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  Ecrits >> Fiche de lecture >> Educateur spécialisé >> Le lien d’accompagnement, P. Fustier
L’échange par le don suppose 3 obligations pour Mauss : on est obligé de faire des cadeaux, on est obligé de les accepter et on est obligé de rendre. Quand, dans le travail social ou éducatif, l’obligation de rendre est gommée par l’institutionnalisation, alors s’installe une relation d’assistanat et l’échange ne fonctionne plus. Ne pas rendre c’est être vaincu, c’est devoir faire soumission, devenir « vassal, serviteur ou client ». Plusieurs formes de contre-don : la reconnaissance, la gratitude, le plaisir du don… (Godbout). Le contre-don offert par un patient ou par une personne accueillie à un soignant ou à un travailleur social est fréquemment narcissique : il s’agit de fournir au professionnel un apport narcissique susceptible d’augmenter son estime de soi, de répondre à ce que Barthes nomme « le cri de Narcisse : et moi ! et moi ! » dans son analyse de Werther (1977).  On renvoie à l’éducateur une image de « super-héros », de bon éducateur. Le don d’un objet est a considéré avec l’âme de l’objet  « âme maternelle » Mauss : l’âme du donateur aurait une « prise magique » sur le donataire » Freud : notion d’étayage P36 Ce que Freud nomme « choix d’objet par étayage » traduit l’attachement pour des personnes identifiées par le sujet à une figure maternelle puisqu’elles en assurent les fonctions primaires (puisqu’elles donnent alimentation, soin et protection). Ces tâches sont au centre du dispositif d’accompagnement au quotidien qui propose l’institution soignante ou éducative. Les personnes carencées sont les premières concernées par ces notions d’étayage car elles sont à la recherche de figures maternelles (Winnicott).

3.LA VIOLENCE CONSUBSTANTIELLE AU DON Barthes (1977) : « ce qui maintient le lien social entre 2 conjoints et plus généralement entre membres d’une même famille, c’est le fait que chacun pense donner à l’autre plus qu’il ne reçoit ou a reçu ». Pour Kaufmann (1990), le calcul de la dette entre partenaires d’un échange se substitue à l’économie du don lorsque celle-ci est en crise. Ce calcul de la dette est une modalité violente d’interaction par laquelle ce qu’apporte l’un est nié parce que de valeur moindre que ce que l’autre apporte ; il s’agit d’affirmer que l’autre est en dette et de montrer par un calcul que l’on donne plus que l’on reçoit. Ainsi dans le subtil passage du don à la dette, se dévoile la violence latente qui est dans le don. S’il est violent, c’est parce qu’il est à double face, il est cadeaux mais il est aussi poison. P44 notion de « Potlatch » Dans tout don, réside une violence latente. Pour étayer ce propos, Fustier introduit l'exemple du Potlatch où des chefs s'affrontent dans un combat de générosité pour avoir le dessus l'un sur l'autre. Ainsi il apparente les rivalités entre ONG, tel Médecins du Monde et Médecins sans Frontières à ce comportement. Il explique aussi que le don des ONG peut exercer une certaine violence sur les gouvernements des pays intéressés qui n'ont pas la possibilité matérielle de répondre par un contre-don. Il invite ici à une lecture nouvelle : le contre-don résiderait dans les autorisations administratives des gouvernements qui apparaissent comme lourdes aux ONG (tracasseries administratives...) La charité peut déclencher des comportements violents chez ses bénéficiaires. Elle génère surtout de l'aliénation dans la mesure où celui qui reçoit n'est pas en mesure de rendre. De plus l'acte de charité manifeste une volonté de maîtrise. Celui qui reçoit et qui ne peut donc rendre n'a plus qu'une alternative : se révolter ou se donner lui-même (symboliquement).

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