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Fictions pour la jeunesse : les nouvelles héroïnes cassent-elles vraiment les stéréotypes de genre ?

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lesocial
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Fictions pour la jeunesse : les nouvelles héroïnes cassent-elles vraiment les stéréotypes de genre ?

Message non lu par lesocial » 29 juil. 2022 09:52

L’influence des personnages de fiction sur la représentation des normes de féminité et de masculinité chez les jeunes est un sujet souvent abordé du point de vue de la littérature qui leur est destinée. Dans cette catégorie, à l’exception de ce qui relève des intrigues de romance, les personnages féminins sont longtemps demeurés secondaires.

Des maisons d’édition dédiées à un public enfantin ont ainsi développé une production...

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Po3m
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Re: Fictions pour la jeunesse : les nouvelles héroïnes cassent-elles vraiment les stéréotypes de genre ?

Message non lu par Po3m » 31 juil. 2022 01:40

Vraiment bien ce sujet.
En tant qu'auteur, j'estime que le "contre-stéréotype" est clairement une position plus éditoriale que d'auteur pour répondre à un marché qui doit s'adapter à son public et à l'évolution des moeurs. Ce n'est pas "mal", mais c'est ce qui fera de ces oeuvres plus des produits d'un nouvel ordre moral dans une forme de politiquement correct. Façon de dire que l'on tombe dans une mode, on saisit l'opportunité de véhiculer un ou des messages beaucoup plus proches du slogan commercial que d'une démarche artistique plus profonde et nuancée. Pour moi, mais ça n'engage que moi, le mieux est de pouvoir s'émanciper, s'extraire de la logique de vouloir forcément inverser les codes. Car faire cela, d'un point de vue structurel dans un récit, c'est vraiment à la portée de tout le monde. Pour moi ce n'est pas ça qui fait d'une histoire, une bonne histoire. Si ça répond à une ligne éditoriale spécifique pour un marché, certes. Mais c'est un peu comme pour les oeuvres Wokes, si c'est pour faire comme Disney et remplacer la fée Clochette par une fée noire, ce n'est pas ça qui est dérangeant en soi, c'est juste que cette forme de révisionnisme culturelle n'a - pour l'heure - pas de réel sens sinon contenter un marché. A côté de ça, bien sûr, il y aura de véritables oeuvres intéressantes et profondes qui se détacheront du lot.

"Elles insistent sur l’évolution parfois trop schématique du personnage masculin, un « bad boy » qui se convertit en garçon sensible, amoureux et dévoué."

Moi c'est l'inverse. J'étais garçon sensible, ma foi on ne change pas vraiment sa nature mais faut pas croire, j'ai mon côté Bad Boy :mrgreen:

"Janice Radway a mis en évidence ce canevas narratif des romans Harlequin dès 1984 dans son étude classique, Reading the Romance, hélas jamais traduite intégralement en français (voir la conclusion de l’ouvrage traduite par Brigitte Le Grignou en 2001). Radway explique comment ce déroulement de l’intrigue, sans cesse renouvelé, reconduit un schéma patriarcal tout en permettant aux lectrices de vivre fantasmatiquement une autre fin que celle de leurs relations hétérosexuelles réelles."

Vraiment intéressant. Bien sûr que "la vraie vie" est différente. Et aussi sensible un homme soit-il ne sera pas pour autant "le Prince Charmant". En même temps, ces histoires là j'ai envie de dire ne font pas que "fantasmer" les filles. Il y a des garçons dotés d'une certaine sensibilité qui se laissent aussi transporter et connaîtront la chute, implacable, celle de la rencontre avec la réalité (avec les femmes, les vraies ! Rire !). Surtout, ce qu'il faut quelque part, c'est désacraliser la relation idéale.

Le modèle de la "femme forte" est une sorte de piège, si on présente la femme comme - somme toute - "un homme comme un autre". Il y a, dans la vie, des femmes qui ont de fortes ambitions de carrière "dans un monde d'hommes" et qui, pour parvenir à leurs fins, effacent leurs caractère féminin pour créer un caractère masculin, une façon de "devenir un homme comme les autres". Ca aussi, c'est - si j'ose dire - pour un auteur qui se prétendrait vouloir raconter quelque chose qui anticipe une certaine vision de société : déjà obsolète. Présenter la femme sous ce jour n'est déjà plus quelque chose d'intéressant à raconter.

Pour raconter quelque chose qui répondra d'un certain air du temps, je pense qu'il faut s'intéresser aux autres, à la vie, à la société telle qu'elle est réellement, à digérer cela et d'en faire sa propre grille de lecture, pour ensuite que ça vienne transpirer dans ce que l'on souhaite raconter. Ce n'est pas réaliser une vision féministe, qui serait alors - excusez-moi - vraiment une vision réductrice sur le monde qui nous entoure. Si ça répond à une logique de marché, ça touchera un public c'est sûr, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Souvent, en effet, vouloir inverser les stéréotypes, c'est finalement souvent une façon de retomber dedans.

J'en viens à penser qu'on ne peut vraiment s'extraire de ce qui fait la nature profonde humaine, quelque soit le genre auquel on appartient. Les femmes resteront femme dans leur nature la plus profonde, toute comme les hommes. Et ce même si les unes et les autres ont changé de sexe entre temps, ou bien sont "non binaires", quoi qu'on en pense. On peut très bien ne pas vouloir se définir, donc se réduire, au sexe qui qualifierait un genre, certes. Mais c'est à partir du corps, donc du réel, que l'on devient ce qu'on est. Vouloir abolir ce qui nous conditionne socialement par le comportement est une chose, et donc en soi redéfinir les règles du jeu, mais pour ce faire, j'ai appris une chose et relativement récemment au regard de ma vie : il faut une société dite évoluée dans la pleine conscience => Cette société, à ma connaissance, n'existe pas.

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