caf, notamment les allocations Logement ou les minima sociaux (tel le Revenu de solidarité active – RSA), sont aussi perçues par des personnes dites « isolées » – c’est-à-dire vivant seules – et des couples sans enfant. En 2014, plus de 44 % des allocataires des Caf relevaient de l’une de ces deux catégories.

L’hétérogénéité de la population aidée par la branche Famille de la Sécurité sociale a été constatée à partir des années 1980, période à laquelle la diversification des prestations servies a amené dans les Caf des publics plus précaires et isolés (Bardaille et Outin, 1992). Cet article, qui s’intéresse particulièrement à la période récente, depuis 2004, propose quelques explications et hypothèses pour expliquer l’évolution du public des politiques familiales et la dynamique de la croissance très significative du nombre d’allocataires des Caf. Plusieurs variables se combinent pour l’expliquer. Il s’agit en premier lieu des variables de la demande sociale comme la démographie (taux de fécondité, vieillissement, migrations…) ou l’activité économique (chômage, taux d’emploi).

La crise économique a ainsi entraîné depuis 2008 un accroissement très significatif du nombre de bénéficiaires des minima sociaux. En second lieu vient l’évolution de l’offre des prestations sociales, c’est-à-dire de la législation, qui détermine les critères d’éligibilité au statut d’allocataire et à la perception des aides.

Stéphane Donné, Jérôme Minonzio, « La population allocataire des Caf depuis 1999 : plus pauvre et plus isolée », Informations sociales 2016/2 (n° 193), p. 35-47.

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