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Surveillance de la santé mentale au travail -Le programme Samotrace

invsDepuis de nombreuses années, les problèmes de santé mentale en lien avec l’activité professionnelle font l’objet d’études rapportées dans la littérature épidémiologique internationale. Pour autant, si des liens entre certaines expositions professionnelles psychosociales et des symptômes relatifs à la sphère mentale sont reconnus de manière consensuelle, les connaissances dans ce domaine méritent encore d’être enrichies.

Le programme Samotrace « Santé mentale observatoire travail Rhône-Alpes et Centre » a été créé en 2003. Il avait pour objectif d’estimer la fréquence des troubles de la santé mentale et des expositions qui leurs sont associées selon l’emploi (profession et secteur d’activité) ainsi que de produire des données destinées à mieux identifier les facteurs professionnels à risque pour la santé mentale.

Le programme comporte trois volets indépendants mis en place dans deux zones géographiques pilotes (régions Centre, Poitou-Charentes, Pays de la Loire et les départements du Rhône et de l’Isère). Le présent rapport présente les résultats issus du volet épidémiologique en entreprises sur un échantillon aléatoire de salariés dans les régions Centre, Pays de la Loire et Poitou-Charentes dont le recueil des données s’est déroulé entre 2006 et 2008.

Population et méthode

L’étude s’est appuyée sur la participation volontaire d’un réseau de médecins du travail. Toutes les semaines entre janvier 2006 et mars 2008, chaque médecin volontaire tirait au sort, dans le cadre de la visite périodique de médecine du travail, un salarié parmi ceux qu’il surveillait et lui proposait de participer à l’enquête Samotrace en l’informant de la possibilité de refuser. Un planning de tirage au sort était fourni aux médecins. Les salariés remplissaient un auto-questionnaire qu’ils remettaient aux médecins du travail. Un deuxième questionnaire était renseigné par le médecin du travail en face à face avec le salarié.

L’auto-questionnaire permettait de décrire la santé mentale et les expositions psychosociales au travail. La santé mentale était étudiée grâce à plusieurs indicateurs dont le principal était le Général Health Questionnaire à 28 questions (GHQ28) qui explore la souffrance psychique. Les problèmes d’alcool via le questionnaire DETA et la consommation de médicaments psychotropes étaient également étudiés. Les expositions psychosociales au travail décrites étaient celles explorées au travers des modèles de Karasek et de Siegrist. Le premier explore le déséquilibre entre une forte demande psychologique et une faible latitude décisionnelle. Le soutien social au travail (troisième dimension du modèle) vient moduler cette « tension au travail » générée par le déséquilibre demande/latitude. Le second est basé sur le déséquilibre entre les efforts consentis lors du travail et les récompenses obtenues en retour modulé par le surinvestissement. Par ailleurs, l’auto-questionnaire comprenait également de nombreuses variables sociodémographiques (âge, sexe, situation familiale, niveau de revenus et niveau de diplôme) et personnelles (événements de vie au cours des douze derniers mois et dans l’enfance, soutien social en dehors du travail, pratique de loisirs, consommation de tabac, échelle de santé perçue).

Le questionnaire administré par le médecin du travail décrivait l’emploi (catégorie professionnelle, secteur d’activité, type de contrat et taille de l’établissement). L’organisation du travail, les contraintes physiques étaient également renseignées. De plus, d’autres expositions psychosociales au travail telles que les expositions au cours des douze derniers mois à la violence physique, verbale (menaces et intimidations) et les discriminations, le fait d’avoir ou non une rémunération au rendement ou aux objectifs, le fait de devoir ou non supporter les exigences du public, les problèmes d’éthique professionnelle et la compatibilité entre la vie professionnelle et la vie privée ont été recueillies. 

Lire le rapport sur Invs.santepublique

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