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Ras le bol du social

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Marie1012
Messages : 1
Inscription : 07 janv. 2022 19:38

Ras le bol du social

Message non lu par Marie1012 » 07 janv. 2022 19:56

Salut à tous,

Je suis assistante sociale depuis 7 ans et je me rends compte au fur et à mesure que ce n'est pas fait pour moi.
J'ai exercé dans le domaine de la Protection de l'Enfance et je n'en pouvait plus de toutes ces incohérences d'un juge à un autre, de tous ces gamins qu'on place et déplace, en bref de subir le système... Du coup j'ai changé pour un poste plus polyvalent, avec une autre approche puisque je ne suis pas dans l'accompagnement et je suis surtout là pour écouter et orienter.
Vous allez surement vous demandez pourquoi je suis AS, mais en clair les gens me soulent. J'en ai ras le bol de voir des gens qui ont des problèmes tous les jours, de ne pas avoir de solution magique à leur proposer, de les laisser repartir avec la même frustration qu'à leur entrée dans mon bureau.

Je pense que c'est mieux pour moi et les usagers que je change de métier. Mais que faire ??? J'aimerais lâcher le social, et je ne veux pas d'un métier qui soit basé sur l'écoute. Je rêve d'un métier derrière un ordinateur à faire ce qu'on me demande sans réfléchir, sans me poser des questions. Le pire c'est que quand je postule dans certaines structures pour des postes où on ne voit pas le public je ne suis pas prise car selon les chefs de service j'ai un bon CV et vivant dans un petit département, les partenaires disent du bien de mon travail.

Des personnes dans mon cas? Qu'avez vous fait comme métier/formation après avoir été AS ?

Nana26200
Messages : 12
Inscription : 25 févr. 2021 21:10

Re: Ras le bol du social

Message non lu par Nana26200 » 08 janv. 2022 14:17

Bonjour,

Je ne suis pas encore as mais toujours en formation.

J'ai pu effectuer différents stage, et plusieurs travailleurs sociaux m'ont également decrits ce que vous traversez.

Une éducatrice spécialisée à quitter le secteur de la protection de l'enfance et s'est orienté vers un service qui gère le maintien à domicile. Ses missions consistent à faire des vad chez les personnes âgées et elle met en place le dispositif apa. Elle m'a dit qu'elle vivait se changement comme un renouveau dans sa profession de travailleur social car elle n'effectue qu'une à deux visites par jour et le reste du temps est dans le service (qui ne reçoit pas le public).
Après tout dépend de l'organisation des départements mais en Ardèche par exemple, le CD procède ainsi.

J'espère vous avoir un peu aidé et je vous souhaite bon courage pour la suite.

granola
Messages : 1
Inscription : 13 janv. 2022 08:28

Re: Ras le bol du social

Message non lu par granola » 13 janv. 2022 09:02

Bonjour Marie,

je te comprends et je pense que beaucoup d'AS en poste en ont ras le bol, c'est devenu vraiment invivable pour certains.

dans mon cas, j'ai tout quitté il y a 2 mois, je travaillais depuis 15 ans. je suis heureuse de dire aujourd'hui que je ne suis PLUS assistante de service social.

c'est parti d'une grande fatigue, d'un burn out. j'avais beaucoup de travail et de pression, mon institution était dysfonctionnelle et l'est toujours. mes collègues pas du tout aidantes, mauvaises, protégées qui pouvaient faire ce qu'elles voulaient personne ne disait rien, la direction n'était même pas au courant, elles étaient manipulatrices et connaissaient les bonnes personnes. je reste polie sur ce forum mais des gens comme ça n'ont pas leur place en tant qu'assistante de service social.

En plus de ça j'en ai eu marre des problèmes des gens, les écouter, les entendre toute la journée, je pense que le confinement n'a fait qu'amplifier le mal être des travailleurs sociaux.
Leurs problèmes n'ont fait qu'empirer, leurs démarches à l'arrêt, quand les choses sont redevenues à la "normale" ça a été un trop plein de travail.

Ce n'est pas tant le manque de solution car comme toi on en avait pas beaucoup et les moyens étaient limités. je faisais comme on pouvait mais l'épuisement émotionnel dû au burn out m'a convaincu que le social ce n'était plus pour moi.

éthiquement et déontologiquement, je ne supporte plus les gens eux mêmes, leurs demandes, leurs plaintes continuelles, leur insatisfaction même quand ils sont aidés, ils en veulent toujours plus, leur souffrance, leur agressivité, l'incohérence du système, les collègues qui délèguent, qui ont des méthode douteuses, qui mentent sur les situations des gens pour se débarrasser d'eux et pour que l'établissement soit payé, des vrais lèches culs pour bien se faire voir et encore mieux manipuler, peu importe les méthodes, ça n'a plus de sens, ce n'est plus du travail social.

même les stagiaires que j'avais (je ne fais pas de généralité j'en ai eu que 2) je les trouvais à côté de leurs pompes. leurs exigences, le "je sais tout" avant d'apprendre, sans remise en question. manque de souplesse, sentiment de toute puissance avant d'être des professionnels, pensent déjà aux congés, à leur emploi du temps pour planifier leur vie perso sur 10 ans, ce qui est une bonne chose mais le travail demande qu'on s'y adapte au début quand même, des stagiaires de leur époque mais je n'e m'y reconnais plus. Je leur laisse bien volontiers ce travail et ma place. A un moment il faut savoir partir quand on sent que ce n'est plus notre place, j'ai pas encore 40 ans mais usée par ce métier.

comme toi je rêve d'un métier où on me demande rien ou le minimum, un poste sans réfléchir, sans me poser des questions, sans positionnement professionnel, sans responsabilité, sans avoir des gens qui me parlent de leurs problèmes et souffrances, de cette façon j'aurais plus de place pour mes besoins, je pourrais profiter de ma vie à côté et de mes proches. je n'ai plus l'ambition du début. ça changera sûrement mais j'ai envie d'un métier tranquille, je perdrai en salaire mais ma qualité de vie et mon bien être sont plus importants

alors fais ce que tu sens être le mieux pour toi ! et je n'ai pas de tuyaux pour un autre métier, nos envies ne sont pas les mêmes, il faut que tu fasses le point sur ce que tu aimerais faire.

Bon courage, le ras le bol je l'ai eu et je suis plus heureuse aujourd'hui même si je suis entre deux. j'ai retrouvé du sens.

Ass78
Messages : 12
Inscription : 11 oct. 2021 22:45

Re: Ras le bol du social

Message non lu par Ass78 » 17 janv. 2022 09:48

Bonjour,

Changer de lieu de travail mais tout en restant assistante sociale, c'est peut-être une piste.
L'éducation nationale par exemple oú l'organisation est rythmée par des congés scolaires qui te permettraient de souffler.
Ou alors aller travailler dans une administration.
Sinon, reprendre le fil des études: Master ou autre, devenir formatrice etc..

Bon courage !

Helene14
Messages : 1
Inscription : 16 févr. 2022 08:34

Re: Ras le bol du social

Message non lu par Helene14 » 16 févr. 2022 08:41

Bonjour,

Je suis éducatrice spécialisée depuis 13 ans, comme toi je suis arrivée au bout. J'ai changé de structure tout en restant dans la protection de l'enfance mais les dysfonctionnement que nous subissons et les problèmes des gens m'usent et je sature. K'ai pensé à changer de secteur tout en restant educ mais je pense que ce boulot n'est plus fait pour moi. Et tout comme vous je cherche un boulot ou je suis dans un bureau, pas à courrir après les gens qui ne veulent pas de mon aide. Un boulot où je n'ai pas à me triturer le cerveau et ou ça me crée des insomnies. Je veux un boulot ou les taches sont claires, où je sais réellement ce qu on attend de moi c'est pour cela que je vais faire un bilan fe compétences car clairement je ne sais absolument pas vers quoi m'orienter. De plus je suis titulaire de la fonction publique donc des avantages et des échelons de passés en 13 ans un peu peur de retomber à zéro, ce que je ne peux me permettre avec deux enfants.

Granola, tu bosses dans quoi maintenant?

A_lice
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Inscription : 23 févr. 2022 11:29

Re: Ras le bol du social

Message non lu par A_lice » 23 févr. 2022 11:36

Bonjour,

Comme je comprends tous ces témoignages...
Bientôt 10ans de diplôme, des expériences plutôt dans le médico-social, Assurance maladie.

Et prête pour changer !
Je me suis toujours dit que je ne ferai pas ce métier toute ma vie, trop de "charge émotionnelle" c'est épuisant d'être à l'écoute toute la journée, de ne pas être reconnue par sa hiérarchie, d'être trop peu pour faire tout le boulot.

Je n'étais pas dans une démarche de recherche d'emploi et puis.... et puis j'ai été démarchée il y a quelques semaines pour travailler dans une start-up d'aide à la personne, avoir un boulot de prescripteur, de relations partenariales avec les services sociaux, hospitaliers notamment.

Je commence dans quelques semaines et j'ai hâte!
Je me suis posée beaucoup de question avant de dire oui parce que ce n'est pas évident de tout lâcher et d'aller vers l'inconnu, il y a des objectifs à atteindre je sais donc qu'il y aura une forme de "pression" mais je ne serai plus tenue d'écouter toute la journée...

Et il faut bien l'avouer également, on est quand même très mal payées pour l'énergie, l'investissement qu'on nous demande.

Je n'ai encore pas commencé mais je ne regrette pas mon choix même si peut-être j'en reviendrai, je me dis que rien n'arrive par hasard, j'ai été démarchée à ce moment-là c'est que ça devait se faire !

Je vous souhaite plein de courage et de bonnes choses, de trouver ce qu'il vous convient, je me retrouve à 100% dans ce que vous dites!

Asper
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Inscription : 22 juin 2022 22:39

Re: Ras le bol du social

Message non lu par Asper » 22 juin 2022 23:34

Bonjour,

Cela fait près de 9 ans que je travaille comme éducateur spécialisé en protection de l'enfance. L'année dernière, j'étais encore le collègue sur lequel tout le monde s'appuyait (au courant de tout, à l'écoute, patient, optimiste en toute circonstance, j'étais souvent celui qui tranchait dans les réunions quand tout le monde se regardait dans le blanc des yeux etc.).

En fin d'année, le Juge a décidé que l'un des jeunes que nous venions d'accueillir un mois plus tôt retourne au domicile sans ordonner aucune mesure éducative.
Premier problème : le Juge a décidé de cela lors d'une audience qui ne concernait que le grand frère de ce jeune (que nous n'accueillions pas) et l'a donc fait sans recevoir de rapport de notre service.
Deuxième problème : de nombreux éléments indiquaient que ce jeune était en danger au domicile.
L'explication : l'ASE - qui suivait le grand frère - a, elle, pu envoyer son rapport et a jugé la situation trop compliquée. Elle a donc préconisé un retour au domicile pour s'enlever une épine du pied.

J'ai fait part de mes inquiétudes ainsi que de mon incompréhension (c'est un euphémisme) à ma direction. Réponse : "qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse, c'est comme ça ! De toute façon, c'est l'ASE, c'est notre financeur."

Epilogue : j'ai fait un rapport au magistrat sans demander l'autorisation à ma direction qui avait fait le choix de couvrir la posture de l'ASE en ne faisant rien ; rapport qui a été rangé dans le dossier du jeune par le Juge mais qui n'a provoqué aucune intervention de sa part si ce n'est un coup de téléphone à l'ASE et à ma structure. Depuis, le référent de l'ASE a démissionné mais je n'ai plus aucune confiance dans le système, ni dans mon directeur, ni dans ma chef de service, ni dans la déléguée de l'ASE (qui a essayé de récidiver avec une autre situation quelques mois plus tard). Le pire est peut-être que je n'arrive plus à envisager de créer des choses avec les jeunes que j'accompagne car, depuis cette date, je vis quotidiennement dans la peur que tout le travail entrepris soit détruit du jour au lendemain par une intervention (funeste) de l'ASE comme cela a été le cas.

Cela fait maintenant 8 mois et toujours les mêmes questions sans réponses :
- Ne peut-on inquiéter ces gens qui, de toute évidence, manquent à leur devoir ?
- Les mesures de placement ne devraient-elles s'appliquer qu'aux enfants en danger ET dociles ?
- L'intérêt de l'enfant doit-il être relégué au second plan derrière les questions financières ?
- La lâcheté est-elle un critère de recrutement dans les postes à responsabilités ?

Aujourd'hui, je suis très loin de l'éducateur que j'étais à l'époque et il est beaucoup plus rare que les collègues me demandent mon avis qu'avant. Depuis, j'éprouve pour ce secteur un immense dégoût, ce qui contraste grandement avec mon enthousiasme d'antan. Je ressens cependant énormément de colère envers ces personnes que je considère aujourd'hui comme des planqués, des traitres et des adultes lâches qui se défilent face à des enfants qu'ils sont censés protéger.

J'ai fait un bilan de compétences et amorce un virage dans ma carrière professionnelle. Je mentirais si je disais que ce passage n'avait pas été douloureux. Avant cet incident, je me formais pour évoluer dans ce secteur. Je voulais m'appuyer sur mon expérience pour prendre plus de responsabilités et gravir quelques échelons. J'ai découvert que le système protection de l'enfance était gangréné par des personnes qui préféraient la facilité mais également par leurs complices qui, par leur silence, les protégeaient. Je me suis rendu compte que la protection de l'enfance allait mal et, aujourd'hui, je considère que ces gens ont détruit ma carrière.

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