Le mirage de l’entrepreneuriat pour tous

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lesocial
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Le mirage de l’entrepreneuriat pour tous

Message non lu par lesocial » 21 oct. 2019 08:04

L’entrepreneuriat est devenu, en moins de 50 ans, un Graal universel, célébré par un concert de louanges médiatiques, politiques voire académiques, et affublé de pouvoirs puissants. En France, la « start-up nation » en est la forme actuelle, censée assurer la…

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Po3m
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Re: Le mirage de l’entrepreneuriat pour tous

Message non lu par Po3m » 23 oct. 2019 12:18

Oui et on en prend plein la G... ueule.

Super sujet.
Je pourrais m'y sentir concerné, mais me "réduire" à cet article serait méconnaître l'ensemble de mon parcours.

D'un point de vue extérieur, l'on pourrait se dire que je créé mon activité par nécessité. Mais non.
Je suis dans une situation précaire, mais je ne fais pas ce que je fais "à défaut". Tout ceci a fait partie de mes réflexions (travailler pour de bonnes raisons et non pour de mauvaises). Seulement, les belles théories c'est une chose. Mais en vrai le système n'aide pas via les dispositifs en place (cause politique locale des élus) à propulser les gens comme moi dans le bon sens.

Je développerai ultérieurement.

Enfin c'est bête parce qu'en ces contrées du coup je me sens un peu isolé (je semble être le seul à témoigner aussi pour "dénoncer" les dysfonctions par endroit), vers 2005 Le Social était beaucoup, beaucoup plus actif. Aujourd'hui ça dort (étonnant). Les gens tous sur les réseaux sociaux (FB Twit et Cie) ici je passe limite pour un cas sos (ce n'était pas mon but, mais on peut s'y méprendre).

Pour revenir à l'article je suis d'accord sur le fond, l'entreprenariat "pour tous" est bien un mirage. Il faut avoir de grandes et bonnes prédispositions (c'est devenu mon cas), il faut être prêt aussi à ne plus avoir de week ends durant un bon bout de temps (toujours mon cas) il faut mettre de côté la notion "d'une vie normale" ou d'un modèle qui serait imposé (entreprendre, c'est aussi fondamentalement une liberté, c'est un "brise glace" en soi, on doit pouvoir être capable de faire voler en éclats les modèles préconçus)... et surtout, entreprendre (ou se battre pour les valeurs auxquelles on croit) c'est défendre des projets (et se former pour). Ce n'est pas rêver d'une carrière ni d'un enrichissement (sinon personnel). C'est porter des projets et les défendre (les faire évoluer, etc...), ce n'est pas se mettre "soi" en avant (même s'il faut savoir défendre et vendre), c'est être humble (et parfois même plus humble que les personnes qui dans votre parcours d'insertion se croient aptes et légitimes pour vous donner des leçons). Enfin ce n'est pas qu'une question d'adaptation mais aussi de capacité d'apprentissage (je parlerais "d'agilité") et en soi... sans paraître pour un prétentieux, j'ai constaté que non : ce n'est pas donné à tout le monde. C'est vrai.

MAIS : le conseil départemental a choisi de laissé mon dossier sous la pile durant plus de 10 années.
Entre temps j'ai avancé, mais je le dis... sans être aidé. Je suis "victime" d'une politique locale d'insertion (ou de "désinsertion" ah ah...), contrat d'engagement réciproque qu'ils disent... (j'en ris encore).

Le prochain contrat, devant la personne qui voudra me le faire signer (ce n'est plus la chargée de mission ne voulant plus la voir pour mon bien et le sien mais une assistante sociale bref je suis peut être considéré comme "ingérable" donc ils s'adaptent à mon cas) : je déchirerai le contrat... devant la personne, la prochaine fois. Le geste sera symbolique (c'est à dire que je le déchirerai, mais je suis "obligé" de percevoir le RSA sinon en vrai : je me retrouve à la rue, pas du jour au lendemain mais j'ai des factures à payer). Je suis dans une position "où" je dois bien vivre (survivre) MAIS mon engagement me demande de m'y consacrer à temps plein (faire "un petit boulot" à côté ce n'est pas tenable...) les "créateurs" me comprendront, il y a un seuil où tu es obligé de t'y consacrer à temps plein et durant cette période (qui peut durer plusieurs années) tu te retrouves "naturellement fragilisé" et c'est durant ces années qu'il faut (normalement) trouver le plus grand soutien environnemental (ce qui n'est pas mon cas), un soutien y compris institutionnel... (articulé par des hommes et des femmes qui aussi croient un peu en toi)... hors une relative déshumanisation a raison de certains laissés pour compte (souvent confondus avec des gens sans volonté ou "farfelus"). C'est triste mais l'ensemble du dispositif à environ 25 ans de retard sur une vision plus valorisante du développement du travail et des initiatives individuelles et entrepreneuriales.

Perso, je ne vise pas la création d'entreprise en soi (déposer un siret faire les déclarations c'est facile) mais ce que je demande "où j'en suis" n'existe pas : de la considération. Une réelle prise en compte. Du sérieux.

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