le Social

Mesure et dé-mesure du care. Une étude de cas à partir des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)

grmParadigme opératoire pour penser les effets des usages ultralibéraux des logiques comptables dans le champ de la santé, les soins en EHPAD étudiés ici nous paraissent révéler la façon dont les professionnel-le-s de santé conçoivent, dans leurs pratiques, l’articulation des conditions de travail, des pressions managériales et de la qualité de vie des usagères. En porte à faux avec la dégradation des conditions de travail observable sur le terrain, l’institutionnalisation d’une éthique de la sollicitude pose problème. Cette éthique fait du bien-être des résidentes la norme du soin en contraignant les travailleur-e-s du care à compenser les effets délétères de la financiarisation de la dépendance.

Cet article propose une étude de cas, centrée sur la construction du point de vue situé des aides-soignantes travaillant en EHPAD, soumises aux logiques de normalisation technique du soin. Le détournement des outils de mesure du soin – dont le Projet de Soins Informatisé fait partie – témoigne de la façon dont les aides-soignantes produisent des savoirs qui leur sont propres à partir d’une critique du cadre épistémique légitime de la sollicitude (proposé en formation initiale et continue et servant de modalité d’évaluation de leurs pratiques) et de la conscientisation d’un sens du travail partagé et partageable avec les usagères. C’est donc une réflexion sur les enjeux des usages de l’éthique du care que nous proposons. Nous envisageons la définition du bien-être des résidentes comme intérêt commun aux usagères et aides-soignantes. 

Les années 1960 ont initié en France une volonté de diversifier et d’humaniser le secteur de l’hébergement pour les personnes âgées. Les hospices, principaux leviers de l’aide sociale aux personnes âgées et destinés en grande majorité à l’accueil des vieilles personnes indigentes, étaient présentés comme des lieux aux conditions de vie déplorables. Le projet de rénovation des hospices, entre autres améliorations architecturales, prévoyait de séparer les vieillards valides et semi-valides des vieillards incurables (grabataires, infirmes, déments, mourants). La médicalisation de la vieillesse et du vieillissement en était à ses balbutiements ; on considérait qu’une fois invalides et « inaméliorables », les personnes âgées ne nécessitaient que des soins infirmiers. L’hôpital était chargé d’accueillir, sans distinction d’âge, les vieillards présentant des problèmes de santé aigus. La loi du 30 janvier 1975, relative aux institutions sociales et médico-sociales, condamne définitivement les hospices qui doivent alors se transformer en établissements sociaux, médicalisés ou non. 

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