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Message non lu par de rien » 01 févr. 2013 15:33

I) Introduction

Je travaille dans un foyer d'accueil médicalisé qui accueille des personnes adultes handicapées souffrant de troubles envahissant du développement. Ce foyer reçoit 48 résidents répartis sur deux sites différents et cinq unités de vie. Les missions principales de l'établissement sont notamment de promouvoir la mobilité, l'ouverture vers l'extérieur, de prendre en compte les besoins des résidents sur le plan de la santé, du confort et sur le plan social en promouvant l'accès à la citoyenneté.
Le groupe de vie que j'ai rejoins il y a maintenant 18 mois , accueille 11 adultes des deux sexes, ayant 30 ans de moyenne d'âge. Pour ces personnes, et je fais ici le lien avec les apports théoriques auxquels j'ai pu accéder durant ma formation, la notion de quotidien signifie « vivre ensemble », « côtoyer l'autre » et donc le quotidien peut être perçu comme quelque chose de trop difficile à éprouver.
En faisant référence à la fiche de fonction de l’amp au sein de mon établissement, je dirais que la fonction de l’amp est de participer à l’accompagnement des résidents dans tous les actes de la vie quotidienne, d’apporter une attention particulière aux personnes accueillies ainsi qu’à leur environnement mais également d’établir une relation avec ceux-ci en les prenant en compte en tant que sujet individuel et dans le groupe.
L’opportunité qui m'a été faite de participer pleinement aux réunions d’équipe, aux analyses clinique, aux groupes d'analyse de la pratique m'a permis d'intégrer un dispositif qui a pour but de prendre en charge les personnes accueillies dans tous les actes de la vie quotidienne. Ce dispositif s'appuie également par le fait que l'équipe soit pluri-disciplinaire et est composée aussi bien d'amp, que de moniteurs éducateurs, d'éducateurs spécialisés ... Il m'est également arrivé de part ma fonction de remplaçant, d'effectuer des veilles de nuit, et cela m'a permis d'accompagner les résidents dans un autre temps clé du quotidien, le coucher.
Dans un premier temps, je vais vous donner ma définition du quotidien, puis j'aborderai la question de l'accompagnement des personnes accueillies à la toilette (par le biais de deux exemples concrets) et pour finir, je terminerai par une conclusion.

II) Définition du quotidien

Quelle définition donner du quotidien? Le dictionnaire nous donne cette réponse « le quotidien est ce qui revient chaque jour ». Définition succincte et qui reviendrait à dire que le quotidien se résume à des actes répétés et ennuyeux ? Il y a certes une notion de répétition inéluctable, dans le sens où tous les jours il faut se lever, s’habiller, se nourrir … Personne n’a le choix car c’est imposé par notre société, notre culture et par notre éducation. On ne peut pas rester au lit toute la journée en pyjama, au même titre que l’on ne peut pas rester sans se laver plus de deux jours ou bien pire, venir partager le repas sans être lavé/habillé (tout du moins quand on vit en collectivité).
Mais le quotidien selon moi, c’est avant tout une succession d’actes, certes répétés, qui constituent une sorte de « trame », qui rythment la journée, qui servent de repères pour les personnes fragilisés par un trouble (grave ou non ; envahissant ou pas). Chaque être humain a besoin de ces repères car ils ont une fonction rassurante et moi qui travaille depuis presque deux ans maintenant avec des personnes qui ont des troubles graves, tels l’autisme ou la psychose, je me rends bien compte du caractère « rassurant » que peuvent avoir ces répétitions d’actes du quotidien.
Je fais ici le lien avec les apports théoriques que j'ai eu durant ma formation mais également avec les observations que j'ai pu faire durant deux ans et l'analyse que j'ai pu en faire . La notion de « temps » est compliquée voir impossible pour les personnes que j'accompagne, et les temps clés du quotidien constituent donc des repères journaliers indispensables .
Que ce soit le lever, la toilette, les repas, les couchers, j'ai su repérer les différents moments clés du quotidien au sein de ma structure et j'ai décidé d'aborder le moment de l'accompagnement à la toilette.

III) Temps clé choisi : la toilette

Si j'ai choisi ce temps clé c'est que selon moi, il s'agit d'un moment particulier. En effet, il s'agit souvent du premier contact qu'ont les personnes vivant en institution, avec les professionnels et de par le fait, de la première confrontation aux « autres » et ce après une nuit où ils se trouvaient dans une relative sécurité, ou du moins seuls. La toilette est donc une première prise de contact avec le monde qui les entoure et je suis d'avis de dire que le rôle du professionnel, mon rôle, est de faire en sorte que ce moment clé se déroule le mieux possible. Je pense très sincérement, qu'un bon accompagnement pour ce moment clé peut conditionner une bonne journée et inversement.
Il semble évident que le but premier de la toilette est lié à l'hygiène corporelle. Je suis amené à accompagner des personnes qui peuvent être énurésiques ou bien encoprésiques et le passage à la toilette le matin est bien évidemment obligatoire. Ces personnes vivant en collectivités, l'hygiène est primordiale.

Mais cet accompagnement peut revêtir bien d'autres aspects liés d'une part à la sensation de bien être que tout un chacun peut éprouver une fois lavé, habillé, parfumé et d'autre part d'un point de vue relationnel avec comme je l'expliquais en introduction, le fait qu'il s'agisse pour les personnes vivant en institution du premier contact avec le monde extérieur, et ce premier contact doit se faire également dans le respect du corps et de l'intimité de la personne aidée, dans une proximité qui peut mettre mal à l'aise le professionnel et/ou le résidant. J'aborde là la question de la distance professionnelle, de l'éthique.
Toutes ces raisons font que ce moment de la vie des personnes aidées est complexe de par la multitude des aspects que peut prendre cet accompagnement. Je vais m'efforcer dans ce compte rendu d'interventions, de vous montrer à l'aide de deux accompagnements à la toilette, comment j'aborde cette complexité.

IV) Compte rendu d'intervention : Yann

Yann est un jeune homme de 30 ans et atteint de psychose déficitaire. Ce que j'ai appris sur la psychose durant ma formation, c'est que c'est un trouble mental majeur et qu'il altère de manière profonde la perception de la réalité qu'ont les personnes atteintes par ce trouble. Il est également sujet à de l'énurésie et de l'encoprésie.
Yann se réveille généralement tout seul et rejoint la salle à manger pour déjeuner mais si je vois qu’il est souillé, je me dirige vers lui, lui dit bonjour et je lui explique qu’avant de pouvoir déjeuner, il faut qu’auparavant il soit propre, ce qu’il semble accepter facilement, car il ne manifeste aucun refus. De plus, faisant cela, j'applique les règles d'usage de la vie en collectivités car il serait génant pour certains autres résidents d'avoir à supporter les mauvaises odeurs.
Je raccompagne donc Yann dans sa chambre et une fois seuls, la porte de sa chambre fermée (pour des raisons d’intimité) je lui demande dans un premier temps s’il a bien dormi, cela me permet de rentrer en relation avec lui et la parole permet également de l'apaiser, car il est dans une logorrhée dès le lever. Ensuite, connaissant Yann depuis maintenant 1 ans1/2, je sais qu’il a une certaine autonomie pour se déshabiller et donc je lui demande d’enlever ses vêtements souillés et de les mettre dans le sac de linge sale. Ceci fait, je lui demande de rentrer dans la salle de bains. Je prends la précaution de régler la température de l’eau car Yann semble « insensible » lorsqu’il règle lui-même la température (trop chaud/trop froid) mais par contre, c’est lui qui tient le pommeau de douche car il est en capacité de la faire.
Il me semble en effet très important de laisser Yann effectuer seul ces gestes, afin de maintenir l’autonomie qu’il a acquise. Idem pour le gant de toilette, il le le fait seul, moi je vérifie juste s’il n’a pas oublié d’endroits (comme les parties intimes) et je le guide « à la voix ».
Le fait de parler à Yann pendant la douche crée un lien et comme dit auparavant cela semble calmer ses logorrhées. De plus, je trouve très important de « verbaliser », de mettre des mots sur les gestes que je suis amené à effectuer.
Ensuite, une fois séché, j’ouvre le placard où sont entreposés les vêtements de Yann et lui fait choisir ses habits. Je précise que son placard reste tout le temps fermé à clé pour éviter que d’autres résidents viennent lui voler des affaires. Yann étant en capacité de s'habiller tout seul ,je n'inteviens pas non plus à ce moment là, je vérifie juste qu'il ne se trompe pas . Une fois lavé et habillé, je passe un peu de temps avec lui et je lui propose de le raser s’il en a envie, je lui passe un petit coup de peigne et je lui met du parfum. Je ne sais pas réellement si Yann se soucie de son apparence (être bien coiffé, sentir bon) mais en tout cas, il semble apprécier ces petits moments où je m’occupe de lui.
Ceci fait, il peut rejoindre le groupe de vie car il est à ce moment là propre et habillé, ce qui est préférable pour les personnes qu'il cotoie. De plus, les règles de la vie en collectivités sont ainsi respectées et il me semble également important que Yann les appliquent.
J’ai la chance de pouvoir travailler dans un établissement où le temps de la douche n’est pas « réglementé » et où l’on peut prendre son temps. De fait, comme je ne suis pas pressé par le temps, j’ai tout loisir d’observer comment va Yann, de décrypter certains comportements (crie-t-il plus que d’habitude ?), de remarquer quelques bobos (Yann a tendance à s’automutiler) et c’est tout autant d’informations que je pourrais transmettre par la suite à mes collègues.
L'accompagnement à la toilette de Yann est donc plus basé sur un maintien de l'autonomie car il a acquis au fil des années une capacité à faire tout seul, ma présence étant souhaitable afin que les choses soient faites « comme il faut ». J'ai également pu remarquer que ma présence semblait apaiser Yann dans ce moment du quotidien et j'en ait déduit l'importance de la parole dans cet accompagnement.

V) Compte rendu d'intervention : Natacha

Natacha est une jeune femme de 30 ans et est atteinte de troubles du spectre autistique.Ce que j'ai pu apprendre de ces troubles durant la formation, c'est qu'il altère la communication avec le monde extérieur et que les personnes atteintes par ce trouble ont beaucoup de difficultés pour se repérer dans le temps, distinguant parfois difficilement le jour et la nuit.
Elle est très discrète et passe beaucoup de temps dans sa chambre à écouter de la musique. L'accompagnement à la toilette de Natacha est particulier à mes yeux car elle me pose la question de l'intime, de la sexualité également. J'avoue sans mal que les premiers temps où je devais accompagner Natacha à la toilette et que une de mes collègues féminines travaillait avec moi ce jour là, je préférais que ce soit ma collègue qui l'accompagne. J'estimais qu'il était préférable, et peut être que Natacha le souhaitait, qu'une femme lave une autre femme.
Jusqu'au jour où aucune autre collègue féminine ne soit présente. Mes collègues et moi avons donc demandé à Natacha qui elle préférait pour aller se laver et elle s'est dirigé vers moi et m'a saisi la main. Je n'irais pas jusqu'à dire que je ressentais de l'appréhension mais une certaine gêne, atténuée par le fait que Natacha se sentait assez en confiance pour me désigner comme accompagnateur.
J'ai donc suivi Natacha dans sa chambre et j'ai fermé la porte de sa chambre (pour respecter son intimité) puis j'ai ouvert la porte de la salle de bains et j'ai aidé la demoiselle à se déshabiller. Natacha a besoin d'aide dans tous les actes de la vie quotidienne, y compris l'habillage/ le déshabillage. J'ai ressenti le besoin de beaucoup verbaliser tout ce que je faisais, d'être très prévenant pour ne pas la brusquer. J'ai reglé la température de l'eau et lui ai demandé si cela lui convenait, puis je lui ai tendu un gant pour qu'elle se lave, tout en la guidant à la voix, cela m'a permis de connaître le niveau d'autonomie de Natacha.
J'ai donc pu constater que le lavage n'était pas bien effectué alors je lui ait expliqué que je devais moi même prendre le gant et lui passer sur le corps . Elle m'a fait comprendre, de par son attitude non-verbale, qu'elle acceptait cela. Elle aurait par exemple pu se mettre à crier ou bien encore « braquer » son corps vers l'arrière, tout autant de signes qui m'auraient fait comprendre qu'elle refusait ces gestes.
Je l'ai donc lavée entièrement, en prenant soin, encore une fois de verbaliser les parties du corps où mon gant allait passer. Il n'y a que pour les parties intimes que j'ai pris sa main et que je l'ai guidée avec la mienne.
Puis, elle est sorti de la douche et j'ai ainsi pu l'aider pour se sécher, s'habiller, la coiffer, la parfumer … Bref, prendre du temps pour m'occuper d'elle, être dans une réelle relation de confiance et pour Natacha l'occasion de se faire belle.
L'acompagnement de Natcha dans ce moment clé m'a fait me poser la question de la distance professionnelle car elle touche la question de l'intime et de la sexualité . Le fait que je soit une personne du sexe opposé pour Natacha n'est pas sans conséquences et je me dois de faire cet accompagnement dans une éthique irréprochable : faire attention notamment de ne pas passer moi même ma main sur ses parties intimes mais bien utiliser sa main;verbaliser au maximum afin de ne pas la brusquer.



VI) Conclusion et retours
La toilette est donc, comme je vous l'ai expliqué, un moment clé qui me semble donc important pour toutes les raisons évoquées : hygiène, estime de soi pour la personne aidée, premier contact avec le monde extérieur, maintien des acquis... Tout autant d'aspects qui font de ce moment clé un moment particulier et privilégié.
Dès le début de mon entrée dans ce foyer d'accueil, je me suis évertué à respecter les personnes qui y vivaient en individualisant ce moment clé car on n'accompagne pas Yann ou Natacha, où bien n'importe qui d'autre, de la même façon .
Cela peut sembler être une évidence mais je me dois de faire cet « effort » de ne pas tomber dans la facilité, la routine, le « train-train » quotidien pour la bonne et simple raison que chaque personne est différente et que le rôle de l'amp en général, mon rôle , auprès de ces personnes fragilisées est de prendre soin d'elles et cela passe par une relation de confiance, qui n'est possible qu'en les respectant.
L'une des force du métier d'amp, et je m'en suis bien rendu compte au fil des accompagnements, c'est la proximité que l'on peut avoir et que l'on partage au quotidien. Cela fait de nous des « techniciens » des « petits-riens », dans le sens où grâce à nos observations fines des personnes accueillies, nous pouvons transmettre beaucoup de renseignements pour mieux les partager.

miche

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par miche » 04 févr. 2013 20:08

merci
c'est super sympa ça permet de comparet avec celui que j'ai fait
merci encore

avictor

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par avictor » 05 févr. 2013 03:56

Je trouve formidable ta générosité en un clic et nous pouvons lire ton dc complet. En effet peu de personne le fait la plupart du temps pour lire leur écrit c'est par le biais d'une adresse email de la personne et je trouve cela dommage. Chacun devrait faire apparaître son écrit des dc pour aider et guider les présents et futurs AMP en formation Vive toi, vive le social. Vraiment un grand merci.

gatard

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par gatard » 05 févr. 2013 20:23

de rien,
en vous remerciant de nous avoir mis votre cri , sa permet de me donner des idée,merci

jmc

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par jmc » 13 sept. 2013 12:54

Merci pour le partage, :-)!

Rikele

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par Rikele » 15 déc. 2013 19:39

as-tu eu ton diplome alors ?

Val

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par Val » 28 oct. 2014 18:41

Merci beaucoup de nous faire lire l'intégralité de votre écrit ,je suis en formation d.amp depuis 6mois ,j'ai réaliser mon dc5et dc3 ,je ne savais pas trop comment aborder celui ci
😉

Gauthine

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par Gauthine » 20 déc. 2014 10:23

Merci, grâce à vous je vais ramer un peu moins pendant mes vacances. Nous avons beau recevoir des explications sur le montage du dossier, l'exemple est le meilleur professeur. Amicalement

boniface

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par boniface » 08 sept. 2015 11:18

bonjou qulqu'un aurait til un dc2 fait sur le repas a m'envoyer par mail silvouplait?? boniface.charlotte59@laposte.net

Merci davance

lola

Re: mon dc2 version complète

Message non lu par lola » 20 sept. 2015 01:31

je peux te l'envoyer j'ai fini mes écris dc2 dc3 dc5 tous rendu!!!

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