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Les Troubles Spécifiques des Apprentissages, nouvelles maladies de l’école ?

smshypotheseAu même titre que le monde du travail, l’école produit-elle ses propres pathologies ? C’est la question que pose l’arrivée récente et massive des Troubles Spécifiques des Apprentissages (TSA) comprenant la galaxie des « dys » (dyslexiques, dyscalculiques, dyspraxiques…) et le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. Ces nouveaux diagnostics se répandent rapidement dans la population infantile à la fin des années 2000, soulevant des controverses dans les familles et chez les professionnels de l’enfance.

Certains se regroupent en associations et s’activent pour faire reconnaître ces troubles dits invisibles : ils luttent pour un meilleur dépistage des TSA afin que les enfants puissent bénéficier du traitement adapté. D’autres se montrent suspicieux envers ce phénomène nouveau qu’ils qualifient d’effet de mode ou d’invention des troubles. Comment comprendre les réactions radicalement différentes face à ces diagnostics médicaux ? Que fait l’école avec ces enfants en difficultés dans les apprentissages scolaires ? Des enquêtes sociologiques récentes investissent ces thématiques jusqu’ici accaparées par les médecins et les « psy ».

Le statut des TSA aujourd’hui en France : un handicap cognitif

Les TSA sont depuis 2001 reconnus en France par les pouvoirs publics comme des pathologies d’ordre cognitif. Ils peuvent, depuis 2005, donner lieu à une reconnaissance administrative de handicap (Loi de 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »).

Les enfants désignés comme « dys » et les hyperactifs développent un fonctionnement cognitif différent de l’enfant « ordinaire » : ils confondent des sons, n’automatisent pas les apprentissages, peinent à se concentrer, ne peuvent réaliser deux opérations mentales coordonnées (écouter/écrire)… Les diagnostics sont réalisés par des médecins à l’appui des bilans des rééducateurs para-médicaux (orthophonistes, psychomotriciennes…) et des psychologues. Les médecins n’assurent ensuite qu’un suivi lointain, mais ils ordonnent la prise en charge : ils dirigent les parents vers des séances de rééducation et indiquent les aménagements scolaires requis (présence d’un assistant en classe, allègement de tâches, etc).

La reconnaissance et les dispositifs de prise en charge des TSA apparaissent tardifs lorsqu’on sait que ces diagnostics sont depuis plusieurs décennies disponibles – et ailleurs très usités, comme en Amérique du Nord. Ces nouveaux troubles sont en France l’objet de controverses qui marquent les parcours des familles. Celles-ci rencontrent des difficultés pour obtenir le diagnostic et le faire reconnaître : de façon récurrente, l’entourage, l’école ou d’autres « spécialistes » suspectent un défaut d’éducation parentale à l’origine des difficultés de l’enfant. À l’inverse, des membres de la famille peuvent minimiser les difficultés de l’enfant et critiquer l’intolérance des institutions face aux comportements des enfants, l’agitation par exemple

Comment expliquer cette incertitude autour du problème de l’enfant malgré la précision médicale des diagnostics ?

Lire le rapport sur Smshypothèses.org

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