RSA : propositions (à venir)

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Po3m
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RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 30 oct. 2018 13:51

RSA : quelques propositions
Je vous formule des propositions parce que je vis la situation de l'intérieur et ce depuis (trop) d'années. Je n'ai pas connu de haut mais surtout des bas. Peu importe de savoir "qui" peut mettre en place ce type d'initiative (P.E, C.G... aux "partenaires" de voir mais pour une fois sans chercher à se dédouaner en tentant de "refiler le bébé que personne ne veut") parce que la réalité, c'est celle-ci : tu es baladé. Et ironiquement l'ensemble du dispositif s'imagine que c'est toi qui les balade (c'est vraiment paradoxal) alors que tu essaies de manger à peu près correctement 1 jour sur 3. Quand tu mènes des projets qui demandent un apport énergétique conséquent, cela pose évidemment problème.

La pyramide de Maslow ça vous dit quelque chose ? Nous sommes dans une société où répondre à nos besoins vitaux ce n'est pas suffisant pour correctement se développer. La logique de cette politique de traiter la précarité par l'urgence en maintenant les gens dans un "devoir de survie" n'est justement pas viable. Et ce n'est pas parce que d'autres pays font pire qu'il faut céder à la médiocrité ! Je suis partisan que la France doit garder en son coeur cette idée de "révolution" en tout cas défendre (y compris sur le plan mondial) ses valeurs humanistes (défendre simplement les droits des hommes et des femmes, sans confondre "devoirs" et "otages d'une logique de marché" sans pour autant devenir l'instrument d'un modèle de société qui ne représente en rien la vérité).

En effet, si le travail est nécessaire, il ne doit pas être déterminé mais émergeant. C'est le travail émergeant qu'il faut défendre, et non celui qu'on impose. Je ne peux parler "au nom de tous (les précaires)" parce que je suis conscient que tout le monde ne dispose pas des mêmes ressources ni capacités. Cela ne fait pas de ces gens des coupables pour autant. Ce sont à proprement parlé des "laissés pour compte" dans son sens littéral c'est à dire : on s'occupe des intérêts comptable d'abord, avant l'humain. C'est ça, être un laissé pour comptes. Le pire, c'est quand on te comptabilise pour te réduire et te confondre à "une perte". Parce que "tu coûtes" de l'argent. Si tu n'es perçu qu'ainsi, forcément... dans tous les cas, ça n'aide pas.

Je sais que les initiatives sont régionales puisque le RSA est une prise en charge décentralisée et donc dépend aussi des idées, projets, motivations des acteurs qui articulent ces dispositifs, j'allais dire bénéficiaire inclu (logiquement) sauf que si on me pose la question, je ne me sens absolument pas ni "partenaire" ni "concerné" par un tel dispositif et encore moins sujet des décisions dont pourtant je dépends.

(A suivre, je dois malheureusement couper, j'ai à faire : les propositions sont à venir)...

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 30 oct. 2018 15:39

Quelques pièges à éviter :

Chercher à excuser sa situation en rejetant la faute sur "la société". Et se dire que cette situation "n'est pas une faute" (sinon une conséquence qui ne tient pas qu'à soi). Penser le contraire c'est se faire du mal et c'est usant pour le moral. C'est par le temps qui passe tomber de plus en plus bas. Dans la confiance et l'estime de soi. Donc oui, tu es responsable mais non, tu n'es pas coupable.

Il est naturel de s'identifier à des gens qui vivent une situation semblable. Un moyen naturel pour trouver à se rassurer. C'est une réaction humaine, mais ça porte aussi un revers. Celui d'entretenir "en groupe" un regard biaisé du monde et se "complaire" (pas forcément consciemment) dans des idées qui en réalité ne font que vous tirer vers le bas. Je tombe par moment sur des forums (sur le net) où les gens (dans la précarité, au rsa ou autre) échangent entre eux. Partagent leurs expériences, voire dénoncent des injustices. Rien d'anormal là-dedans. Mais cela produit un sentiment de "nous et les autres, ceux qui ne comprennent pas", cela (peut) renforcer un sentiment d'exclusion. Cela peut entretenir aussi une forme de "dépression collective" où les gens finissent par "ensemble" broyer du noir malgré les mots d'encouragements et de soutiens. Je ne dis pas qu'il ne faut pas trouver des groupes de soutien, mais clairement pas pour soutenir une vision du monde négative et qui ne permet pas vraiment de repartir sur de bonnes bases.

Bien sûr, le piège de l'enfermement, de la désocialisation. Je n'ai pas envie de m'étendre sur ce sujet. C'est un piège mais c'est un passage inévitable auquel j'ai aussi du être confronté jusqu'à ne plus être clair dans ma tête. Je ne crois pas aux miracles, mais cette petite lumière m'a permis de traverser les épreuves les plus dures, même si actuellement je ne suis plus à l'abri de rien (si tenté que je le fusse un jour...). Ca ne tient parfois pas à grand-chose...

Et c'est ce "pas grand chose" qui concerne aussi les moyens mis en oeuvre ou de possibles pour permettre aux gens qui sont dans une situation difficile de retrouver "un arbre des possibles". C'est ce "pas grand chose" qui peut permettre à une personne défavorisée de se donner le droit, la possibilité, de planter son arbre... pour retrouver le chemin des possibles. Il faut peut être employer d'autres termes que celui de "la voie de la réussite" ou même "s'en sortir". Pour s'en sortir, il faut d'abord s'incarner. Et cela demande du temps pour nombre de personnes que de se reconstruire. Pour une meilleure estime de soi et pour les ressources que l'on déploie pour faire grandir cet arbre : pour soi d'abord et pour se sentir être un parmi tant d'autres. J'allais dire que la part de son propre égoïsme (et il en faut un peu) doit en passer par le bien être égoïste de tout à chacun, donc un "bien commun". Parce que cette part là : permet le partage.

(à suivre)

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 30 oct. 2018 19:31

J'aimerais couper court à des idées préconçues à ma lecture qui me rangerait dans la case de l'idéaliste. Il n'est pas mauvais bien évidemment de porter un idéal en soi : mais je suis réaliste. Et je dirais même, question de survie, forcé de l'être. Donc, non, je ne suis pas pour une société idéale, mais en soi tout à chacun nous portons une part utopique malgré tout. C'est ce qui permet l'émergence des possibles et ce qui permet simplement l'évolution d'une société "saine" que de donner le droit donc de se réaliser. Une liberté se construit, se formule à travers des actes. Une liberté s'agit. Alors remettre une partie de la population en mouvement n'est pas une mince affaire, mais tenant compte que cette population n'est pas coupable, donc n'est pas à sanctionner, permettrait selon moi de renverser la vapeur, de retrouver un regard plus positif que ce soit chez le bénéficiaire, mais aussi (j'en suis certain) chez le travailleur social et jusqu'à nos élus. Une politique dite vertueuse permettrait à du monde d'en ressortir grandi, les politiques en tête...

Mes propositions ne sont en rien des solutions. Clairement pas à court terme, parce que s'imaginer que tu vas sortir une personne de la précarité en moins de 6 mois bien sûr n'est pas pensable : alors que la politique actuelle n'est pas de sortir une personne de la précarité mais qu'elle travaille. Notez la nuance mais c'est ce qui fait toute la différence. Donc en fait "on s'en fiche" que tu sois précaire ou non, priorité RSA : l'activité. Là encore, notez bien on ne dit pas "travail" mais "activité". Il est acquis politiquement que le but premier est de te sortir de l'inactivité : pas de la précarité. Quand Macron dit qu'il n'est pas normal qu'il y ait autant de pauvres, c'est totalement creux. C'est du niveau de "la guerre c'est mal", "il faut soigner les maladies", "le sida est méchant", "prions ensemble pour vaincre le cancer"... voilà, je résume à la serpe mais c'est du même acabit. Le gars s'étonne qu'il y a "trop de pauvres" dis donc : ah ouais ? Et bien perso je pense que les riches ne sont pas assez nombreux et c'est justement pour ça qu'ils sont riches : ils sont minoritaires mais pourtant détiennent les parts majoritaires du monde (quand j'en sors une comme ça j'ai toujours une pensée pour Coluche il avait heureusement bien plus de talent que moi)... et si le véritable problème venait de là... (?) mais n'entrons pas dans la facilité. Non mais le mec s'étonne, quand même... jusqu'à imaginer qu'on lui coûte un pognon de dingue...

Macron se fourvoie et se contredit. D'un côté il pense qu'il y a "trop de pauvre" donc (pour simplifier) aimerait donner plus de moyens pour en sortir de cette pauvreté, mais de l'autre est en train de mettre en place une politique "par le travail forcé" en laissant penser que l'on retourne à un système punitif (3 propositions = pas le choix = projet imposé = revenu précaire : par l'emploi ne signifie pas sortir de la précarité). Et si tu vas par là, tu as plusieurs "précarités". Tu as la grande précarité, le sdf. La précarité, la personne qui arrivent à gérer un budget et survivre dans son appartement (mon expérience m'a donné à comprendre que tu as des personnes incapables tout bonnement de vivre en appartement et qu'elles "vont mieux" socialement en vivant principalement dehors) oui des réalités complexes, mais des réalités quand même. Qu'il faut connaître : avant d'en parler. Et personnellement, je ne parle que de ce que je connais.

Il est une réalité qu'un nombre croissant de personnes ne s'arracheront pas vraiment d'un "RSA" (ou peu importe le nom et la forme). Qu'elles travaillent ou non : et ça aussi c'est une réalité qui doit être acquise. Ca ne veut pas dire que ce n'est pas possible et cela doit bien évidemment rester possible et c'est sur ces possibilités (aussi) qu'il faut travailler non pas en "contraignant" en s'attaquant au précaire mais en revalorisant, je dirais même en valorisant l'idée d'une solidarité dite active. C'est à dire, si vous me comprenez en filigrane qu'il ne faut pas forcément et uniquement rééduquer la personne "en marge" (mais finalement en marge de quoi si cette population représente de plus en plus d'individus... (?) n'est ce pas représentatif d'une "norme" (?)) mais qu'il faut surtout éduquer l'employeur et rééduquer nos décideurs. Changer le regard porté sur le monde de la précarité qui n'est pas une condition : c'est une situation. Donc prendre la situation d'une personne pour en faire une condition sous la contrainte et par la menace n'est pas une solution. Je n'ai pas fait sciences po ni l'ENA mais il y a des choses faut pas être bien futé pour les comprendre tellement ça tombe sous le sens...

///////////

Les propositions.

Personnellement je vois les choses au long cours.
Je ne vais pas évoquer les différents volets du dispositif mon but n'est pas de dire ce que vous savez ou connaissez déjà.

... mais avant d'entrer dans le vif du sujet : PUB ! (ah ah ah !!!) c'est que j'aime bien la maquilleuse... je décoooonne ! C'est pour couper sur un ton plus léger.

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 30 oct. 2018 23:39

Interlude.

Ca va paraître étrange, ce que je m'apprête à dire mais c'est pour préciser ce propos (tenu plus haut) :

"... je ne suis pas pour une société idéale, mais en soi tout à chacun nous portons une part utopique malgré tout."

Ma vision est réaliste en ce sens qu'une société dite "idéale" selon ma conception est une société où nous ne sommes ni forcés ni obligés d'aimer les autres. J'allais dire : son prochain. Mais sans que cela soit pour autant au détriment des autres. Et c'est là tout la complexité du monde parce qu'on ne peut mieux s'occuper de soi qu'en passant par le bien des autres. Quoi que vous pourriez me dire qu'il y a mille et une façons d'aimer, et je suis d'accord. Nous ne sommes pas obligés de le dire, ni même le montrer. C'est vrai.

Moi il m'est arrivé de tomber amoureux d'une référente. Il y a longtemps, maintenant. C'est totalement passé. Je me suis sans doute laissé éblouir par tout ce que je ne connaissais pas d'elle, puisque je ne la connaissais pas, mais j'avais une impression familière forte. Bon allez en un mot, elle me plaisait. Alors, bon, elle a du métier, elle sait y faire. Enfin, je vais parler au passé puisque sur ma demande je n'aurai plus affaire à elle. C'est mieux et depuis tant d'eau est passée sous les ponts. Plus de 10 années, quand même. Il restera "un mystère" de tout ça, définitivement, je crois. Même s'il n'existe (heureusement) plus aucune "inconnue" (par rapport à cette histoire) à ce jour. J'ai connu des "petites choses" entre temps... peut être davantage comme libertin que comme poète, mais des petites choses quand même. Alors que toi, tu es certainement mariée... moi franchement je n'ai rien à dire, d'ailleurs je me tais.

Allez savoir pourquoi, elle a mon âge. Je n'y pense plus du tout hein. Fut un temps où j'en étais vraiment tombé bas mais ça tenait davantage à ma situation. Enfin, fort heureusement de tout ça j'en suis totalement sorti. Pas de ma situation, mais de mes émois pour cette femme. La pauvre, franchement je me mets à sa place et je la comprends. Je n'aurais pas été bien non plus.

Ce n'est pas grave, en même temps. Cela ne l'est plus.
C'est fou, parce qu'elle a mon âge. J'ai même toujours ce sentiment que c'est comme une soeur. Pas une bonne soeur hein... non non parce que je ne me permettrait pas... pardon pardon, mon humour. Ouais c'est dommage mais quand tu merdes à ce point, tu ne peux plus revenir en arrière.

C'est pourquoi je ne peux plus avoir affaire à elle. A toi, si tu me lis (par hasard)...
Parce que te revoir signifie pour moi un échec. Des échecs, j'en ai connu, j'en connaîtrai d'autres, ce n'est pas un problème. Mais cet échec là, te revoir, être toujours au RSA dans cette situation de merde malgré mes quelques efforts, non. C'est trop, je ne peux pas. Déjà par la gêne occasionnée et mutuelle, en premier lieu, ensuite parce que ce serait pour moi faire face à cette réalité... je suis toujours là, putain... c'est trop... tu comprends. Donc je suis sûr que toi tu n'as rien demandé (moi non plus) et que le truc devait venir de la direction, mais je ne pouvais faire autrement que botter en touche. C'est lâche, mais je suis sûr que tu m'as compris et que tu sais que j'ai bien fait. Tu me l'as dit lors d'un entretien... souviens-toi, tu m'as dit à demi mots que je ne suis pas si con. Un peu, comme tous les hommes... mais pas trop... voilà, rien d'autre à ajouter.

(à suivre mais pour retourner au sujet principal)

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 31 oct. 2018 13:49

Décloisonner les différents volets du contrat :

Je pars par principe de mon expérience personnelle. Que je recoupe avec ce que je connais des pratiques et du dispositif dans son ensemble. Ne me prenez quand même pas pour un expert, et je n'ai jamais voulu tomber dans ce piège parce que par certains côtés, cela peut être un piège que de prendre une position uniquement et simplement défensive. Ce n'est pas sain en fait de placer les gens sur la défensive. Parce que globalement ce qui ressort c'est ce sentiment que le traitement de notre dossier passe par le contrôle et le soupçon. Je sais qu'il y a des gens (travailleurs sociaux) "référents" etc... qui minimisent la chose, qui dédramatisent à leur façon, qui tentent de rattraper un peu la mauvaise politique et mettant ça sur le dos d'une gestion administrative ou que sais-je, mais la réalité politique nous rattrape et surtout la réalité comptable, économique. Même si certaines choses m'échappent au niveau des responsabilités partagées. Tu sens qu'il n'y a pas d'obligation de résultat individuel en fait puisqu'il est possible de mettre un dossier de côté durant x années donc pour le bien d'une obligation de résultat global. Ce qui me fait penser qu'en fait "le projet individuel" n'existe pas dans ce type de prise en charge (ou de "gestion de dossier" peu importe le terme). Quand on parle de problématique individuelle, ça m'interroge.

Je vois un fonctionnement très binaire et sans nuance, dans les faits. De plus, au niveau du contrat vous avez différents volets dont celui par le logement, la santé, le social... le travail bien évidemment prioritaire. Je ne vais pas m'exprimer pour l'ensemble du dispositif mais j'ai connu à mon encontre quelque chose de très cloisonné, sans ouverture. Hors selon moi les difficultés rencontrées peuvent être à plusieurs niveaux pour une situation. Tu peux être mal dans ta peau mais ça je dirais que c'est la partie émergée de l'iceberg, ou l'arbre qui cache la forêt. Donc uniquement voir le problème sous l'aspect de la santé, c'est (du côté du dispositif, du CG) ce que j'appelle faire l'autruche. Quand tu t'en arrêtes là, franchement, genre c'est bon : dossier rangé, next. Alors qu'il faut traiter une telle situation sous différents aspects, à travers une problématique multiple et donc complexe. Simplifier les choses, c'est bien, mais si c'est pour conforter certains préjugés ou uniquement répondre de décisions purement arbitraires (en se croyant objectif) ça peut prêter à de fâcheuses conséquences.

Alors je sais que par principe la prise en charge est déjà globale, mais reste selon mon expérience et mon point de vue, très cloisonnée. De plus, réellement l'information présentée au bénéficiaire est réduite à son stricte minimum. C'est un autre problème mais c'est très lié en fait avec ce que l'on décide pour quelqu'un. Le manque d'informations est réel et cela porte aussi à conséquences. Il devrait être tenu pour évident et logique que d'informer une personne sur ses droits et les différents aspects du dispositif n'a pas pour but de permettre à la personne de mieux se défendre "contre" le CG mais de lui permettre, de lui donner quelques outils de savoir, de connaissances, pour mieux simplement utiliser tous les aspects du dispositif, tous les outils pour se donner plus de moyens au final et peut être mieux s'en sortir. Alors j'entends déjà : il ne s'agit pas de noyer la personne sous un flot d'informations qu'elle ne sera pas forcément en mesure de traiter et la nécessité de faire la part des choses et de s'adapter à la problématique individuelle est là nécessaire, tu ne donnes à connaître que le nécessaire dans un but utile. Mais selon mon observation, cela reste vraiment "minimum".

C'est ce que je déplore, tout le dispositif (RSA) est articulé autour du concept du "minimum" (les minimas sociaux). Information minimum, droits minimums, revenu minimum, contrat minimum, entretien minimum, le terme "des minimas" devient donc une sorte de "vérité" qui parait dans l'inconscient collectif comme évident, communément admis. Donc forcément avec les conclusions qui s'imposent puisque les offres d'emplois s'adaptent à cette logique. On parle de travail précaire, rémunéré "à minima". Du travail nécessaire pourtant puisque "sans petites mains" le monde ne tournerait pas. Donc la mal valorisation du travail face "aux minimas" est également un vrai problème. D'où la prime d'activité mais je formule quand même de sérieux doutes quant à la réalité bénéfique d'une telle mesure.

Pour exemple : je vais parler des aesh. Pour un mi-temps (imposé), rémunéré à peine plus de 600€ (encore moins que AVS, alors que c'est sensé être une évolution du statut d'AVS). C'est peut être un mi temps mais c'est du n'importe quoi. Les gens peuvent être envoyés à des distances qui n'ont aucun sens puisqu'une grande partie des revenus passent dans les frais de transport et d'essence (en constante augmentation). De plus, le traitement des salaires est catastrophique du côté de l'Education Nationale. Les salaires sont traités avec plus de 3 mois de retard. Le Pôle emploi pour l'ARE réclame les salaires (les bulletins de paie) : qui ne viennent pas. La CAF réclame tous les 3 mois donc les revenus perçus, pour actualiser la situation. Du coup les salaires non déclarés, l'are non perçu... et tu ne peux pas déclarer le salaire sans fiche de paie puisqu'ils réclament la fiche de paie (physique ou par internet), donc la personne est réellement coincée. Elle se retrouve donc de façon cyclique à devoir de l'argent à la CAF pour un trop perçu quand le salaire arrive et que l'are fini par tomber (avec beaucoup de retard), voire pas d'are du tout. Du coup rien n'est régulier et la CAF périodiquement plonge la personne dans le rouge, les conséquences sont réelles et non acceptables. La personne se retrouve avec 600€ de salaire mais va devoir tous les 3 ou 4 mois (rétroactivement) de l'argent à la CAF pour un trop perçu. Inadmissible.

Je m'informe, je m'informe...
Sur ce qu'est la réalité fumeuse de cette mesure prise pour masquer une réalité économique et pour tenter de diminuer (artificiellement) le nombre des demandeurs d'emploi et en conséquence le chômage. Et quand les gens craquent, on les sanctionne, on tape plus fort. Imagine ce que tu peux avoir comme logement avec 600€ sachant qu'il est demandé d'avoir (même du côté des logements sociaux) un revenu 3 fois supérieur à celui du loyer. Après on s'étonne que les gens ne vont pas bien et on les encourage vivement à se faire soigner... pourquoi pas les foutre au AAH directement tant qu'on y est (?)

Je m'emporte un peu.
Je parlais de décloisonner les différents volets du contrat et une meilleure information à propos des différentes possibilités et initiatives.

(à suivre)

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 01 nov. 2018 01:05

Coup de déprime. Je prends la mesure de la difficulté aidé de la lecture de quelques documents (d'un tel dispositif dans la complexité de son exercice et dans sa dimension sociétale) et avec quelle facilité certaines décisions politiques plongent l'allocataire dans une responsabilité culpabilisante, avec comme ressort un système qui cherche à définir le mauvais comportement pour répondre par la sanction, et ça me déprime. Je vais marquer très certainement une pause parce que je dois me concentrer sur mes projets.

Néanmoins, en substances. Mes propositions tournaient autour de rapprochements des gens. Alors je sais qu'il existe déjà des structures d'activités pour créer du lien social entre les personnes. Mais lorsque celles-ci sont très éloignées de l'emploi et très isolées. Ce qui est un peu mon cas au fond mais je réalise un grand écart par le maintien et le développement d'activités personnelles à visée professionnelle, et du coup je comprends qu'on ait du mal à me situer dans cette histoire. Mais je n'en reste pas moins fragilisé donc c'est trompeur. Enfin bref, je ne dois pas être le seul dans ce genre de situation. Je me suis déjà remis profondément en question et même la nature de mes projets, mais j'en suis venu à la conclusion que je piétine non pas à cause d'un manque de viabilité du projet, mais bien parce que "je ne suis pas aidé". Alors bien sûr, je m'aide moi-même mais avec les moyens qui sont les miens vu que l'on ne m'en octroie aucun (mis à part le RSA lui-même mais pardon : ça ne compte pas, ça me permet juste de boucler 10 jours sur 30). Moi la petite assistante en jupette, pardon j'aurais aimé connaître mais je n'ai jamais vu alors quand on parle d'assistanat... et surtout de "profiter" (mais de quoi ?) non mais il faudrait être vraiment maso pour se contenter d'une situation pareille...

Je suis dans une situation compliquée. Je dois réaliser certaines démarches concrètes en plus et ce pour me faire connaître mais j'ai encore quelques p*tains de blocages. Et puis le fait d'être connu pour de mauvaises raisons, ça n'aide pas. Je sais pas, j'ai le sentiment que mon dossier est marqué au fer rouge, alors que bah... je ne suis quand même pas un pestiféré... en plus j'ai le poil doux... et je ne sens pas mauvais. Je n'attends pas après ça pour avancer, de toute façon. Mais on avance mieux lorsqu'il y a une considération, une reconnaissance, quelque part. Et puis on ne peut pas demander à quelqu'un d'avoir confiance en lui si par la façon dont on gère le dossier on ne lui fait pas confiance. Ce n'est pas évident de toute façon parce que si demain je m'amène dans un entretien, forcément je paraîtrai probablement rigide par mon stress et relativement inhibé en tout cas sur le plan émotionnel, portant mon attention et ma concentration afin de compenser mes faiblesses et paraitre quand même un peu plus allant... parce que je suis un peu ce genre d'individu, je ne dis pas que je ne veux rien laissé paraître, mais je ne peux pas exprimer vraiment la réalité de mes difficultés. Au risque de passer pour ce que je ne suis pas, tant pis.

Donc oui, rapprocher les gens. Mais dans ma proposition c'est axé sur les personnes qui portent un projet, quelque soit la nature de ce projet. Et trouver à rencontrer d'autres porteurs de projets. Peut être pas forcément dans exactement le même domaine parce que je pense que la mixité est une très bonne chose, et enrichissante par les échanges et le partage d'informations. Donc en fait produire un petit réseau comme ça, groupes de paroles, des ateliers, des actions définies, collectives et individuelles, des entraînements / jeux de rôle pour s'habiter au regard des autres, à la prise de parole devant un groupe, ce genre de choses. Dans ce type d'idées, il y a à prendre et à jeter, évidemment. Et puis ne rien figer dans le marbre, surtout. Permettre une souplesse de programme, une "agilité" d'initiatives et d'actions.

Parmi les porteurs de projets vous avez des gens qui travaillent en tout ou partie chez eux et ce n'est pas forcément la meilleure chose. Je me suis déjà renseigné pour du co-working dans des espaces dédiés mais c'est sous forme de location ou abonnement et le caractère payant de ces initiatives (qui est somme toute normal bien évidemment, il ne s'agit pas de critique) est un réel frein pour une personne se trouvant dans une situation très précarisée. Même si les coûts sont bas, c'est malheureusement toujours trop quand on ne peut plus manger correctement chaque jour (et que c'est une réalité que l'on doit "socialement" masquer, évidemment). Bien sûr, les stratagèmes pour paraître "normal" en société ne manquent pas, mais jusqu'à un certain point. Vient un moment où l'on se trouve confronté aux limites essentiellement du à notre situation de "pauvreté" qui porte à conséquence sur le plan matériel en vertu des actions menées... qui se trouvent alors sapées.

Néanmoins, cela m'a porté à imaginer qu'au niveau des CG et en association avec les municipalités, ils pourraient développer ce type d'initiative par l'accord ou le prêt d'espace dédiés à du co-working entre "porteurs de projets au RSA". Ouille ! Pas simple, je vois d'ici les difficultés à tous les niveaux. Que ce soit pour trouver de tels espaces que pour arriver à "décomplexer" les participants volontaires. Alors, uniquement des gens au RSA ? Non, bien évidemment. La mixité des diverses situations sociales est vitale, bien évidemment. Et je pense qu'il faut un encadrement mais basé sur du volontariat comme pour trouver un système de coaching, mené par des gens aguerris, des retraités par exemple. Qui ont une expérience dans le développement et gestion de projet, de l'entreprise, domaines créatifs, artistiques, bref... mixité. De sorte à trouver le bon ancrage pour chacun...

Bref...
Je sais, je rêve tout haut. Il est 1h, je vais couper mon ordi. Je vais aller dormir. Et puis je vais continuer ce que j'ai à faire. En tâchant de m'éloigner à nouveau d'ici. C'est à double tranchant de s'exprimer comme je le fais en pareil endroit. Au final je ne tiens pas à aggraver mon cas. Alors merci de m'avoir lu.

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 01 nov. 2018 20:53

Finalement, je reviens. Enfin pas pour squatter gratuitement, j'aimerais apporter des précisions.

Dans ma proposition, je fais part de son axe pour ce qui est question des porteurs de projets. Pour ce qui est question de la création d'activité, de son exercice et tout ce qui incombe à cette activité (dans ses aspects les plus transversaux). Parce qu'une activité ne se limite pas à sa pratique mais aussi dépend d'autres activités. Par exemple, il faut pouvoir continuer à se former, il faut pouvoir développer un réseau, il faut pouvoir prospecter, mais aussi et surtout, il faut de façon régulière et soutenue développer son activité. Mais ce qui compte aussi beaucoup, c'est un regard partagé et le simple fait de parler de ce que l'on fait, d'en faire part, de montrer, ou démontrer, ne serait ce que pour partager son expérience et exprimer son point de vue, partager des pistes, comme un groupe un peu d'entraide, quelque part ça regonfle ses batteries, il y aurait un bénéfice énergétique certain. Il ne s'agit pas d'aller forcément "tous les jours" en un tel lieu, mais de se dire ok, j'y passe un après midi dans la semaine. Voire d'avantage si certains peuvent "travailler" sur place (pour certaines activités, c'est tout à fait possible). Avec la venue (ou invitation) régulière de professionnels plus expérimentés, des ateliers de proposés, ce genre de choses.

Voilà mais ce type de proposition ne vise pas à dénigrer les personnes qui ne créent pas forcément une activité. Ce n'est pas une solution pour sortir de la précarité en fait (ce serait une très mauvaise raison). Oui parce que l'idée de "créé ton entreprise !" (pour sortir de ta merde) est bien entendu une fable et une farce ! Et je suis sûr que les TS (confrontés à un public précarisé) en sont parfaitement conscients ! Ce quelque chose que l'on porte en soi (ce qui est mon cas), ça ne sort pas d'un chapeau, ce n'est pas le genre de chose que l'on fait par hasard. Mon parcours est plus "accidenté" que la moyenne, mais voilà après je ne vais pas chercher forcément à tout justifier. Comme dit par ailleurs, je ne vais pas m'excuser indéfiniment d'être ce que je suis. En tout cas il ne faut pas s'imaginer qu'une personne comme moi ne serait pas porteuse d'un mieux être et d'un mieux vivre en société, ainsi que par le travail. Mais ce type d'initiative permettrait (aussi) de formaliser quelque chose, de donner un peu de poids à un parcours en tout cas face à des élus ou politiques (sans mettre tout le monde dans le même panier) qui se plaisent à "tirer à vue" sur des gens comme moi, quand ça les arrange. Et je ne suis pas une souris blanche que l'on met en cage. Donc "les petites expériences" (à la con) menées uniquement dans le but de démontrer qu'un être humain tu peux le dresser comme un chien avec des méthodes pavloviennes, franchement... le ras le bol est là !

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Po3m
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Re: RSA : propositions (à venir)

Message non lu par Po3m » 08 déc. 2018 14:00

Maman Noelle,

Si tu veux bien, je t'invite aussi à lire (au moins quelques) messages de ce topic.

Dont le dernier, vois-tu, posé le 1er novembre... avec ce fameux "le ras le bol est là". Mon exemple à propos de "l'aesh" était plutôt bien choisi (et parlait même du problème des coûts de frais d'essence).
17 jours après... tu connais la suite.

Je déplore malgré tout que le mouvement soit trop axé sur "les travailleurs" (c'est normal de défendre "la valeur travail" évidemment !) et qu'au final les précaires et les très précaires (abimés par certains dispositifs) semblent totalement écartés. C'est regrettable. Les gens sont encore trop divisés. On tendance à se juger/différencier/taper les uns les autres pour se dire d'être plus légitimes d'être considérés dans nos difficultés, alors que nous devrions nous rassembler et respecter la particularité de nos situations respectives. Ce qui est très mauvais signe... "il n'y en a déjà plus suffisamment pour tous" : le bateau coule, principe des femmes et enfants d'abord (et dans une certaine mesure, des travailleurs d'abord). Je caricature, à peine...

Le principe de "tri" à toujours été appliqué mais certainement aujourd'hui plus que jamais.

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