Message non lu
par Po3m » 13 juil. 2026 22:23
A l'époque, la directrice de cette école de village ne me croyait pas.
Car bien sûr j'avais fini par craquer auprès des parents (et encore, un "craquage" très retenu, c'est juste mes réactions psychosomatiques qui me trahissaient).
Donc la directrice avait une chose en tête : me faire dire ce qu'elle voulait probablement entendre.
Un soir, elle m'a gardé, juste avant de quitter l'école. Et m'a posé la question suivante, de qui avais-je le plus peur :
Mon père ? Ou l'instituteur ?
Il n'est pas difficile d'en déduire qu'elle se disait que probablement subissais-je une maltraitance familiale et que je projetais l'image du père sur l'instit. C'était évidemment totalement faux. Je ne projetais rien. Nous subissions, et moi en première ligne, le sadisme et la perversion d'un instituteur qui n'était ni moins qu'un "jeune adulte" (il avait 22 ans, mais petites lunettes rondes, moustache, dégarni, il faisait plus vieux et de type autoritaire), mais avec les autres adultes, il portait un masque indétectable. Son aplomb était d'acier. Il a su convaincre la directrice que j'avais probablement un problème psychologique.
La directrice a manoeuvré ainsi. Me gardant le soir pour tenter de "me faire parler".
Le hic, et je m'en veux un peu, j'en veux au gamin que j'étais : je restais tôtalement mutique. Je ne parlais pas. Pas un seul mot ne sortait. Rien.
La directrice a du même s'absenter car trop énervée. Elle n'a pas voulu s'énerver devant moi. Elle est revenue, calme, douce, mais je restais totalement emmuré. Je ne répondais pas à sa question. Ce qui malheureusemnet pouvait entretenir le doute dans son esprit, au sujet du jeune instit... qu'elle appréciait tout particulièrement. Surtout qu'il était très proche de l'église du village. Tout ça fait très cliché, mais pourtant strictement la réalité.
Donc, il "fallait" me faire passer pour "fou". Disons, pour un gamin à problèmes.
La deuxième manoeuvre de la directrice - dont la maison était accolée à l'école - était de me faire expertiser par un pédopsychiatre.
Sans aucunement prévenir les parents. Démarche absolument rien d'officiel, c'était à son initiative. Et avec toutes ces années, je soupçonne même que ce "jeune pédopsychiatre", était l'un de ses fils. Elle m'a fait appeler un samedi matin, durant une heure de cours. Chez elle, directement.
Et là, j'ai rencontré ce jeune pédopsy. Il m'a fait tous les tests classiques qu'on peut faire à un gamin.
Il m'a fait dessiner, m'a posé des questions. Ah, j'oublais, au début il a du mentir : "Je suis un ami de tes parents" pour avoir ma confiance. Ce qui était faux puisque lorsque j'en ai touché un mot aux parents le midi venu, ma mère tombait des nues.
Voyez, l'histoire s'est répétée.
A l'école, ici, ça poussait très très fort pour tenter de me faire passer pour un menteur.
Dans le cadre du RSA : l'histoire s'est répétée, d'une autre façon. Me faisant passer pour un chtarb', vous avez bien compris.
Un chtarb qui a une excellente mémoire et capable de restituer les situations vécues avec la précision d'un scénariste... faisant part entre ce qui relève du factuel et ce qui relève de l'interprétation. Pour un soi-disant "dingue", vous admettrez que c'est quand même très atypique.