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Dans quel monde vivons nous ?

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billie

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par billie » 24 juin 2012 19:26

la mondialisation! le libéralisme , on ne peut pas revenir en arrière, le mal est fait , déja les états en voie de développement reproduisent nos erreurs passées au lieu d'en tirer des leçons, mais pour eux aussi la chute sera dure tres dure!
enfin dans notre métier on ne délocalise pas c'est déja ça, mais on supprime les aides financières aux personnes aidees , les retraites déja maigres ne suffisent plus, comme tu dis marie. attendons le nouveau gouvernement pour le service public , meme si ça parait improbable vu les finances. les sarko, merkel et cie ont joué à la roulette avec notre fric, voila le résultat, ils ont servi des assiettes pleines aux riches, presque rien aux autres , maintenant la soupière est vide!

lise

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par lise » 28 juin 2012 11:41

Le coup de pouce au salaire minimum, "c'est un Carambar par jour. Vous ne pouvez même pas vous payer une baguette de pain" par jour, seulement "deux dans la semaine. Vous pouvez vous payer un petit café par semaine".
Mélanchon

marie

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par marie » 28 juin 2012 19:42

C’était 2 francs le carambar en 1955, 2 anciens francs, et en 1960 c’était 5 F ou plutôt 5 centimes de nouveaux francs, car il faut savoir que vers 1960 sont arrivés les nouveaux francs, et que les francs s’étaient transformés en centimes. C’est ce que m’a dit une PA ce matin en commentant les actualités. Cette dame était boulangère et vendait des carambars aux enfants, elle m’a parlée des coupons DH qui donnaient des points, il fallait les collectionner pour obtenir des cadeaux, les petites écolières rêvaient d’obtenir une jolie poupée de collection, ou une dinette, les garçons eux voulaient un vrai ballon de foot, mais il fallait avoir 10 000 points pour obtenir le ballon, soit des années de collection à plusieurs. Aujourd’hui le carambar est vendu 15 centimes d’euros (soit 1 F nouveau ou 100 F anciens !) en plus la barre est plus courte ! Toujours selon la boulangère la baguette de pain coûtait 40 centimes de franc en 1960. Aujourd’hui elle coûte environs 6 F (un peu moins de 1 euro). En 1960 on aurait eu 15 baguettes pour ce prix, mais je sais pas si on peut comparer car le niveau de vie d’un ouvrier est supérieur aujourd’hui.

martine

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par martine » 29 juin 2012 18:55

J’ai écris dans un précédent commentaire la citation du milliardaire américain Warren Buffet :

« Il y a une guerre des classe, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe de riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner »

Je ne pensais pas trouver une démonstration aussi éclatante de cette citation de multimilliardaire américain dans un petit documentaire d’une heure. Un documentaire qui parvient à rendre intelligible le monde de l’entreprise et à démontrer comment les logiques de rentabilité pulvérisent les liens sociaux et humains au point de tuer le travail lui-même en le ramenant à sa seule composante économique.
Il y a 10 jours c’était la nuit du documentaire INFRAROUGE sur France 2. Supposant qu’il y en aurait de très intéressant j’ai programmé un enregistrement jusqu’à 6 heures du matin. Je n’ai pas été déçu car le dernier documentaire intitulé « LA MISE A MORT DU TRAVAIL – LA DEPOSSESSION » résume à lui seul toute la chape de plomb que je sens peser sur le monde du travail depuis des années.

« LA MISE À MORT DU TRAVAIL »
C’est le titre d’un documentaire en 3 parties de Jean-Robert Viallet. Il a été diffusé la première fois en automne 2009 sur France 3 et il a obtenu le PRIX ALBERT LONDRES 2010.

L’idée du réalisateur Jean-Robert Viallet n'était pas de faire un énième film sur la souffrance au travail, ni de révéler les malversations de telle ou telle entreprise, encore moins d'accuser X ou Y de terroriser ses employés. Que l'entreprise soit un lieu de souffrance pour des millions de gens, il suffit de regarder les chiffres - maladies du travail, dépressions, suicides, harcèlement - pour s'en convaincre. Jean-Robert Viallet a abandonné cette approche biaisée en termes de victimes et de bourreaux, de patrons voyous... Il voulait avoir une chance de comprendre- en quoi cette crise est l'expression de quelque chose de beaucoup plus profond, au même titre que la crise financière, -en quoi c'est le travail lui-même et notre civilisation toute entière qui sont malades.

« LA MISE À MORT DU TRAVAIL – LA DÉPOSSESSION »
Il s’agit du 3ème volet du documentaire, le seul qui était rediffusé dans la nuit du documentaire d’Infrarouge. Je viens de le visionner.
Ce documentaire est résumé ainsi :
Alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, « La Dépossession » raconte l'extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs.
L'histoire nous transporte d'une usine Fenwick, un fabricant industriel de matériel de manutention (chariots élévateurs…) implanté dans le centre de la France, jusqu'aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entreprise française, créée il y a 150 ans, aujourd’hui filiale du groupe allemand KION, Fenwick a été rachetée en 2006 par Henry Kravis, l’un des financiers les plus redoutés des États-Unis. Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-Cola, Disney et Microsoft cumulées. L’objectif de KKR est de faire “cracher” un maximum de cash à l’entreprise, de faire le maximum de profit, sans aucune considération pour les hommes et femmes des entreprises rachetées.
Fenwick va donc être systématiquement mise sous pression. Pour les salariés de la société, ce rachat marque un tournant radical, comme dans bon nombre de compagnies à travers le monde, rachetées elles aussi par de puissants actionnaires.


Le tournage du documentaire a duré plus de 2 ans au sein de l’entreprise (2007/2009).
Le documentaire est entrecoupé par les commentaires d’un sociologue, Vincent De Gaulejac (Université de Paris VII) et d’un psychiatre-psychanalyste, Christophe Desjours (fondateur de la psychodynamique du travail au CNAM). Ces experts vont décortiquer les mécanismes de management et d’organisation de Fenwick et démontrer comment les méthodes appliquées dans l’entreprise manipulent les salariés dans le but d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre, comment ces méthodes anesthésient les capacités de réactions aux changements (voir l’allégorie de grenouille). Le changement s’opère d’abord sur le mode de la séduction pour reconnaître aux meilleurs salariés leurs mérites et leur décerner le prix de l’excellence. L’excellence qui est valorisée au départ comme une exception devient ensuite la norme qui s’impose à tous. C’est alors une méthode de terrorisation qui se met en place, soit les salariés marchent et réussissent, soit ils sont liquidés.

Je vais re-visionner ce documentaire et en dirais plus les mécanismes, dès que possible.

martine

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par martine » 30 juin 2012 01:00

SUITE de « La mise à mort du Travail – La dépossession »


LA PREMIÈRE PARTIE DU DOCUMENTAIRE est consacrée à la Force de Vente de Fenwick.
On est quelque part dans un building de la Défense, en bord de Seine, et on assiste au séminaire annuel des commerciaux de la société.
On entend des mots d’ordre comme : « Vendre plus de chariots par mois et par vendeur et pour cela il faut muscler son jeu », ou encore : « Si vous voyez un concurrent qui a des difficultés et qui est en train de mourir sur le bord de la route, surtout n’hésitez pas, achevez-le »…
On apprend que le vendeur Fenwick confirmé, c'est-à-dire celui qui fait du bon boulot, celui dont l’entreprise est contente, c’est celui qui vend en moyenne 90 chariots élévateurs ou trans-palettes
On apprend qu’il y a 15 % des commerciaux qui sont classés dans la catégorie des vendeurs excellents, et ils vendent entre 130 et 200 matériels, dépassant donc de 140 à 220% les scores des bons vendeurs.
On apprend que le number one, le champion de l’année a réalisé 336 % de ses objectifs !
Le maître mot chez Fenwick c’est l’excellence, et on demande toujours aux meilleurs vendeurs d’être encore meilleurs l’année d’après. « A un moment ça devient hard et c’est dur d’y rester » dit un commercial face à la caméra.

Durant l’année écoulée l’entreprise avait lancé un programme pour vendre plus. Elle avait fait appel à un cabinet-conseil de renom pour du conseil en « management par l’excellence ». L’objectif était de savoir comment travaillent les meilleurs vendeurs. Qu’est-ce qui fait qu’ils sont meilleurs que les autres, et est-ce que c’est quelque chose qu’on peut dupliquer à l’ensemble des vendeurs.
Une dizaine de vendeurs excellents a été sélectionnée, suivie et observée en situation de vente. Et dans le groupe, l’un des 3 meilleurs vendeurs à servi de parfait animal d’étude. Le message qui leur a été donné, c’est qu’ils devaient, avec la direction, « tirer les autres vendeurs vers le haut ». En fait l’audit a servit à faire de « l’extraction de connaissances » et à « rentrer dans l’intelligence » des vendeurs excellents. Les auditeurs ont isolé les modes opératoires des vendeurs, et ces modes opératoires sont ensuite retenus pour être enseignés à l’ensemble des vendeurs du groupe. Les performances des vendeurs excellents deviennent la nouvelle référence pour tous, et ceux qui ne suivent pas, ceux qui ne réussissent pas à les atteindre sont éliminés.

L’histoire ne dit pas combien de vendeurs ont été éliminés, mais n’en doutons pas qu’il y en a eu plusieurs. Quant on élève le niveau des exigences d’année en année, le vendeur qui était bon au départ mais qui n’arrive pas à élever ses performances vers les nouvelles références ne gagne probablement plus sa vie car ses commissions sont calculées sur ces nouvelles références. Il démissionne sans doute, s’il n’est pas licencié pour cause de restructuration….

Le sociologue Vincent De Gaulejac dit :
« Quand il y a un taux de croissance de 3 % dans l’économie, l’entreprise peut faire 3 % de profit en plus.
Quant il y a un taux de croissance de 3 % et qu’on demande un taux de rentabilité de 10,15, 20, ou 25%, comment cela peut-il se faire ? Et bien la barrière d’ajustement c’est le travail, c’est-à-dire qu’il faut faire plus de productivité avec moins moyens. Donc la seule réponse qu’il y a, c’est la réduction des effectifs.

Mais pourquoi la réduction des effectifs, qui met sous tension ceux qui restent dans l’entreprise, qui met sous tension ceux qui risquent d’être exclus, ceux qui sont exclus, ne soulève-t-elle pas plus de révolte ? C’est justement parce que le management dans son ensemble, et l’ensemble de la population d’une certaine façon (les grenouilles), ont accepté cette folie du capitalisme financier qui fait que des actionnaires situés à l’autre bout de la planète, exigent des taux de rentabilité, sans se préoccuper du tout du réel du travail et des conditions concrètes qui permettent cette rentabilité. »


Cette histoire n’est pas unique à l’entreprise Fenwick, elle devient la norme actuelle et se déroule dans des dizaines de milliers d'entreprises à travers le monde...

La deuxième partie du documentaire raconte comment les changements s’opèrent dans l’usine Fenwick, comment est organisée la force de production pour l’amener aussi à décupler la productivité des ouvriers…

cathy

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par cathy » 01 juil. 2012 20:19

Bravo ,c'est vrai c'est a film a voir,c'est la societe ou nous vivons chacun pour soi

marie

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par marie » 03 juil. 2012 12:18

Merci Martine de nous expliquer comment les financiers arrivent a presser le citron (c’est les salariés qui sont les citrons) et comme tu dis à casser des milliers d’emplois. Plus ils pressent les citrons plus ils font des bénéfices et plus ils cassent des emplois et ça continue de plus belles. C’est bien de nous sensibiliser à tout cela, maintenant je fais plus attention aux titres des journaux. Faut dire que j’ai des proches qui ont été licenciés alors que les carnets de commande de leur boîte étaient plein et que l’entreprise faisait des gros bénéfices, je ne pouvais pas comprendre comment ils faisaient pour supprimer tant d’emplois.
J’ai encore lu ceci dans les journaux ces derniers jours

10.000 postes pourraient être supprimés chez PSA.
PSA Peugeot Citroën a convoqué un Comité central d'entreprise (CCE), qui se tiendra le 12 juillet, à Paris. Et, selon une source syndicale, ce sera l'occasion pour la direction d'annoncer un plan de réduction de 8.000 à 10.000 postes.


1 700 emplois menacés chez AUCHAN. Les syndicats d'Auchan se sont opposés au plan de transformation de l'entreprise (PTE), qui vise à supprimer plus de 1 700 emplois.
Auchan, contrôlé par la famille Mulliez, emploie 50 000 personnes en France. Mi-mars, le groupe a annoncé un bénéfice net 2011 en hausse de 14,9 % à 810 millions d'euros.
CARREFOUR aussi aurait un tel projet.

520 emplois supprimés chez Hewlett-Packard-France. La direction de HP a annoncé le 23 mai la suppression de 27.000 emplois dans le monde d'ici au 31 octobre 2014, dont 9.000 dès cette année.

SFR. qui emploie 10.000 salariés présentera en novembre un plan de réorganisation prévoyant des départs volontaires…

Malgré les bénéfices colossaux de ces grandes entreprises on casse les emplois par dizaines de milliers !!!!!!!

pipo

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par pipo » 03 juil. 2012 21:49

Sur une route sinueuse et glissante, trois voitures roulent à vive allure. En début de cortège, Edouard dans sa toute nouvelle Logan, derrière lui, un avocat et député en vue, dans sa belle jaguar, enfin, ferme la marche dans sa luxueuse Porsche Carrera, un responsable influent du Medef.
Ce qui devait arriver, se produit. Au détour d’un virage, un tracteur bloque la route et les trois véhicules s’encastrent les uns dans les autres; les conducteurs sont indemnes, mais leurs véhicules sont hors d’usage.
Le chef d’entreprise est en colère. il regarde les dégâts sur sa Porsche irréparable, et lâche : « merde, 1 mois de revenus fichus ». L’avocat est furieux, et gronde : « bordel, 2 mois d’honoraires et indemnités de perdus ». Edouard lui sanglote devant sa Logan réduite à un tas de ferraille. Entre deux sanglots, il dit : « 3 ans de salaires de gâchés ».
Le patron et l’avocat-député se regardent incrédules, et disent ensemble :
« Mais faut être con pour acheter une voiture aussi cher ! »

Conclusion, pour comprendre la société, il faut dépasser le simple discours technique et économique et intégrer d’autres considérations, par exemple sociales.

marie

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par marie » 04 juil. 2012 07:47

bonjour pipo, je crois que tu t'es trompé de rubrique, il existe une pour l'humour

THELLA

Re: Dans quel monde vivons nous ?

Message non lu par THELLA » 04 juil. 2012 18:16

bonjour Martine
félicitation à ta façon de t'exprimer à l'écrit tu es très intéressante et tu gagnes a être connue .

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