Formation et troubles psy.

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Astrobulle.
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Formation et troubles psy.

Message non lu par Astrobulle. » 09 sept. 2018 20:23

Bonjour,

Rentrant en formation en octobre, je me posais une question du rapport entre formation et trouble psy. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas eu à me poser la question : en correspondance à la fac pour cette raison et crises d'angoisse à répétitions et une prof en prépa à qui j'en ai vite parlé.

Je suis suivie pour trouble bipolaire de type III et pas stabilisée. Ca fait 4 ans que je ne suis plus de cours en présentiel ; j'ai repris tout doucement cette année avec une prépa concours, avec quelques difficultés et surtout seulement une quinzaine d'heures par semaine.

Je me posais la question de la pertinence d'en parler ou non. Sachant que lors de l'entretien psy, rien de tout cela n'est ressorti. Je sais pas si j'en parle dès le début ou si j'attends de voir s'il y a quelque difficulté qui se présente.
J'ai peur de la stigmatisation. Et à côté de ça, ma psychiatre me conseille d'en parler, mais de manière légère.

Du coup, si certain.e.s sont dans ce cas (ou l'on été) (ou non d'ailleurs), j'aimerais bien avoir des retours, vos avis.

Merci d'avance !

ombreline
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par ombreline » 13 sept. 2018 22:05

bonjour
mais le soucis est : Si vous même vous êtes pas tout a fait bien dans votre intérieur, comment aller vous pouvoir aider vraiment les autres?

:|

baleste
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par baleste » 14 sept. 2018 08:47

Beaucoup de gens "à problème" s'engagent dans une formation d'éducateur ou de travailleur social en général en se disant "en étudiant les problèmes des autres, je vais régler les miens !"

Fausse route !!!

En général ils se plantent vite et font partie de cette part de toutes les promos qui s'évaporent en cours de route.

Si tu n'es pas capable de seulement être présente à un cours, comment vas-tu faire pour être dans un groupe d'enfants, d'ados ou d'adultes, là où il faut être vraiment présent ???

Je crois bien que tu devrais commencer par te soigner par une bonne thérapie où même une psychanalyse.

Ocb
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par Ocb » 14 sept. 2018 10:23

Malheureusement, je suis d’accord avec les commentaires ci dessus.
La formation d’ES c’est 35h ferme par semaine, avec des fois peu de pauses. Avec, des cours parfois long... avec parfois en amphi, du bruits autours. Des bavardages, les bruits de ceux qui ont un ordinateurs... etc. Il faut savoir être attentif TOUT LE LONG. Donc si tu as des problèmes d’attention, et ce que tu cite au dessus... malheureusement la formation n’est pas une bonne idée. Tu dis avoir du mal déjà pour 15h/sem.. là c’est le double... Prends du recul, remet toi en question.
Il faut s’avoir s’aider sois même, pour aider les autres.
Aide toi d’abord, soigne toi, stabilise toi, et ensuite reviens en formation.

Bon courage dans ta démarche, ce n’est pas simple..

Astrobulle.
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par Astrobulle. » 17 sept. 2018 22:03

Est-ce que ce n'est pas généraliser de dire les gens "à problème" s'engagent dans une formation pour devenir TS, en espérant régler leur(s) problème(s) ? Dans mon cas, je sais très bien que les deux sont indépendants. Il n'y a pas de soucis à ce niveau là. Si j'ai attendu maintenant, c'est parce que je me sentais prête, et que je sais que je le suis.

Oui, il y a eu quelques difficultés cette année en prépa, mais je sais aussi qu'après 3 ans de cours par correspondance, il y a eu un énorme progrès, et qu'au fur à mesure des semaines, les absences étaient très rare.

Effectivement, les difficultés de concentration sont bien là. Mais je ne pense pas être la seule, et ce n'est pas le seul fait de la bipolarité. Et je compense en travaillant de mon côté. Ma concentration assez vacillante ne m'a empêché de valider ma L1 de psycho et donc de pouvoir continuer à distance, ni même d'avoir mon concours.

Je suis justement en phase de stabilisation, et en bonne voie d'ailleurs. Et même si à terme, on peut espérer une stabilisation optimale, le risque est toujours là. Je ne suis pas à l'abris d'un état mixte, d'une phase un peu plus up ou down. Même dans 10 ans. Aujourd'hui, j'ai appris (plus ou moins) à "anticiper" une rechute et si j'arrive à trouver un·e bon·ne psychiatre, ça se fait avec un ajustement "immédiat" et temporaire du traitement. Et je compte bien en trouver un·e avant d'emménager.

Ma question c'était vraiment de savoir s'il valait mieux en parler, ou attendre de voir si le "besoin" se fait sentir ?

Mais en tout cas, merci pour vos réponses. Parce que ça m'a fait réfléchir sur le lien entre "s'aider soi-même" et "aider les autres", et ça pourrait faire l'objet d'un débat hyper intéressant le pense. C'est une question qui revient pas mal en psycho aussi.

baleste
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par baleste » 18 sept. 2018 12:23

L'enfer est pavé de bons sentiments et les situation difficiles -ou même d'échec - de bonnes raisons.

Aurel
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par Aurel » 05 oct. 2018 01:27

Salut,

Je ne peux que comprendre la peur de la stigmatisation. Je vais essayer de donner uniquement mon avis par rapport à la question posée qui, si je ne me trompe pas, était d'étayer par un regard différent une réflexion sur le fait de parler ou non des difficultés de santé.
Contrairement au sentiment que m'ont donné toutes les réponses précédentes, j'ai envie de défendre la thèse qu'en parler a du sens.

La formation a pour objet de permettre la construction d'une identité professionnelle. Pour ça, des apports théoriques et des expériences pratiques permettent de pousser la personne en formation à la réflexion, à la prise de position, à la remise en question.
Le parcours de formation fait l'objet d'évaluations de la part des référents de formation, des référents de site qualifiant et de jurys, qui valideront ou non l'accès au diplôme à la fin. A travers l'évolution tout au long du parcours, l'étudiant est censé acquérir les connaissances et développer les compétences nécessaires à l'exercice du métier.

L'état de santé d'une personne ne peut être la seule raison d'un refus de continuité d'une formation, ce serait de la discrimination.
Maintenant effectivement, le risque de stigmatisation existe. Je ne peux dire ce qu'il convient de faire, à savoir en parler ou non. Cette décision revient, à mon sens, uniquement à la personne qui peut en être affectée.

Ce que je peux en revanche questionner, c'est quel sens donner à sa formation? Peut-on se construire pleinement professionnellement si l'on ne se sent pas libre d'aborder dans un espace censé sécurisant (on se forme pour apprendre, ce qui signifie qu'on n'est pas censé être parfait dès le début) les conséquences possibles d'un état de santé sur notre relation à l'autre, nos missions auprès de publics fragilisés?
La crainte de la stigmatisation restera présente, que ce soit pendant ou après la formation. Des enjeux existent avant l'obtention du diplôme (que ce soit liés aux formateurs "école", aux terrains de stage...) mais d'autres se révéleront aussi une fois en poste (vis-à-vis du public, de l'employeur, du risque de perte d'emploi...). Comment réussir à se former puis exercer de façon sereine et rassurante pour soi/pour le public en craignant le regard de l'autre ?

C'est certain, la transparence ouvre la possibilité de la stigmatisation, du rejet. A l'opposé, elle peut aussi amener à de l'échange, une meilleure prise en compte des individus en tant que personne (avec des difficultés mais également plein de potentialités) et non pas en tant que "personne à problème" ou "étiquetée malade". Une personne n'est pas qu'un diagnostic!

Rien n'oblige à poser des mots médicaux sur les difficultés de santé vécues, à partager un diagnostic avec autrui. Évoquer uniquement les conséquences est une possibilité.
A savoir s'il faut attendre ou non que le besoin d'en parler se fasse sentir, j'ai un avis mais cette décision ne m'appartient pas. Je ne peux que tenter d'amorcer une réflexion qui doit être personnelle sur ce qui est entendu par " que le besoin se fasse sentir" en rapport la prise en compte de l'impact possible pour le public et pour soi au regard des valeurs et principes de la profession.

Je pourrai revenir sur la corrélation entre "état de bien-être personnel" et "relation d'aide" mais je ne suis pas pour autant en accord avec la totalité de ce qui est renvoyé dans les précédents postes.

Saladequinoa
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Re: Formation et troubles psy.

Message non lu par Saladequinoa » 06 oct. 2018 10:47

Oui tu peux travailler, on ne peux pas de refuser sur la base de ton état de santé, ce serait de la discrimination.
Apres il existe la notion d'aptitude mais ça , cest au médecin de la déterminer, ce n'est ni à toi, ni aux autres de Le dire.

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