Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Du confinement à la carotte...

La communauté des travailleurs sociaux se retrouvent sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 14 août 2026 20:01

Image

Je vous le dis, bientôt on va se retrouver tous "connectés" avec un plug dans le Uc ! :lol:

Oupss, toutes mes confuses !

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 14 août 2026 23:31

Bonsoir,

Je ne suis jamais tombé sur quelqu'un de semblable à ce que je suis, si on parle "gaucher / droitier". Je te raconte.

De base, je suis gaucher. Mais... je suis aussi droitier. Ambidextre, me dirais-tu ? Non. Car ce que je fais NATURELLEMENT de la main gauche, je ne peux pas le faire main droite (où alors avec difficulté/apprentissage nécessaire). Ce que je fais NATURELLEMENT main droite, je ne le fais pas main gauche. Et si vous voulez, bon, je me doute bien évidemment ne pas être le seul dans ce cas de figure. BIEN SÛR ! Mais exactement dans mon cas, je n'ai croisé personne comme moi depuis ma plus jeune enfance. Je présume donc qu'il s'agit d'un cas "rare" (d'aucuns diraient : oiseau rare !).

Je détaille. Main gauche, c'est écriture/dessin. Main droite, c'est tout ce qui a rapport à l'utilisation d'outils/raquette/arme > oeil directeur droit.

Cela m'a valu des situations parfois compliquées, non pas de mon fait, mais de l'environnement social qui déjà, dès mon enfance, stigmatisait "les gauchers". Bien sûr, dès l'apprentissage de l'écriture, la "maîtresse" m'obligeait à tenir le crayon main droite. Ce qui m'a valu un retard scolaire, un "retard totalement fabriqué" et non un réel retard (tu captes la nuance ?), un retard "imposé". Forcément, puisque ce n'était pas naturel pour moi, mon cerveau devait "travailler bien plus que les autres", je fournissais bien plus d'efforts pour arriver au même résultat, non : un résultat pitoyable au prix d'être bien plus lent que les autres. Ce "retard" était un retard qui était fruit d'un conditionnement social. Ce retard, formellement, sur le plan intellectuel : n'existait pas. Ce retard était prétexte à punir, à "envoyer au coin". Et savez vous que le "bonnet d'âne" était (encore) utilisé ? (Non non, je ne suis pas si vieux !!! :lol: ).

Ma mère s'est opposée, à l'époque. Car je me forçais à tenir les couverts à la main droite. Et il n'y a pas que ça, mon comportement lui-même changeait. Des études ont démontré que forcer un enfant à ne pas écrire de son côté naturel pouvait lui provoquer des troubles du comportements et des troubles du langage et de la parole. Ces troubles peuvent apparaitre "tardivement", alors que l'apprentissage du langage ne posait pas de difficulté. Enfin, le "hic" est que dès que j'ai pu être autorisé à l'école à faire usage de mon côté naturel pour écrire : main gauche... je vous avoue que tout immature que j'étais, je me la pétais un peu quand je traçais littéralement au point de finir bien avant les autres, qui eux... me détestaient, du coup. Pour eux, je trichais !! :lol: Alors fallait trouver des excuses : "nan mais tu fais des pâtés" ! Oui, c'est vrai, j'écrivais comme tous les garçons, c'est à dire "comme un cochon" ! Pendant que les filles dès toutes jeunes entouraient leurs lettres de petits coeurs et tout plein de zigouigouis qui ne servent à rien d'autre que de faire de jolies couleurs ! :lol:

Mais voilà. Par exemple, une guitare ? J'en joue côté droitier. C'est pour moi totalement naturel.
Une perceuse ? Main droite. Du ping pong, tennis ? Main droite. Tir à l'arc ? Droite. Lancer de fléchette ? Arme à feu ? (j'ai fait l'armée), droitier.

Et de préciser que non, il ne s'agit pas de conséquence d'un apprentissage scolaire qui "forçait" à être droitier. Je parle bel et bien que pour moi, c'est totalement naturel. Mais dans le cas de l'écriture et dessin, ce qui est naturel pour moi, c'est main gauche.

On appelle ça "une latéralité croisée" mixte, ou stricte. Dans mon cas, c'est stricte. 2% environ de la population mondiale.
Ce n'est pas de l'ambidextrie puisque c'est asymétrique "dans mon cas". "Mais dans ces cas hétérogènes, la majorité sont des droitiers qui ont juste l'œil gauche directeur. Votre configuration (Écriture à gauche, force/visée à droite) est la plus rare des latéralités croisées, touchant à peine 2 à 5 % de la population."

Du coup, je comprends mieux pourquoi, à ma connaissance, je n'ai croisé "personne" exactement dans mon cas. Et quand je dis personne, c'est nada, zéro, pinuts, que dalle, nobody ! Et si je n'avais que ça de "rare", ça ne serait pas drôle :lol: mais toi ? Car je suis certain que tout à chacun, en soi, nous possédons tous ce qui fait notre singularité et donc, notre rareté.

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 20 août 2026 19:36

Bonjour, je vous colle ça, c'est cadeau. Sur la mémoire et l'apprentissage.

//

C'est tout à fait exact ! C'est même l'un des principes les plus solides et les plus validés en psychologie cognitive.
Dans le jargon scientifique, on oppose la pratique distribuée (apprendre en plusieurs sessions courtes et espacées) à la pratique massée (le fameux "bachotage" ou cramming, où l'on étudie des heures d'affilée).
La science est formelle : la pratique distribuée est immensément supérieure pour la mémorisation à long terme. Voici pourquoi votre cerveau préfère les sessions courtes, en 4 points clés :
1. L'Effet d'Espacement (Spacing Effect)
Découvert à la fin du 19ème siècle par le psychologue Hermann Ebbinghaus, l'effet d'espacement montre que nous retenons beaucoup mieux l'information lorsque les séances d'apprentissage sont séparées par des intervalles de temps.

Pourquoi ? Quand vous apprenez quelque chose, vous l'oubliez naturellement un peu avec le temps (la fameuse "courbe de l'oubli"). Si vous révisez juste au moment où vous commencez à oublier, votre cerveau doit faire un effort de récupération. C'est cet effort cognitif qui renforce massivement les connexions neuronales (les synapses).
Si vous apprenez pendant 5 heures d'affilée, l'information reste "fraîche" dans votre esprit. Vous ne forcez jamais votre cerveau à faire cet effort de récupération, et la trace mémorielle reste faible.

2. Le besoin de "Consolidation" (Le rôle des pauses et du sommeil)
L'apprentissage ne se produit pas pendant que vous lisez votre cours, mais après, lorsque vous faites autre chose.

Entre deux sessions courtes, et particulièrement pendant le sommeil, votre cerveau "rejoue" les schémas neuronaux que vous venez d'activer.
C'est durant ces pauses qu'il fait le tri : il transfère les informations de la mémoire à court terme (vos fameuses 4 cases de la mémoire de travail dont nous parlions plus tôt) vers la mémoire à long terme (stockée dans le néocortex). Une session de 5 heures sature les zones de stockage temporaire sans laisser le temps au cerveau de consolider et "sauvegarder" les fichiers.

3. La chute de l'attention et la charge cognitive
Notre capacité à maintenir une attention soutenue et focalisée n'est pas infinie. En général, l'attention optimale d'un adulte commence à décliner après 25 à 45 minutes.

Lors d'une longue session, la fatigue cognitive s'installe. Vous commencez à relire la même phrase trois fois sans la comprendre.
En faisant des sessions courtes entrecoupées de vraies pauses (où vous vous levez, marchez, regardez par la fenêtre), vous permettez à votre système attentionnel de se "réinitialiser" et de retrouver son efficacité maximale pour la session suivante.

4. L'évitement de l'illusion de compétence
Quand vous étudiez un texte pendant 4 heures sans vous arrêter, vous développez une "illusion de compétence". À force de voir les mêmes mots sous vos yeux, votre cerveau se dit : "Je connais ça, c'est fluide". Mais cette fluidité est trompeuse : vous reconnaissez l'information, vous ne la connaissez pas par cœur. Le jour de l'examen, sans le texte sous les yeux, c'est le trou noir. Les sessions courtes vous obligent à fermer le livre et à vous tester, ce qui révèle vos vraies lacunes.
Comment appliquer cela concrètement ?
Pour optimiser votre cerveau, vous pouvez utiliser ces deux méthodes très populaires qui reposent sur ces principes neuroscientifiques :

La Technique Pomodoro : Elle consiste à travailler en cycles courts, par exemple 25 minutes de concentration absolue (sans aucune distraction, téléphone coupé), suivies de 5 minutes de pause totale. Après quatre cycles, vous prenez une pause plus longue (15-30 min). C'est parfait pour maintenir une mémoire de travail fraîche.
La Répétition Espacée (Spaced Repetition) : Au lieu de réviser un chapitre 4 heures le lundi, vous allez le réviser 30 minutes le lundi, 15 minutes le mercredi, 10 minutes le samedi, puis une fois le mois suivant. Des logiciels comme Anki utilisent des algorithmes pour vous faire réviser les cartes mémoires exactement au moment où votre cerveau s'apprête à les oublier.

La petite nuance : Les sessions courtes sont imbattables pour mémoriser et comprendre des concepts complexes. En revanche, pour des tâches purement créatives, de résolution de problèmes très complexes, ou de rédaction, il faut parfois un peu plus de temps pour atteindre l'état de "Flow" (l'immersion totale). Mais même dans ce cas, une pause cognitive toutes les 90 minutes reste hautement recommandée !

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 20 août 2026 20:00

... mais attention, il y a d'autres petites choses à savoir. Je vous colle la partie 2 à ne pas négliger.

//

Vous avez mis le doigt sur une nuance absolument cruciale et sur ce qui ressemble à un paradoxe ! Vous avez tout à fait raison : pour certaines tâches, le cerveau a besoin d'une **"phase de chauffe cognitive"** qui dure entre 15 et 30 minutes.

Comment concilier cela avec le fait que les sessions courtes sont meilleures ? La réponse réside dans la **nature de la tâche** que vous effectuez. En psychologie cognitive, on distingue le travail superficiel (*shallow work*) du travail en profondeur (*deep work*).

Voici ce qui se passe dans votre cerveau pendant ces fameuses "30 minutes de chauffe" et pourquoi elles changent la donne :

### 1. Le "chargement du contexte" et le Résidu d'Attention
Quand vous commencez une tâche complexe (écrire un rapport, coder, analyser un problème philosophique), votre cerveau doit charger une énorme quantité de paramètres dans votre mémoire de travail : le vocabulaire spécifique, les règles, l'objectif global, ce que vous avez fait la veille... C'est exactement comme lancer un logiciel lourd sur un ordinateur : le temps de chargement prend quelques minutes.

De plus, la professeure Sophie Leroy a théorisé le concept de **"résidu d'attention"**. Quand vous passez de la tâche A (ex: répondre à des emails) à la tâche B (ex: écrire un article), une partie de votre cerveau reste "coincée" sur la tâche A. Il faut environ 20 à 30 minutes pour que ce résidu se dissipe et que 100 % de vos ressources cognitives soient allouées à la tâche B.

### 2. La porte d'entrée vers l'état de "Flow"
Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a popularisé l'état de **Flow** : ce moment de grâce où l'on est totalement absorbé par une tâche, où la notion du temps disparaît et où la productivité explose.
Cependant, on n'entre pas dans le *Flow* en une seconde. C'est un peu comme un avion qui doit accélérer sur la piste avant de décoller. Les 15 à 30 premières minutes sont souvent inconfortables, pleines de frictions et de distractions internes. C'est seulement après avoir franchi ce cap que le cerveau se "verrouille" dans la concentration absolue.

### 3. Le paradoxe des sessions courtes (ex: la méthode Pomodoro)
C'est ici que le bât blesse si on applique mal les sessions courtes. La fameuse méthode Pomodoro (25 minutes de travail / 5 minutes de pause) est **excellente pour les tâches simples** (répondre à des messages, ranger, faire des exercices de maths répétitifs).

Mais si vous faites un travail complexe qui nécessite 30 minutes de "chauffe" pour entrer dans le *Flow*, faire sonner un minuteur au bout de 25 minutes est **catastrophique** ! Vous vous interrompez pile au moment où votre cerveau atteignait sa vitesse de croisière maximale. À chaque reprise, vous devez recommencer la phase de chauffe de zéro.

### 4. La règle des 90 minutes (Les rythmes ultradiens)
Pour le travail en profondeur et l'apprentissage de concepts très complexes, la science recommande plutôt de suivre nos **rythmes ultradiens**.
Le chercheur Nathaniel Kleitman (le père de la recherche moderne sur le sommeil) a découvert que, même éveillés, nos cerveaux fonctionnent par cycles de **90 à 120 minutes**.
* Pendant 90 minutes, le cerveau peut maintenir une haute fréquence d'ondes cérébrales et une concentration intense.
* Au bout de 90 minutes environ, il a épuisé ses ressources (notamment le glucose et les neurotransmetteurs) et bascule dans une phase de 20 minutes de basses fréquences. C'est le moment où vous commencez à rêvasser, à avoir faim ou à vouloir checker votre téléphone.

---

### En résumé : Comment choisir la bonne durée ?

Pour optimiser votre cerveau, il faut adapter la durée de la session à votre objectif :

1. **Les sessions courtes (20 à 30 min)**
* **Pour quoi ?** La mémorisation pure (cartes mémoire Anki, vocabulaire), les tâches administratives, ranger, répondre aux emails, ou quand vous êtes très fatigué et manquez de volonté.
* **Pourquoi ?** Ces tâches ne nécessitent pas de "chargement de contexte" lourd ni d'entrer dans le *Flow*. L'effet d'espacement (réviser un peu, souvent) est ici roi.

2. **Les sessions longues (90 à 120 min, suivies de 20-30 min de VRAIE pause)**
* **Pour quoi ?** La rédaction, la résolution de problèmes complexes, l'apprentissage profond de concepts abstraits, la programmation, ou toute tâche créative.
* **Pourquoi ?** Vous laissez à votre cerveau les 30 minutes de "chauffe" nécessaires pour charger le contexte, éliminer le résidu d'attention, et surfer sur la vague du *Flow* pendant l'heure qui suit.

Vous aviez donc une excellente intuition : le cerveau n'a pas qu'un seul mode de fonctionnement. Il faut lui donner le temps de "chauffer" pour les gros moteurs, mais le faire sprinter par petits intervalles pour l'endurance !

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 20 août 2026 20:12

... et je vous livre la 3ème partie, probablement la plus importante.

//

Excellente double question ! Et le contraste entre les deux est fascinant : la première idée est l'un des neuromythes les plus tenaces de l'éducation, tandis que la seconde est un levier d'apprentissage solidement validé par la science. Décortiquons tout cela.
1. Les "styles d'apprentissage" (visuel, auditif, kinesthésique) : une idée reçue
L'idée que chacun aurait un "canal dominant" et qu'on apprendrait mieux quand l'enseignement correspond à ce canal est ce qu'on appelle un neuromythe. Voici ce que dit la science :

Le consensus scientifique : La revue majeure de Pashler, McDaniel, Rohrer et Bjork (2008), suivie de nombreuses méta-analyses, a conclu qu'il n'existe aucune preuve solide que adapter l'enseignement au style préféré d'une personne améliore ses résultats. Les gens ont bien des préférences (j'aime les schémas, j'aime écouter...), mais ces préférences ne prédisent pas une meilleure mémorisation quand on les satisfait.
Pourquoi le mythe persiste ? Parce qu'il est intuitif, flatteur (il donne une "identité" d'apprenant) et qu'il fait vendre des tests et des formations. Mais c'est une confusion entre préférence et efficacité.

Ce qui est vrai, en revanche (et c'est là que ça devient intéressant) :

C'est la nature du contenu qui impose le canal, pas la nature de la personne. Pour apprendre la géographie, une carte bat toujours un discours ; pour la musique, l'écoute bat toujours un texte. Et ce, pour tout le monde.
Le double codage (théorie de Paivio) : tout le monde apprend mieux quand l'information est encodée sous plusieurs formes à la fois (mot + image + geste). Ce n'est donc pas "tu es visuel, donc utilise le visuel", mais "utilise visuel + auditif + moteur, quel que soit ton profil".

2. Associer l'intellect au mouvement : totalement scientifique
Votre exemple de la pièce de théâtre est parfait, et il est d'ailleurs étudié par les chercheurs (notamment les époux Noice, qui ont étudié la mémoire des acteurs). Voici les mécanismes en jeu :

L'effet d'énaction (enactment effect) : les expériences montrent depuis des décennies qu'une information verbale accompagnée d'un geste ou d'une action réalisée soi-même est beaucoup mieux retenue que la même information simplement lue ou écoutée. Le geste crée une trace motrice supplémentaire qui sert d'ancre.
La cognition incarnée (embodied cognition) : la cognition n'est pas confinée au crâne ; le corps y participe. Les travaux de Manuela Macedonia (IRM) ont montré que des mots de vocabulaire appris en les associant à des gestes activent les aires motrices du cerveau lors du rappel, et sont retenus significativement plus longtemps. Le cerveau garde une mémoire "multi-traces".
La mémoire procédurale ("mémoire musculaire") : elle ne siège pas dans les muscles mais dans le cervelet, les ganglions de la base et le cortex moteur. C'est elle qui fait qu'on n'oublie jamais le vélo. En liant un texte à des mouvements répétés (le "blocking" d'une mise en scène), on transfère une partie de la charge mémorielle vers ce système extrêmement robuste et quasi automatique.
Les indices spatiaux et contextuels (spécificité de l'encodage) : la position sur scène, le déplacement vers tel praticable, deviennent des indices de récupération. C'est pour cela qu'un acteur qui a un "trou" retrouve souvent sa réplique simplement en se replaçant physiquement au bon endroit. La mémoire spatiale (hippocampe) est l'une des plus puissantes dont nous disposons — c'est le principe des "palais mentaux" des champions de mémorisation.
Bonus neurochimique : le mouvement physique libère du BDNF, une protéine qui favorise la plasticité synaptique et la consolidation. Réciter en marchant, c'est littéralement fertiliser ses neurones pendant l'encodage.

La synthèse : pourquoi l'acteur connaît son texte "par le corps"
Quand un acteur apprend sa pièce, il ne fait pas que lire un texte (encodage sémantique unique). Il encode simultanément :

le texte (mémoire sémantique),
sa voix (auditif),
ses gestes et déplacements (procédural/moteur),
la scène et les positions (spatial/hippocampe),
et souvent l'émotion du personnage (mémoire émotionnelle, amygdale).

Le résultat est une mémoire "multi-canaux" redondante : même si un canal lâche (stress, trou de mémoire), les autres prennent le relais. C'est exactement l'inverse du neuromythe : ce n'est pas "chacun son canal", c'est "tous les canaux à la fois, pour tout le monde".
Conseil pratique : pour apprendre un cours ou un discours, ne restez pas assis à relire. Marchez en récitant à voix haute, dessinez-le, mimez les concepts, associez des gestes aux idées clés. Vous reproduirez, à votre échelle, ce que fait l'acteur sur scène — et votre mémoire vous le rendra au centuple.

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 22 août 2026 00:06

Pour faire suite, toujours dans le contexte d'apprentissage et mémorisation, j'ai poursuivi mon dialogue avec une IA pour me renvoyer sur des outils existants. Je connais le principe déjà des QCM à tiroirs pour les avoir déjà expérimentés. Mais du coup, je vais tester des outils en ligne ou des applis.

//

Oui, absolument ! Ce que vous décrivez avec vos "tiroirs" porte même un nom : c'est le système de Leitner, inventé dans les années 1970 par le journaliste scientifique allemand Sebastian Leitner
espaceup.univ-lemans.fr
. Bonne nouvelle : ce principe est aujourd'hui entièrement automatisé par des applications, et il en existe d'excellentes, souvent gratuites.
1. Les héritiers numériques de vos "tiroirs" (répétition espacée)
Ces applications calculent pour vous à quel moment faire revenir chaque carte : bonne réponse = intervalle qui s'allonge (1 jour, 3 jours, 7 jours, 1 mois...) ; mauvaise réponse = la carte revient immédiatement ou le lendemain.

Anki — La référence absolue, gratuite et open source. C'est l'outil le plus puissant pour la mémorisation sérieuse à long terme
www.deckbase.co
. Son algorithme fait exactement le tri que vous décrivez, et des milliers de paquets de cartes partagés existent déjà (langues, médecine, droit, anatomie...). Disponible sur ordinateur et smartphone.
Quizlet — Plus simple, plus ludique, idéal pour démarrer rapidement ou réviser à plusieurs
trycramd.com
. Son mode "Apprendre" adapte la fréquence des questions à vos erreurs.
Leitner Box Flashcards — Une application qui reproduit littéralement le système des boîtes/tiroirs de Leitner à l'écran, pour les puristes de la méthode
apps.apple.com
.
Brainscape — Original : c'est vous qui notez votre niveau de confiance (1 à 5) après chaque réponse, et l'appli ajuste la fréquence de retour des cartes.
RemNote, Mochi ou Obsidian (avec extension) — Pour ceux qui prennent des notes : vos notes se transforment automatiquement en cartes de révision
chapterly.ai
.
La nouvelle vague IA — Des outils récents génèrent automatiquement des cartes à partir de vos cours, PDF ou notes, puis programment les révisions selon vos difficultés
tikonote.app
.

2. Les autres outils, basés sur d'autres principes cognitifs

Pour les sessions courtes et la concentration (Pomodoro) : Forest (vous plantez un arbre virtuel qui meurt si vous quittez l'appli), Focus To-Do ou Pomofocus.io. Parfait pour respecter les 25-45 minutes d'attention optimale dont nous avons parlé.
Pour le double codage visuel : les cartes mentales (XMind, MindMeister, Obsidian Canvas) pour transformer un cours linéaire en schéma visuel — le cerveau retient beaucoup mieux l'information spatialisée.
Pour la technique de Feynman (expliquer pour comprendre) : les tuteurs IA conversationnels (comme Khanmigo de Khan Academy ou Q-Chat de Quizlet) qui vous questionnent de manière socratique et vous forcent à reformuler
www.mintdeck.app
.
Pour les langues : Duolingo, Memrise ou Mosalingua (appli française) qui intègrent la répétition espacée dans des parcours ludiques.

3. Le point crucial : la méthode compte plus que l'application
Quelle que soit l'appli choisie, trois règles font toute la différence :

Le rappel actif : l'outil doit vous forcer à produire la réponse de mémoire avant de la voir (pas juste la reconnaître passivement en relisant). C'est l'effort de récupération qui grave la mémoire.
L'honnêteté : si vous vous notez "réussi" alors que vous hésitiez, l'algorithme espacera la carte trop longtemps et vous l'oublierez. Le système n'est bon que si vos auto-évaluations le sont.
Des cartes simples : une seule information par carte. Une carte complexe = mauvaise réponse fréquente = frustration.

En résumé : si vous ne devez en installer qu'une, prenez Anki pour des révisions sérieuses et durables (c'est l'outil de prédilection des étudiants en médecine du monde entier), ou Quizlet pour une prise en main immédiate. Ajoutez un minuteur Pomodoro à côté, et vous aurez un système d'apprentissage complet, 100 % aligné avec ce que la science cognitive valide !

//

Sachant que l'on apprend mieux une chose qu'en "faisant" directement. Donc il faut réaliser des projets concrets modestes qui permettent d'apprendre. Je dirais même : qui permettent "d'échouer" car il faut en passer par là. Cependant, selon ce qu'on fait, il y a parfois besoin de mémoriser des choses, ces outils sont une aide précieuse, notamment en vue d'examens ou assimilés, mais aussi pour tout simplement se former en continue dans tel ou tel autre domaine.

L'IA est une aide pour la plupart, je l'utilise aussi, mais elle ne peut se substituer au devoir de contrôle et de maîtrise sur le plan humain. La dimension humaine ne peut pas être substituable, même si "tout" vous matraque le contraire. Donc ne lâchez rien, et entraînez vous. A tout âge, tout reste toujours possible.

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 23 août 2026 22:17

Le Frémois (bailleur) ne me veut plus dans le T1 que j'occupe. Je note que j'ai toujours payé loyer et charges (prélevé automatiquement).

Tu connais la loi de Murphy ? Après la perte du RSA, je suis sur le point de perdre mon appartement, le 16m² que j'occupe.
Et dans ces cas là, bien évidemment tu as l'impression d'être un paria, l'on te traite comme "quelqu'un de mauvais", voire de nuisible. Le tort que je créé ? Je ne vois pas. Le mal que je commets ? Non plus. Par contre je m'en prends plein la gueule... Non si tu veux je ne m'en plains pas, attends que vas tu imaginer là ? Non, bien sûr, je vais souffrir en silence, EVIDEMMENT ! Allons ! Comme tous pauvres sensés se laisser piétiner la tronche pour au bout du compte venir quémander un peu d'humanité.

Puis la main tendue me dira "comment ? t'aider pour TES projets ? Tu rêves mon pauvre..." et là on me proposera des choses dignes de "travaux d'intérêts généraux", ça sera ça ou rien.

Bon, je n'en suis pas là, j'en suis au point où le bailleur de logements sociaux veut juste me foutre dehors pour libérer ce qui ne lui rapport plus assez, c'est qu'il voudrait bien ré-ajuster le loyer à la hausse, ce qu'il ne peut se permettre tant que j'occupe le logement. Donc faut trouver prétexte à me lourder... évidemment, je ne compte pas me laisser faire et resterai autant que possible dans les clous.

Là dessous il y a une histoire. Mais j'ai envie de dire "to be continued" parce que je n'ai pas le moral de poursuivre tout de suite maintenant.

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 24 août 2026 00:47

J'ai pu avoir ce logement en 2007, à la sortie du "foyer" (je n'ai rien inventé dans la bd). En effet, je vivais une romance (durant la période où j'étais dans ce foyer de post-cure) et tout s'est très bien passé, mis à part que je m'étais donné le droit de vivre mon histoire comme je l'entendais, et deux ou trois "couacs" (mineures) ont "écourté" le contrat avec le foyer. Ce qui était une bonne chose pour moi en vérité puisque ça m'a permis d'accélérer les choses, ce foyer n'était clairement pas pour moi et je subissais plus ma situation qu'autre chose, suite à une "HP abusive" (ce qui ne serait plus possible aujourd'hui, depuis la loi de 2011 qui ne permet plus de faire HP une personne sans passer automatiquement par le juge de la détention et des libertés, qui dans mon cas n'aurait jamais autorisé ce qu'ils ont commis à mon encontre). Je rappelle à ce titre que la HDT n'était de toute façon pas passée, je fus administrativement parlant enregistré en HL HO SPI TA LI SA TION LI BRE !

Je sais que j'ai l'air de passer pour peut être un dingue en écrivant ici, mais je le dis c'est à titre de témoignage. Rien de plus.

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 25 août 2026 02:59

Bonjour,

Cette période très anxiogène. Dans les moments de stress intense, l'échappatoire c'est la création. Mais pas toujours de façon consciente, ça peut "s'imposer à moi"... comme hier.

Un flash, quelques shémas, un outil mathématiques et géométrique "que j'imagine", sans savoir à quoi ça pourrait bien servir. Tout au moins, le pressentiment que c'est quelque chose qui peut aider à comprendre d'autres choses, voire : qui peut-être utile. Donc "un outil".

Et si vous voulez, ce type de recherche, créer des outils dont tu ne connais pas encore les véritables fonctions et tu ne sais pas si ça peut servir à quelque chose... Bon. Et depuis hier, je cherche à quoi ça pourrait bien servir et évidemment, c'est dans le domaine informatique.

Que l'on s'entende bien : j'ai probablement juste "imaginé" sous une forme ce qui existe probablement déjà sous d'autres formes, et donc, en soi, je n'ai probablement rien créé du tout. Je réalise donc des tests pour savoir si c'est pertinent. Je n'ai pas encore de réponse.

Mais je colle un Gif, vous allez voir, c'est rigolo ! C'est un petit système qui doit "deviner" une suite binaire et résoudre la porte XOR.
On lui montre des 0 et des 1, et il doit deviner le prochain. Il se trompe, il ajuste ses paramètres, il recommence. Et quand il reste bloqué trop longtemps sans y arriver, il se "relance" tout seul en repartant de zéro avec de nouveaux réglages, jusqu’à tomber sur la bonne configuration.

C’est exactement le même principe pour la porte XOR : le système reçoit deux entrées binaires (00, 01, 10, 11) et doit sortir le bon résultat (0, 1, 1, 0). Il tâtonne, se corrige, et finit par y arriver. C’est un peu comme s’il apprenait par essai-erreur, sans qu’on lui dise la règle.

Le GIF montre ça en action : on voit le système échouer, se réinitialiser, puis réussir d’un coup. C’est assez amusant à regarder, et ça donne une idée du fonctionnement de manière très visuelle.

Image

Evidemment, c'est un proof of concept, donc ce test avec feedback visuel met quelques secondes à résoudre ce qui ne prendrait que quelques millisecondes sous une forme optimisée. Ici : il intègre des redémarrages aléatoires, une lecture douce (interpolation gaussienne), et une descente de gradient par différences finies. C’est volontairement "lent" pour montrer l’apprentissage en direct.

Ca ne vaut peut être rien, mais pourtant je considère cette recherche personnelle comme étant la plus importante depuis ces 3 dernières années. Seulement, ça va aller dans un placard (pas de suite, je vais accorder quelques jours, peut être 2 semaines maximum), parce que je ne peux pas m'en contenter vu ma situation actuelle.

Mais je veux dire, c'est ma façon de "voyager". Je ne connais pas l'ennui...

Po3m
Messages : 849
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 25 août 2026 23:30

Bonsoir, pour qui ont suivi, je faisais quelques test sur un vers. Je suis revenu dessus mais avec une greffe de ce qui se rapporte à ce nouveau système présenté dans le message précédent.

J'ai fait un test de décryptage, une "machine de turing" pour trouver la clé d'un message codé par Enigma, la machine que les Allemands utilisaient durant la seconde guerre. Par "force brute", évidemment. Ca marche mais je n'y vois rien de novateur en fait. A part que cet outil simplifie les choses pour ma propre compréhension. Voilà, c'est ça, ça m'aide à mieux appréhender des concepts complexes car je ne suis pas matheux.

Alors, du coup, je tente de produire un réseau de neurones basé sur cette nouvelle approche, et ça donne ce vers :

Image

Qui n'arrive à rien, malgré les apparences. Ca fait une petite créature qui se débat comme elle peut.
Ca fait presque flipper ceci dit. Je crois que les uns trouveraient ça marrant pendant que d'autres ressentiraient des frissons...
Perso je suis surtout arachnophobe (toute proportion gardée, évidemment)...

Une araignée ? Ah ! Ce serait un peu plus compliqué !

Répondre