Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

L’école inclusive peut-elle profiter à tous les élèves ?

La communauté des travailleurs sociaux se retrouvent sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
lesocial
Site Admin
Messages : 538
Inscription : 03 déc. 2017 10:44

L’école inclusive peut-elle profiter à tous les élèves ?

Message non lu par lesocial » 17 janv. 2020 10:28

L’école inclusive a pour objectif de permettre à tous les élèves « quels que soient leurs handicaps et leurs difficultés » d’apprendre et d’avoir « une chance égale » de réussir (Unesco). Depuis plusieurs années, on peut constater une forte volonté politique pour la mise en place de cette école à la fois à l’échelle internationale et…

Lire l'article complet ...

Po3m
Messages : 315
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: L’école inclusive peut-elle profiter à tous les élèves ?

Message non lu par Po3m » 17 janv. 2020 19:15

Je connais plusieurs aesh. Ces postes sont liés à l'école dite inclusive. Oui, mais voilà :
L'école n'est pas inclusive vis à vis des aesh qui ne sont pas considérés, reconnus, donc pas respectés.
En conséquences : on se fout de la tête des élèves. On se fout de la tête des parents.
Les aesh ne reçoivent pas de formation sérieuse, leur poste n'est pas correctement rémunéré (mi-temps au smic, sérieux ?)...
Il y a une formation qui est dispensée, mais elle n'apporte pas de valeur au poste. C'est une forme de remplissage qui donne du travail peut être aux consultants/formateurs, mais ça s'arrête là. Les aesh se forment en réalité sur le tas, sur le terrain, en se confrontant aux diverses situations. Ce qui fait, en définitif, que le poste fonctionne un peu comme une forme de sélection naturelle. Beaucoup d'aesh, découragées, voire non payées, finissent par arrêter. Au final, on aurait pu croire que l'Education Nationale/Pôle Emploi aurait été en position de force pour donner à comprendre que l'aesh est facilement remplaçable puisque c'est un poste bouche-trou qui à l'origine n'était créé que pour faire baisser les courbes du chômage, mais en réalité, les écoles ont de grandes difficultés à trouver de "bons" aesh, et on même du mal à les garder.

A ce titre, aujourd'hui, les aesh se trouve en position de force pour revendiquer leurs droits, pour négocier, à l'aide de syndicats. Au final, pour le bien de tous, et surtout à des fins d'accompagnement sérieux des enfants et des parents. Pour moi l'école inclusive doit passer par la reconnaissance des aesh et un traitement administratif sérieux les concernant, ce qui n'est actuellement pas encore le cas.

Pour conclure, l'école inclusive à mon sens profite à tous, oui, mais c'est au cas par cas.
J'ai un exemple très concret. Dans l'école où j'ai pu animer un atelier (de création de bande dessinée) il y avait un élève en primaire dit "ingérable". La situation n'était pas simple car cet élève était (est toujours) un physique "hors norme", une armoire à glace, il arrive à faire peur aux professeurs féminines et les hommes, non pas qu'ils le craignent, mais ils ont peur de "devoir le maîtriser" et dans ce cas, peurs de devoir se trouver dans une situation où ils auront à se justifier (et croyez moi, ce n'est pas simple car "maîtriser physiquement un enfant violent" peut être extérieurement très mal interprété). Cet exemple, c'est un peu le contre-exemple de l'inclusion scolaire, à savoir, pas une réussite. Cet enfant est constamment attaqué par "les petits cons" qui ne cessent de le provoquer car ses colères/crises, arrange la classe, en quelque sorte. Exemple, si cet enfant décide sur un coup de tête de "sortir" de la classe, on le laisse faire, on ne s'oppose pas. S'il ne va pas bien, on le laisse tourner dans un patio. Bon, bref. On touche là aux limites d'un système qui n'arrive pas à s'adapter à l'enfant. Suite à une fugue et une crise sévère, j'ai appris que cet enfant a été momentanément "suspendu" de scolarité (pas sous forme de sanction, plutôt parce que les adultes à l'école en avaient réellement "peur", peur également pour la sécurité des autres élèves). Il a été réintégré mais pour une journée par semaine. Et durant cette journée, il dormait. Parce que le reste du temps, les parents ne lui imposaient aucune limite et il ne faisait que jouer aux jeux vidéo. Lorsque l'on creuse le problème, on se rend compte que les parents ont aussi des problèmes psychiatriques importants et que cet enfant en résulte.

Donc, dans ce cas, cet enfant physiquement imposant était psychiquement très fragile et les autres élèves, les plus hardis, en profitaient, mais pas dans le bon sens.

Je prends un contre exemple volontairement mais je suis bien sûr POUR l'école inclusive et je pense que c'est profitable à tous, mais qu'il ne s'agit là pas d'une solution miracle et que la réalité est plus complexe. Aussi, si les parents refusent de s'inscrire dans un processus sérieux d'accompagnement et de suivi de l'enfant, c'est un autre problème. C'est un ensemble de problématiques qui s'imbrique les uns dans les autres. Les professeurs ont un lien qui leur est donné pour qu'ils puissent accéder en quelque sorte à une petite formation en ligne pour leur dire comment se comporter ou réagir etc... comment bien intégrer un aesh en classe etc... les profs dans la majorité des cas ne s'y sont jamais connectés.

Répondre