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Re: Du confinement à la carotte...

Publié : 08 sept. 2026 22:28
par Po3m
Ah ! La vie de couple ! Ca fait rêver ! https://www.youtube.com/watch?v=UdsRJC52gNA

:lol:

Re: Du confinement à la carotte...

Publié : 10 sept. 2026 01:36
par Po3m
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En dépit de la lâcheté de la personne qui m'a envoyé ce mail via une adresse anonyme.

Ce n'est pas pour jeter de l'huile, car ce mail je l'ai reçu courant 2020, suite à prestation Aksis réalisée courant 2019.
Ouais cette prestation qui d'un côté c'était excellemment passée côté prestation pure et petits tests aux résultats très positifs,
mais de l'autre une simulation d'entretien râtée pour moi (ce qui n'est pas grave, on n'en meurt pas, n'est ce pas ? C'est fait pour "s'ENTRAINER") oui sauf que d'un côté la responsable (qui ne connaissait pas le groupe car ce n'est pas elle qui a animé la prestation) jouait sur Candy Crush en lançant des phrases mesquines sur chaque candidat d'un côté et de l'autre, l'intervenante extérieure n'aimait pas d'emblée mon CV (la petite jeune consultante qui elle avait animé la presta me l'avait fait savoir par avance), et ne s'est pas privée de me lancer que je cite "Je n'aime pas votre domaine", "votre tête ne passe pas" et blabla et blabla DES PHRASES TOXIQUES ! Celle que j'appelle LA VIEILLE BIQUE celle qui a oublié de se regarder dans un miroir... mais je me contrôle pour ne pas me rabaisser à son niveau (pas facile mais à mon âge je dois faire attention dans le bas du dos). Cette "intervenante extérieure" travaille dans une boite intérim rémoise et venait chez Aksis dans une posture autoritariste du genre "je viens pour CASSER ceux qui ne me reviennent pas".

Est-ce cette personne qui m'a envoyé ce mail anonyme ? Rien n'est moins sûr. Je n'accuse absolument pas sans preuve, et à ce titre ce n'est pas elle que je soupçonne, mais je tairai mes soupçons. Et ce mail est à la fois très anecdotique, mais c'est quand même symptômatique d'un VRAI MALAISE dans le secteur de l'insertion. Le pire, voyez : suite à cet "incident" car oui je me suis fait insulter sur place devant une 12ène de personnes, n'est ce pas ? Donc la colère m'a emporté et j'ai fait un scandale. Ce n'est pas conseillé, mais ma réaction n'était pas calculée, je suis tout simplement sorti de mes gonds ! Ce qui a mis fin à cette après-midi de "faux entretiens" près d'une demi heure avant et les personnes, enfin celle qui m'a insulté, est vite vite vite partie...

Derrière cela, je n'ai pas rapporté l'incident à France Travail. Pourtant, c'est moi qui a subi du mépris et me suis fait insulté DEVANT TEMOINS !
Mais que croyez-vous qu'il s'est passé ? Bien évidemment que ces personnes, à commencé par la responsable (celle qui jouait sur Candy Crush toute l'après midi) s'est plainte à mon sujet après de France Travail (enfin, c'était Pôle Emploi à cette période encore). France Travail qui rapporte au service RSA rattaché au conseil départemental. 4 ans plus tard, on me "force la main" pour signer un contrat santé... enfin, après avoir croisé ma première référente courant 2022 qui a tenu une attitude de "femme paniquée" en présence de sa collègue "pour bien montrer que houlala, elle a peur de moi".

Oui, ça fait beaucoup, raconté comme ça. Surtout pour quelqu'un comme moi qui suis un homme respectueux des autres.
Oui, mais voilà, quand en face ça décide de jouer "la carte de l'insécurité".

Tu comprends mieux mon bras d'honneur ?

As tu de l'empathie (oui je sais, dans le milieu du social : empathie est devenu presqu'un gros mot, mot tabou) ? Parce que de mon côté je n'ai cessé d'en avoir. Peut-on s'imaginer seulement ce que je ressens ?

Re: Du confinement à la carotte...

Publié : 15 sept. 2026 16:58
par Po3m
Le monde est une prothèse
L'air de Tampa 2036 est une soupe de particules en suspension, ozone recyclé, caoutchouc pyrolisé, hormones de stress synthétiques relâchées par les tours de refroidissement, et j'ai dans la bouche ce goût de limaille qui est le goût de ma propre chair se résorbant lentement dans le circuit administratif de la survie. Je m'appelle XXX. Le nom est un pseudonyme opérationnel, un vecteur vide qu'on m'a injecté dans le cortex il y a quatre ans, une chaîne de caractères qui ne correspond à aucune naissance enregistrée, à aucun décès prévisible. Le vrai nom, celui que ma mère prononçait dans une cuisine de Sacramento quand il y avait encore de la lumière naturelle à travers les stores, ce nom a été dissous dans une citerne d'acide administratif en 2027.

Tampa s'étale sous moi comme un organisme qui a cessé de lutter. Les immeubles tiennent par inertie structurelle, plus que par fonction. Les voitures roulent selon des algorithmes de rationnement qui n'ont plus rien à voir avec le désir de se déplacer. L'air lui-même est filtré dans les volumes utiles, c'est-à-dire dans les endroits où des humains sont encore jugés nécessaires à la production de quelque chose.

On s'habitue à tout sauf à la faim, disait mon grand-père. Il avait raison sur la faim. Il avait tort sur le reste. On s'habitue aussi à la peur, à l'absence, à la lente érosion de la capacité à imaginer un futur qui vaille encore la peine d'être vécu.

Ce matin, on m'envoie chercher un ordinateur de 1975.

Le bus blindé a mis quarante minutes pour faire huit kilomètres. Un attroupement près du marché central a été dispersé au gaz neurotrope. Je n'ai pas regardé. Regarder, ici, c'est déjà participer.

- XXX. On t'attend.

La voix sort d'un interphone qui a l'âge de la première génération du C204, un artefact fixé au-dessus de la porte de service comme une verrue technologique.

L'ordre comme une greffe
La salle sent le désinfectant phénolique et le vieux papier qui se désagrège en particules fines. Reyes est assis au bout d'une table métallique, deux dossiers ouverts devant lui, une photographie en noir et blanc posée de travers selon un angle qui n'est pas accidentel. Il ne se lève pas quand j'entre. Il ne se lève jamais.

- Assieds-toi.

Je m'assois. Le tabouret grince. Reyes pousse la photo vers moi du bout de l'index. Ce geste mécanique, il le répète à chaque briefing depuis quatre ans.

La photo montre un boîtier beige, volumineux comme une valise de voyageur de commerce. Au dos, dactylographié : IBM 5100, 1975. Ce n'est pas un ordinateur. C'est une trace fossile d'une époque où l'on croyait encore que les machines pouvaient être des outils et non des prothèses ontologiques.

- Tu vas en 1975. Tu récupères ça et tu le ramènes.

Il dit ça avec la neutralité d'un énoncé mathématique.

- Respecte ces règles. Un, pas de contact prolongé avec les locaux. Deux, pas de modification du passé, même minime. Trois, tu ne dis rien à personne de ta provenance.

Je connais les règles par cœur. Elles sont écrites dans un dialecte administratif qui prétend décrire une réalité physique alors qu'elles ne décrivent qu'une angoisse, celle de voir la boucle se refermer sur nous.

À côté de Reyes, Kessler ne me regarde pas. Il tripote un stylo entre ses doigts. Six mois plus tôt, il m'a dit une phrase qui persiste comme un kyste dans ma mémoire.

"Si tu vois quelque chose qui ne devrait pas exister là-bas, ne le rapporte pas."

Reyes claque le dossier.

- Des questions ?

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Ce que Kessler porte
Kessler marche vite, les mains enfoncées dans les poches de sa blouse grise, la tête baissée selon un angle qui suggère moins la honte que l'habitude. Nous traversons deux couloirs sans un mot. Puis il s'arrête devant une porte sans numéro, sort un carnet de sa poche intérieure, petit, noir, aux coins usés par le contact avec une main humaine, et me le tend.

- Tiens.

Le carnet n'a pas de titre. La couverture est en cuir synthétique qui a perdu sa texture d'origine il y a longtemps.

- Si tu vois quelque chose de bizarre là-bas, un panneau, un nom, une date qui ne colle pas, écris-le. Pour toi, pas pour Reyes, pas pour le rapport. Pour toi.

Il me regarde pour la première fois depuis mon arrivée. Ses yeux sont rouges d'une fatigue structurelle.

- Ce voyage est différent des autres. Le C204 l'a dit. Le VGL l'a dit. Ces choses-là ne parlent pas, mais elles me l'ont dit, je les ai entendues.

Il repart sans attendre de réponse. Le carnet est froid dans ma main.

Lin
La cantine sent la soupe en poudre, la protéine de synthèse et la sueur froide des corps qui n'ont pas vu la lumière naturelle depuis plus de six mois. Un opérateur en uniforme bleu mange seul à une table, le regard vissé sur un point du mur qui n'existe probablement pas. C'est Lin, opératrice de classe deux, habilitée pour les sauts courts.

Nous avons fait deux missions ensemble, l'an dernier. Le genre de collègues avec qui on partage tout sauf le silence, même si nous ne nous sommes jamais vraiment parlé. Le silence, ici, est la seule chose qui reste individuelle.

Elle lève les yeux. Elle me fait signe de m'asseoir.

- J'ai entendu. 1975, c'est ça ?

Je hoche la tête.

- C'est sale, ça. Le genre de saut qui laisse des traces dans le système nerveux autonome.

Elle pique une carotte synthétique du bout de sa fourchette, la regarde, la repose, puis continue.

- J'ai fait un saut en 1969, l'an dernier. Trois jours. Un gamin jouait au ballon dans une rue de Chicago. Une femme achetait du pain. Rien de spectaculaire. Et quand je suis revenue, tout avait changé. Mais ce n'est pas le monde qui avait changé, c'est moi. J'ai passé six mois en observation psychiatrique. Ils m'ont dit que c'était le choc temporel. Mais, ils mentent. Le choc, c'est ce qu'on devient après. Vraiment, je te dis merde...

Elle se lève, emporte son plateau, sort sans un mot de plus.

On m'a accordé six heures avant le saut. Je m'allonge sur un lit de camp dans une pièce sans fenêtre, avec un radiateur qui claque selon un rythme irrégulier. Je ne dors pas.

Je pense à mon grand-père.

Il est mort en 2027, d'un cancer du poumon qui avait commencé dans les années 70 et qui a pris cinquante-sept ans à se manifester sous une forme cliniquement identifiable. Il fumait deux paquets par jour depuis ses quinze ans, disait que c'était le seul luxe qu'on lui avait jamais laissé. Il travaillait dans un entrepôt à Sacramento. Il ne parlait jamais de sa jeunesse, sauf une fois.

Des bribes d'un souvenir. J'avais douze ans. Garage. Il réparait une tondeuse. Il m'a dit : "Avant, on avait des machines honnêtes." J'ai demandé quoi ? Il a dit : "Le 5100, le premier ordinateur que j'ai touché, il était gros comme une valise et il pesait plus lourd que toi."

Dans ma poche intérieure, une photographie de lui prise en 1973, la clope au bec. Trente ans. Chemise à col large. Sourire de quelqu'un qui ne sait pas encore ce qui va lui arriver. Il aimait fumer.

Re: Du confinement à la carotte...

Publié : 15 sept. 2026 22:43
par Po3m
Profitons de la vie et ne regrettons rien, assumons nos rêves jusqu'au bout du réel, tout peut nous emporter si vite. Merci Madame Ringer.

Re: Du confinement à la carotte...

Publié : 16 sept. 2026 03:40
par Po3m
Un aperçu d'un projet du moment, le genre de projet qui nécessite près de 2 ans de développement. Une façon viable d'y parvenir est de convaincre un éditeur avec une démo jouable, déjà très poussée. Mais convaincre un éditeur avec ce type de projet nécessite d'avoir abouti sur 2 ou 3 "petits jeux" avant (aboutir même sur des mini jeux vous place directement au rang de moins de 2% de projets qui aboutissent dans le secteur, c'est ce qui s'appelle très concrètement "faire ses preuves"), ce que je compte faire. Dans l'attente, le petit extrait écrit plus haut, un petit récit de SF anticipation, pas pour faire un bouquin mais plutôt un jeu (comme par hasard). Un jeu de type "point'n click" où il faut trouver/utiliser des objets, des indices pour résoudre des énigmes, des mini-jeux, etc... déambuler de lieu en lieu, suivre sa quête principale mais aussi quelques quêtes annexes.

Cela nécessite de créer des outils spécifiques. C'est un peu du jeu façon roman graphique interractif. Une ambiance qui peut rappeler 1984/Blade Runner/un zest de Retour vers le futur, mais surtout un prétexte pour raconter nos sociétés, l'état de notre monde actuel et les craintes que cela soulève. C'est une évidence, le monde que nous avons connu n'est plus. Doucement mais très sûrement, nous serons mis sous la tutelle de "forces" privatives de liberté mais surtout menant vers la régression des valeurs humaines. "L'évolution sociale" est derrière nous. Bref, je me sers de ma colère à ma façon au service de la créativité. Peut-on m'en vouloir de contribuer à ma façon à l'économie de mon pays, et donc d'être du côté de ceux qui "contribuent" à l'activité économique du pays ? En réponse je rappelle qu'on m'a radié du RSA (faignant de ne pas comprendre ce que je fais).

Un aperçu d'un test, tout bête mais je mets en place un "éditeur de niveau" qui permet grosso modo de "fabriquer le jeu", dans une certaine mesure.

Lumière on / off, mais via cet éditeur, on peut placer tous les objets qu'on veut, créer un tiroir qui s'ouvre, se ferme, collecter des objets etc...
C'est un peu dans l'idée dont je dispose de toutes les solutions techniques. Je précise : des solutions gratuites, mais tenir ce type de projet est en réalité un travail de brutasse, tous les jours week end compris, 15/jour environ (sincèrement je ne peux pas davantage, j'ai passé l'âge, le sommeil est nécessaire). L'énergie, je suis vidé. Donc c'est pour ça, plutôt que de conspuer ou d'insulter ou de pousser vers la santé mentale : un sourire et un peu plus d'empathie, du soutien humain serait quand même un peu plus appréciable, à bon entendeur !

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(Je n'ai pas inventé l'eau chaude mais je sais programmer des interrupteurs, alleluia !).