Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

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Po3m
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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 13 juin 2018 09:11

Bonjour,

J'ai décidé de revenir sur ces points précédemment cités mais imprécis, incomplets.

Deux problèmes majeurs :

- L'orientation scolaire
- L'accès à la formation (post-scolaire)

Il y a bien évidemment bien d'autres problèmes à évoquer, mais ces deux points majeurs représentent à eux seuls une large part pour ce que sont des conséquences manifestes dans la précarité. J'ai presque envie d'ajouter un troisième point : "La démission de Pôle emploi" car aujourd'hui je comprends bien mieux que le CG a beau nous mettre la pression pour y rester, PE derrière ne suit pas. C'est un autre problème, je crois que certains d'entre vous connaissez très bien alors est ce utile vraiment d'en parler ?

Orientation scolaire

Vous n'êtes pas sans savoir que nous vivons dans un monde violent. Sans trop non plus en rajouter mais voilà, c'est un fait, les jeunes ne sont pas tendres entre eux. Et je ne dirais pas que ce n'est pas normal : c'est naturel. Nous sommes des animaux (avant d'être humains). Et ça fait partie de sa construction, ces expériences vous structurent. Ca sort de la normalité quand un.e élève devient bouc émissaire ou souffre douleur. Il y a un effet boule de neige, c'est à dire : cela vient toujours d'une minorité d'élèves "agressifs", l'ensemble des élèves suivent juste le mouvement par effet de groupe. Heureusement, tous ne sont pas idiots et vous en trouverez toujours de plus intelligents qui adopteront une position je dirais neutre, face à certaines situations.

Mais le plus couramment, un.e élève "victime" de violences subies, ça ne se voit pas. Ca ne s'entend pas. Dans mon cas, juste, les profs ne comprenaient pas mes résultats qui fluctuaient, faisaient un yoyo étonnant, de 15 à 5 par exemple. Remonte à 20 la fois suivante, puis repasse à 3... etc... une inconstance incomprise, donc. Je passais pour un "je m'en foutiste" et je ne faisais absolument rien pour changer cette image. A 17 ans, encore au lycée : j'ai compris que ma scolarité était flinguée. Mon niveau de dessin n'était pas encore professionnel, mais on va dire, encore 1 à deux ans de boulot pour être publiable. Et puis à côté de ça il y avait l'écriture. Mais je m'étais éloigné un peu car je travaillais aussi la programmation. J'apprenais à créer des petits jeux vidéos dans mon coin. Un intérêt que j'allais développer plus tard. Bon bref... je parle de ça juste pour signifier que mes (réels) travaux passaient sous radar et pour simplifier ce n'est pas que je passais pour un branleur mais entre le fait de m'ennuyer en cours et les assauts de mes bourreaux, le cocktail donnait le jeune que j'étais, à la personnalité qui rasait les murs. Finalement, je tenais le coup grâce à ce que j'apprenais réellement dans la vie et ce que j'apprenais vraiment ne se passait donc pas à l'école.

D'une certaine façon, j'ai appris à ne compter que sur moi-même et sans vraiment en être conscient à l'époque, je me faisais autodidacte.

Du coup la scolarité était tronquée, sapée à la base. Mes résultats ne reflétaient donc en rien mes réelles capacités. Cela pose un problème : le système de notation dans le cours de la scolarité. On se base sur ce système là, aussi, pour dès l'âge de 14 ou 15 ans (si je ne dis pas de bêtise) orienter l'élève que ce soit pour poursuivre dans le collège ou choisir un apprentissage ou un bep, peu importe l'orientation. Dans mon cas ça s'est fait par défaut et ça n'a pas joué grâce au dossier scolaire mauvais mais (rire jaune) ce qui a été mis en avant pour être accepté dans un lycée, c'est : ma gentillesse.

J'ai presque tout dis, là. Oui, oui... mal barré dans la vie, le gamin.
Donc me voilà à entamer donc dès l'âge de 14 ans une 4ème technologique dans le tertiaire/sanitaire avec un choix sur le tertiaire qui devait mener vers de la compta/bureautique.

Pour moi ? Mais c'était l'horreur absolue... imaginez juste le grand écart entre mes réels intérêts, et... ça ? Paradoxalement, à cette époque j'étais plus mûr que la moyenne des autres élèves de mon âge. Enfin, c'était vraiment compliqué et je n'avais donc pas le choix. Je devais subir de plein fouet cette première orientation de merde... à 14 ans.

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Po3m
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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 13 juin 2018 10:08

J'utilise bien sûr mon parcours, je parle de moi pour expliquer des choses dont je suis conscient ne pas être le seul concerné. Je pourrais faire totalement abstraction de mon cas pour finalement aborder ces sujets de façon strictement objective, à l'aide de références précises, etc... mais mon but n'est pas d'écrire un mémoire. Ce qui ne veut pas dire que je n'en suis pas capable, encore une fois, à vous de faire la part des choses (si bien évidemment mon "cas" vous parle un petit peu...).

[Réponse à : "La pauvreté coûte Un pognon de dingue !"]

Les dépenses consacrées (RSA inclu) à la pauvreté et à l'exclusion sociale (21,3 milliards d'euros)

L'évasion fiscale coûte 80 MILLARDS d'€ / an

[/information]

Si un psy (s'égare) par là. Le tableau que je brosse pourrait faire peur. Je n'ai jamais pu m'exprimer librement, me "libérer" justement dans un cabinet. C'est très, très dur, et même si je comprends mieux aujourd'hui le réel bénéfice personnel que cela peut apporter de s'adresser à un psy, au fond je n'y arrive pas. Ma psychothérapie est un échec car j'ai du évoquer une famille que je n'ai plus, et c'était trop douloureux. Maintenant, faut il parler d'échec ? Je ne le crois pas. J'apprends véritablement de chaque rencontre.

Je tiens juste à dire que je n'ai jamais dérapé dans la délinquance ou la violence parce que dans le cours de ma vie et ce malgré mes échecs, j'ai développé "une conscience" et j'espère que c'est ressenti. Je suis le genre de personne qui s'intéresse à tout dans la vie. Ca fait aussi un peu parti d'un certain travail. Ca m'a permis de comprendre la "pathologie familiale" dans laquelle je baignais plus jeune et cela m'a permis donc de m'en détacher et de m'en protéger. Ca m'a permis de comprendre que dans cette famille, j'étais conscient des problèmes de cette famille, mais j'étais une éponge. Comme élément conscient, je voulais "réparer" les problèmes de cette famille en faisant tampon, en quelque sorte. Ca ne m'a pas réussi. Donc, j'en suis sorti de cette famille. J'ai coupé radicalement les ponts avec certains membres de ma famille, également, qui étaient trop nuisibles j'allais dire pour moi, mais pas seulement. En effet, quand vous vivez avec l'un des parents qui est (je l'ai compris plus tard) "pervers narcissique" et donc à une personnalité toxique, les dégâts sont terribles. Ce n'est pas LA réponse. C'en est une parmi de nombreuses autres.

Vous allez me dire que ce n'est pas à moi de poser un diagnostique. C'est vrai. Simplement je ne suis pas complètement con (on va dire). Croyez bien que si j'évoque cela, ce n'est clairement pas par plaisir. Et si certains ponts sont coupés, c'est bien à des fins de me protéger de relations qui étaient véritablement nuisibles.

Juste un petit mot pour ceux qui pourraient se dire "à donc sa situation n'est pas un problème de société, c'est un problème personnel", ne soyez pas si binaires, j'allais dire SVP ne pensez pas de façon si scolaire. Bien sûr qu'il y a des problèmes familiaux et persos dans mon parcours qui du coup m'ont considérablement affaibli et cela n'encourageait pas un terrain propice à la réussite (je ne suis pas là pour définir "la réussite" évidemment même si je pourrais en parler durant des heures, juste dans la vie je suis quelqu'un de simple et conscient qu'une petite réussite ne vaut que par la (re)connaissance de ses échecs), mais à côté de ça du coup, fragilisé, j'ai subi de plein fouet des "failles et limites structurels" propres à notre société. Simplement parce que je n'étais pas doté de bonnes armes et au fil des rencontres (mission locale, etc...) et bien... c'est très bateau de dire cela et vous devez en entendre des vertes et des pas mûres, mais je n'étais pas compris. J'ai connu le mépris, le jugement, le rejet, ce durant des périodes qui étaient "clés" dans la vie et donc, pour moi, vécues comme de mauvaises expériences. Au lieu de renforcer, cela m'a affaibli. D'une certaine façon, cela m'a tué. Cette mort (symbolique) j'ai du en prendre conscience, la comprendre, et l'accepter.

Je me suis fortement éloigné du sujet initial, j'espère que vous ne m'en voudrez pas. J'y reviendrai, bien évidemment.

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 13 juin 2018 16:58

L'accès à la formation (post-scolaire) :

J'aimerais juste préciser que comme j'ai du "fuir" le lycée pour des raisons évoqués précédemment, j'ai continué par correspondance. A la base, j'étais quand même ravi car cela voulais dire avoir un réel choix pour ré-orienter mes études. J'ai vite déchanté.

En effet, idem les limites sont imposées de sorte à créer certains "effets pervers" propres à notre système. Des choses qui du coup fonctionnent non pas pour t'aider, mais t'ajouter des handicaps, te limiter sans raison valable, ce qui ne fait qu'enrayer un parcours possible pour le jeune qui veut exploiter dans le bons sens ses capacités.

Explication concrète : BEP CAS en poche, évidemment il y a plus de 20 ans, ça n'avait déjà plus aucune valeur. Bien évidemment. Ca te permet de valider un petit acquis et à la limite, ça t'entraîne à éventuellement passer plus tard des examens plus sérieux. En fait, j'avais en tête de me ré-orienter par correspondance pour axer des études dans des domaines plus culturels/artistiques, ce qui me correspondait davantage. Je passais par le CNED. Le hic c'est que pour les parents, je devais être reconnu officiellement comme "scolarisé" sinon ils perdaient les allocs. Donc, j'étais contraint de rester dans la même voie et de faire suite au BEP CAS c'est à dire entamer ce que je ne voulais pas : un BAC STT. Les parents continuaient ainsi à percevoir les allocs, mais moi, j'étais dégoûté. Donc deux années pour moi de plus à perdre.

Vous voyez, ici c'est un exemple typique de ce que je nomme un handicap structurel. Qu'on n'aille pas me dire que d'un point de vue politique, il n'y a rien à faire. Car dans les faits, ça n'aide pas à prendre vraiment sa vie en mains. Je voulais SORTIR du scolaire et me donner une plus grande liberté de choix. Mais non. Je devais RESTER dans ce qui pour moi était vécu comme quelque chose qui n'allait pas me servir plus tard. C'est ce que j'appelle un effet pervers.

Mes parents étaient modestes financièrement. Bon, pour dire la vérité : je n'étais pas aidé, mais du tout. Ni compris, ni soutenu. Mais de vous à moi, je ne trouve pas ça normal ce système d'allocs en lien avec une scolarité obligatoire (à moins que les choses aient évolué depuis, désolé je ne suis pas parent, donc)... j'étais un peu à part très jeune j'avais besoin de prendre les choses en mains mais apparemment, la société n'était pas prête pour ça.

Trop en avance sur mon temps.
Modifié en dernier par Po3m le 14 juin 2018 08:50, modifié 2 fois.

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 13 juin 2018 17:41

Bon bref, peu importe. A travers mon histoire, et d'autres histoires aussi, ça créé un prisme à travers duquel il est peut être plus aisé de comprendre certaines failles structurelles qui jouent un rôle contreproductif puisque agissant comme "barrage" littéralement. C'est entre autres ce que j'aimerais faire ressortir.

Je voulais continuer, parler aussi de l'AFPA, mais sérieusement, las...

J'aimerais juste que l'on crédite un peu de ma parole lorsque je dis que j'ai réalisé de nombreuses démarches, assez foireuses dans l'ensemble car d'un point de vue social : j'étais très mal préparé. Au moins, je le reconnais (ce n'est pas facile de reconnaître aussi ce qui ne va pas chez soi). J'ai travaillé dessus, et j'ai même travaillé tout court à travers de nombreux projets, ce qui a contribué à me changer. J'ai donc changé et au contact, certaines personnes seraient surprises de voir à quel point je ne suis plus le même.

Mais il reste un poids, réel... preuve en est : ces messages. Une façon d'évacuer quelque chose, n'allons pas jusqu'à dire "témoigner". J'en ai juste marre qu'à travers un contrat dit d'engagement réciproque (laissez moi juste rire), j'ai la nette impression de me rendre à un diner de con(s). Je mets un (s) à con car j'estime que la personne qui me reçoit est aussi un dindon...

C'est tellement frustrant...

Note : la frustration n'est pas un sentiment négatif. C'est ce qui permet d'aller plus loin...

Et je suis certain qu'il y a des choses à faire. J'aimerais en parler mais ce n'est pas le bon sujet pour ça. Comme la possibilité de créer "un cercle vertueux" qui puisse aider à remettre tant de gens sur un chemin plus digne. En chacun, nous portons un monde des possibles, en chacun nous portons non pas la solution, mais des réponses possibles pour inventer, pour créer...

Dans cette société actuellement en profonde mutation il faut nous permettre d'agir plus librement, avec de réels moyens. Mais pour cela, il faut retrouver confiance. Ce n'est pas en signant un papier tous les 6 mois ou une fois par an (voire dans certains cas plus du tout), que l'on retrouve confiance. Je le répète, cet acte administratif nous renvoie à accepter l'inacceptable, à consentir l'hypocrisie. Certains pourraient se dire que donner un RSA, ça évite que ça n'explose ?

La réalité c'est que les gens n'en ont rien à secouer de la révolte. L'énergie est à mettre pour quelque chose de plus construit, de plus sensé, certainement plus sensé encore que ce qui peut nous être proposé...

Le monde change est si autrefois être pauvre signifiait paraître ignorant, la donne change. Le collectif retrouvera ses lettres de noblesse. Le "bien commun" (devenu un terme "qu'on ne prononce plus" tabou) j'en suis certain, s'apprête à s'adapter à ce monde qui change. Il ne changera pas via la politique ou la finance, ce bien est humain. Continuons à en énerver certains.

Résistons.

(à suivre)
Modifié en dernier par Po3m le 14 juin 2018 08:51, modifié 1 fois.

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 13 juin 2018 18:10

Déjà j'aimerais dire que suite à mon hospit et quelques mois dans un foyer de post-cure, j'ai appris par la CAF lui devoir environ 3000€. Explication, les gens qui se sont occupés de moi, des professionnels, ont oublié d'en informer la CAF.

Comment peut on me reprocher alors pour les 4 années qui ont suivi de ne pouvoir agir avec seulement en poche que 320€ / mois (car la CAF me retenait le reste pour rembourser) ??? Je crevais littéralement de faim, si vous voyez ce que je veux dire (j'étais déjà locataire à cette époque, je vivais dans un appartement). Je suis toujours du reste locataire d'un appartement.

320 € / mois durant plus de 3 ans. Alors je ne supporte pas quand on écarquille les yeux et qu'on fait semblant de ne pas comprendre que j'ai pu laisser les années filer. Car d'un point de vue extérieur, c'est facile de se dire que je ne fais rien pour m'en sortir. Durant ces 3 années, je faisais moins de 50 kg, je n'avais pas l'énergie.

Et la Macron te dit : "Oui mais..." PAFFFF tarte dans la gueule pour commencer... ça c'est fait.

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 14 juin 2018 09:35

C'est vrai qu'à première vue, on pourrait avoir l'impression que je cherche un peu à défendre ma situation. Mais ce n'est pas du tout ma démarche. Je ne cherche pas d'excuses. Le simple fait d'être lu, déjà quelque part ça m'apporte peut être quelque chose. Peut être mon expérience peut elle aider à comprendre, je ne sais pas. J'ai répété plusieurs fois le fait d'être conscient ou encore lucide, mais j'admets volontiers ne pas tout voir, évidemment mon regard ne peut être que subjectif. Bien sûr que tout ne va pas sinon je n'en serais pas là...

Le fait de raconter et d'avoir quelqu'un en face, un regard, une écoute, c'est vivre une expérience nouvelle. Parce que tu transmets à quelqu'un (on va dire) ce que tu as vécu à travers ton interprétation. Ce n'est pas seulement une histoire que tu racontes, c'est aussi une relation que tu vis. Qui te permet d'ouvrir peut être les yeux sur ce que tu ne vois pas pour trouver les clés. Trouver les ressources pour de nouveau évoluer dans le bon sens.

Mais c'est un travail que j'ai du réaliser seul. Le fait de travailler sur mon passé pour en modifier les émotions ressenties (qui étaient alors trop négatives). C'est une façon de revivre ce passé mais avec de nouvelles émotions, plus positives. C'est ce que j'appelle aussi, se pardonner. Et pardonner aussi. Conscient de la connotation religieuse, dans ma bouche il n'en est rien. Globalement, mes émotions sont plus positives et constructrices même si à travers ce type de message comme les précédents bien sûr certains ressentiments négatifs viennent à la surface, mais je suis un peu plus fort pour y faire face.

Le hic c'est que voilà ce travail il est vrai je le réalise seul. Périodiquement, ma situation compliquée me fait faire un yoyo émotionnel. Comme une bipolarité où j'ai la phase où ça peut aller alternée par une phase plus difficile. Ce n'est pas ça le plus important car je sais le gérer. Tout le monde connait des moments de déprime. C'est normal. D'autant plus normal dans une situation comme la mienne.

Mais je dois admettre une chose, plus difficile à accepter : certaines démarches me font peur. Et je dirais même que le simple fait de connaître un regard positif, vivre une expérience positive, peut s'accompagner un retour de bâton psychique qui se traduit par des angoisses.

Bien sûr que sur le plan psychique il y a de réelles conséquences. Tu ne peux pas traverser quelques années difficiles et se dire que tout va bien, c'est ça qui ne serait pas normal. C'est normal de ne pas être au top. C'est normal que la machine s'enraye. C'est normal que par moment, tout se bloque en moi. A 42 tu te dis que "le mur des 50", c'est dans 8 ans. J'aimerais bien ne pas y penser : mais je ne suis pas une machine. Je suis humain, je suis un homme...

C'est pour ça que je reprends cette vie en mains. Du reste, je m'y prépare déjà depuis plusieurs années à travers certains projets. Des projets réalistes, évidemment. Ah, on va pouvoir commencer à parler de "mon retour" : Pôle emploi et mon positionnement chez Aksis pour la prestation Activ'Crea...

Préparez le pop-corn...

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 14 juin 2018 14:57

Avant de commencer :

Juste petite précision au passage, de nombreux éléments sont/seront passés sous radar. Car si le but était de faire un grand déballage public j'écrirais sans doute un bouquin parfaitement ridicule. Prenez donc en considération que j'ai du respect pour chaque personne (à une ou deux exceptions près, on connait tous ça...) que j'ai pu rencontrer, même pour celles qui tombaient peut être dans la facilité du jugement. Donc il ne s'agit pas de juger des personnes, juste relater une expérience avec des conclusions qui s'imposent. Dans votre jargon on appelle peut être ça un rapport... les formes n'y seront pas mais vous pourrez compter sur le fond !

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 14 juin 2018 19:06

Il faut d'abord comprendre ma démarche. Et ce n'est pas si simple pour moi de le faire car conscient que ma "définition" et même "pratique" du TRAVAIL pour moi est bien différente du modèle de société actuel dans lequel nous sommes. Un peu comme si je vivais dans un autre temps. Je vous demande juste de cesser de vous regardez en coin du genre "bon ok on a compris il est fou", SVP laissez moi au moins le bénéfice du doute... merci !

Ma démarche de base est artistique et conceptuelle. Cela touche (aussi) au développement en informatique. Mes projets touchent à l'écriture/illustrations/Bande dessinée/Jeu vidéo... pour l'essentiel. En fait comprenez tout ce qui peut toucher à la narration et l'image. Et au gameplay pour ce qui concerne le jeu vidéo. Ca passe aussi par la maîtrise du graphisme : de la 2d, 3d, de l'animation.

Ne pas confondre "dispersion" et "diversité". Mon approche est multidisciplinaire et chaque discipline demande des années de travail. Il y a près de 20 ans il était impossible de me prendre au sérieux. Mais la société évolue, le monde change, les technologies évoluent, les mentalités aussi, le monde du travail se questionne, s'interroge : c'est donc pour moi une "ère nouvelle" et fort intéressante. Je sais qu'on parle de catastrophe annoncée à entendre beaucoup (la crise actuelle et certainement durable), mais je ne le vois pas comme ça. Ce sont de réelles opportunités qui s'annoncent. Et comme je ne suis pas resté inactif, comme je me suis toujours accroché (formations autodidactes, projets divers, beaucoup de boulot en somme), il y a moyen de faire quelque chose...

Donc pour cette démarche artistique mon approche est multidisciplinaire. Je ne suis pas là pour entrer dans les détails de mes projets, mais ça touche au transmédia. Le transmédia définit par exemple une oeuvre dont les différentes parties seront diffusées via des médias différents. Par exemple une partie de l'oeuvre sur bouquin (pas dans mon cas mais c'est un exemple), une autre partie en bande dessinée, une autre partie sous forme de jeu vidéo, une autre partie via court-métrage... tu ne peux accéder à la globalité de l'oeuvre qu'en passant par chacune des parties, donc tu dois réaliser une expérience différente propre à chaque média. Attention, rien à voir avec la notion d'adaptation ! Ce sont des parties différentes réellement pensées pour le média destiné, donc parfaitement adaptées !

Bien évidemment cela demande du temps et de l'argent. Dans ma situation c'est compliqué. J'ai plusieurs pistes de financements possibles et aussi les concours ! J'ai retrouvé confiance pour me lancer dans de sérieux concours, très primés. Des primes très utiles pour développer ses projets, "oeuvrer". Face au CG (conseil général) et dans le cadre d'un contrat d'engagement réciproque : ouille ! Ca ne passe pas... ces messieurs d'un ancien monde se grattent la tête et n'y comprennent rien.

Du coup, ce que je vous ai raconté juste ci-dessus : ce n'est pas du tout ce que je mets en avant au sein du dispositif. Ce que je viens de vous écrire, je le garde pour moi, en vrai. De peur de ne pas être pris au sérieux.

Juste, dans le domaine de l'illustration, par exemple, j'aimerais que vous ayez un aperçu j'allais dire de mon travail mais ce que je vous montre n'est pour moi qu'un "exercice" qui reflète quand même un certain niveau. Juste que c'est un portrait animal, rien à voir avec d'autres projets à dimension plus artistique.

Image

Juste pour que vous compreniez la réalité de mes travaux (c'est pas du mytho, quoi). Il faut savoir, quand je montre mon travail, ce n'est pas pour en attendre un avis ou un compliment (j'ai passé l'âge), c'est juste pour "prouver" la réalité de mon travail ! Quand je veux recevoir un avis je vais voir un professionnel (par exemple), il m'a été confirmé un niveau "éditable". Comprenez bien que je n'agis pas par égo. Je ne dis pas ne pas en avoir, mais il reste bien à sa place. Merci de bien le comprendre.

Donc, dans le cadre du dispositif RSA quand on me demande dans quel domaine je suis, ou quel secteur, je réponds pour simplifier : Graphiste dans la communication (pour entreprises, logos, brochures, plaquettes, mascottes, etc...) et c'est là dessus que j'ai axé donc le projet vis à vis de Pôle emploi quand j'ai décidé de m'y ré-inscrire. Graphiste dans la com c'est une façon de vouloir rentrer dans un moule...

(à suivre)
Modifié en dernier par Po3m le 15 juin 2018 11:25, modifié 1 fois.

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 15 juin 2018 09:00

Donc, dans le cadre du dispositif je laisse de côté tout ce qui touche véritablement à l'artistique. J'ai malgré tout mené des recherches pour voir qu'il existe des outils d'accompagnements dans certaines villes ou régions pour tout ce qui touche aux domaines de création. Dans ma région, dans ma ville, rien n'est mis en place et pourtant on ne peut dire que ce n'est pas une ville culturelle. Il y a quand même de grosses lacunes. Je ne lance pas de pierre, au contraire même puisque si on veut que les choses bougent il faut placer le bénéficiaire au coeur de l'accompagnement, le responsabiliser pour qu'il soit partenaire et acteur de son parcours. En l'état actuel des choses nous ne sommes partenaire de rien du tout, la situation est traitée comme une insulte. Bref, j'évite de m'emporter.

Communication graphique

Je vais faire simple : ça touche à l'image qu'une entreprise/association/institution souhaite véhiculer pour communiquer son projet ou produit afin de toucher une cible précise. Cela demande une maîtrise complète du domaine du Graphisme. Ca recouvre des domaines tels que la typographie, la mise en page, l'intégration web, l'élaboration/création de logos, etc... vous avez deux grandes spécialités : le Print et le Web. Je suis du côté du web mais je fais aussi du print.

Il faut comprendre que ce secteur est un gros morceau. Entre 3 et 5 années d'études dans un parcours plus classique. Après c'est simplement en formation continue (dans la plupart des cas c'est "un travail personnel" que de continuer à se former / se mettre à jour).

C'est ce projet que j'ai choisi de mettre en avant dans le cadre de mon retour chez Pôle emploi. Du côté du RSA cela faisait plusieurs années que je ne signais plus rien. Je me sentais prêt pour un retour, fin 2016, pour "tester" Pôle emploi, voir un peu ce qui s'y passe. J'ai fais un gros travail sur moi même pour mettre tous mes préjugés de côté et essayer d'arborer un regard neuf, même si bien évidemment on ne peut effacer le passé. Mais j'ai mis les choses bien à leur place pour ne me concentrer que sur cet unique objectif : m'ouvrir toutes les possibilités pour m'en sortir.

Dans un coin de ma tête, j'avais idée de faire quelques demandes de formation(s), pour avoir un peu plus de poids dans ma démarche, pour me préparer et valider le projet. Je savais bien évidemment que ma situation en soi représentait un (lourd) handicap, mais j'avais bon espoir.

Car là où il y a de la vie...

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Re: Pôle emploi : Activ'Crea = fumisterie ?

Message non lu par Po3m » 15 juin 2018 10:54

Interlude :

Petite illustration d'une chambre d'enfant.
Un parti pris où ici je veux faire sentir le crayon, le papier, les matières en définitif. Ici, c'est juste une étude. Ca ne représente pas une chambre d'enfant contemporaine : le côté "rétro" est volontaire.
Fichiers joints
chambre-min.jpg
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