Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Du confinement à la carotte...

La communauté des travailleurs sociaux se retrouvent sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 26 août 2026 17:29

Bonjour,

L’expérience des spirales est un test classique pour évaluer un réseau de neurones.

On génère deux spirales entrelacées, l’une bleue, l’autre rouge. Chaque point est un exemple, avec ses coordonnées et sa couleur. Le réseau doit apprendre à tracer une frontière qui sépare correctement les deux spirales, point par point.

C’est un problème difficile parce que les spirales ne sont pas linéaires : on ne peut pas les séparer avec une simple ligne droite. Un bon réseau doit capturer une structure complexe, avec des courbes, des enroulements, des zones imbriquées.

L’intérêt de ce test est de voir si le réseau est capable d’apprendre une séparation non linéaire à partir d’exemples, et si sa frontière de décision s’adapte finement à la forme des données. C’est un excellent révélateur de la capacité d’un modèle à généraliser sur une tâche visuelle simple mais exigeante.

Et ces petites recherches depuis ces 2 derniers jours me mènent à vouloir réaliser le test avec un nouveau paradigme en terme de réseau de neurones, ce qui découle directement de "ce qui s'est imposé à moi" il y a 2 jours (j'ai eu "une vision"). Que je relative tant ça ne veut pour le moment rien dire d'évident. Mais, ça me mène à imaginer un nouveau type de "neurones" un peu plus coûteuses que les neurones formelles d'un point de vue "coût machine", mais ayant davantage de dimensions et en soi, plus adaptatives. Théoriquement, on pourrait utiliser 4 fois moins de neurones pour une même tâche donnée, pour un résultat non pas égal : mais supérieur. J'ai bien dit : théoriquement.

Dans l'attente, j'ai réalisé cette expérience de classer des points disposés en spirale, c'est un bon point de départ pour améliorer son réseau.

- A gauche, le "réseau de neurones formelles", classique et très stable dans sa nature. Il est bon forcément puisqu'il est taillé pour réussir facilement ce type d'expérience, et très stable. Très "mécanique" pourrais-je dire de façon péjorative.

- A droite, mon réseau de neurones, au lieu d'utiliser 8 neurones dans la couche cachée ou discrète, ça en utilise 4 (théoriquement je pourrais en utiliser 2 mais ça demandera encore un peu de travail). Volontairement, je soumets une session particulière en ce sens qu'on voit qu'il galère un peu en apparence (il est bien plus rapide sur la plupart des sessions). Je pense aussi que ce qui perturbait l'expérience est le fait que ça usait de la ressource sur mon pc-portable qui enregistrait en live ce qui se passait pour faire le gif animé, donc "le coût machine" pompé par l'enregistrement vidéo a ruiné "un peu" l'expérience. Mais ce n'est pas une excuse, il est évident qu'il reste encore de notables améliorations à faire.

Vous remarquerez que mon réseau produit un résultat plus instable dans sa recherche, presque "vivant", moins mécanique, c'est très bon signe au contraire... c'est exactement ce que je veux, même s'il semble un peu plus en galère, le réseau s'adapte et finit par réussir. Sa nature le dote d'une grande plasticité.

Image

Je vais être clair, quand on a des idées comme ça, et qu'on commence à tester la chose, il faut se méfier, rester sur la réserve. En l'état, un scientifique appellerait ça "un jouet". Ce qui ne veut pas dire "inintéressant", mais non éprouvé et non mesuré, c'est inexploitable. Donc ça doit passer une batterie de tests et de protocoles pour progressivement passer du statut de "jouet" > à "outil industriel". Et vous vous en doutez, cela dépasse de loin mes propres compétences. Pour parvenir à "élever" ces idées et ce type de recherche vers des applications concrètes, il est impossible de rester isolé.

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 31 août 2026 21:01

Voici les conditions dans lesquels je fus reçu pour signer un contrat nul et non avenu, fin 2024 dans le cadre CER.

Image

Si je recolle cette image ici, c'est parce que, en plus de représenter une situation authentique, symbolise (je trouve) par l'image : la fracture sociale manifeste et toute l'incompréhension, malentendu, pour ne dire mépris entretenu à l'encontre d'une minorité. Etre en situation précaire et avoir été administrativement abandonné ne justifie pas de telles méthodes, à savoir jouer la carte de l'insécurité, pousser vers la case santé. On appelle ça, "psychiatriser la pauvreté". Ca ne ressort pas ou difficilement dans les stats car ces pratiques sont entretenues au sujet non pas du médian (les stats less plus visibles) mais de la marge statistique. Malheureusement, les professionnels du social qui agissent ainsi croient le faire pour de bonnes raisons, et la plupart du temps ne sont soumis à aucun code déontologique (ne sont pas assistants sociaux).

La suite logique, c'est la rupture de contrat et la perte du RSA. Ce qui m'est arrivé.

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 31 août 2026 21:36

Image

Alors j'ai fait une version là plus réaliste, merci l'IA générative. Je ne me permettrait bien sûr pas de représenter une professionnelle réelle, ne serait ce que par respect du droit à l'image. Néanmoins, moi, c'est vraiment ma tête. Je suis comme ça. Effrayant, n'est ce pas ? C'est que j'en ai mangé des personnes dans ma vie :lol: pardon, c'est nerveux.

Je précise que le dessin, lui, est au plus proche de la réalité en terme de distance dans le cours de cet entretien.

Le côté "photo", c'est peut être pour me réapproprier quelque chose. C'est qu'être méprisé à ce point, en soi, c'est violent. Il faut malheureusement le subir et être victime de ce type de dysfonctionnement administratif pour le comprendre, il faut subir la situation pour connaître ce type de mépris, ce que je ne souhaite à personne.

Alors, ce n'est pas dans ce cadre - ici illustré - que l'on m'a dit de visu et de vive voix : "Votre tête ne passe pas", et "Je n'aime pas votre domaine", ce à quoi vous pensez bien, je m'en contrecarre complet et n'ai pas manqué de le faire savoir, des gens qui rabaissent les autres se prennent mon bras d'honneur.

Bon vous allez me dire, il faut passer à autre chose à un moment. C'est vrai. Je m'apprête à remonter en selle. Mais de façon différente et bien plus armé que je ne l'étais jusqu'alors. Je ne compte pas sur le RSA, mais en ce moment, je mange pour moins de 10€ / semaine, et j'en ai marre de faire les poubelles la nuit. Vraiment. De plus, je suis actif, je travaille, je me forme, même si ce n'est pas considéré pour le moment (je ne monnétise rien pour le moment). Je ne suis pas si shtarbee, ni même assisté, encore moins profiteur, j'ai juste un léger manque de confiance en moi, et pour ce manque de confiance, j'estime que l'on m'a fait payer un prix trop lourd...

Edit :

Finalement, avec un peu de travail, on finit par y arriver :

Image

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 31 août 2026 23:32

Image

Cette version enthropomorphique est presque dérangeante, plus que la version dessin. Mais moins dérangeante que la version humaine.
A bien y penser, je pense qu'il faut garder un décalage d'avec le réel. Et même si c'est extrait de faits réels, je ne résume pas ma vie à cela, donc je considère "ne pas raconter ma vie", mais témoigner d'une certaine façon, et "raconter", le faire sous une forme narrative. Me semble t il que je sais raconter une histoire, même si bien entendu je considère ne jamais avoir fini d'apprendre à ce sujet, et ne demande que cela (enfin j'ai étudié la dramaturgie mais à mes heures perdues on va dire). C'est à dire, connaître des expériences nouvelles et les partager.

Je crois aussi que produire du narratif pour "libérer sa parole", la mienne d'abord, c'est contribuer à peut-être encourager d'autres personnes à libérer la leur, de parole. Non pas dans le but de salir les conseils départementaux ou les professionnels du social, car à certains niveaux, même s'il peut y avoir abus de poste et de pouvoir, ce n'est pas un référent qui choisit l'état d'une politique, même s'il contribue à l'appliquer. Mais "raconter", c'est poser face au professionnel : un miroir. C'est inviter à la réflexion collective, mais surtout à l'action. C'est dénoncer les travers et dérives d'une politique dite de la sanction qui génère de la souffrance, mais qui en soit, est violente à subir ("La politique de la casse sociale").

Donc raconter, c'est dire les choses telles qu'elles sont vraiment, même si ça dérange. Lorsqu'un sentiment d'insécurité est entretenu de façon totalement artificielle, juste parce que ça arrange un système : c'est qu'il y a un véritable problème de fond. Et ça, il faut le dire, il faut que ça se sache, il faut le propager. Il faut toucher du monde. Pour que le regard change et pour que les pratiques évoluent dans le bon sens. Pour une société meilleure.

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 01 sept. 2026 00:39

Image

A une certaine époque et époque certaine, Groux c'était ce jeune, cheveux très courts, pas de barbe. Ne demandait pas la mort mais s'en prenait déjà un peu plein la tête sans le chercher pour autant :roll: L'instructeur sur l'avant dernière image est un peu trop énervé :lol: en revanche, à la fin, il s'énerve vraiment, exactement comme l'entretien s'est vraiment terminé.

Non, non, je ne fais pas de fixette sur les entretiens, PAS DU TOUT :lol:

Le côté "roman-photo" je ne suis pas convaincu, c'est limite dérangeant. L'animal créé une proximité, un dessin est plus chaleureux, ici le côté humain et trop réel, cela éloigne émotionnellement et casse l'immersion.

Mais en vrai, c'est ça, le psy de l'afpa me reprochait mes vêtements de campagnard ( :lol: ) j'en rigole aujourd'hui (l'habit ne faisant pas le moine) mais à l'époque j'accusais le coup ! Le gars était enfermé dans des stéréotypes psychorigides hallucinants ! Ce "psy" de l'afpa a dû en faire des dégâts, il a dû en briser de la jeunesse ! Des noms d'oiseaux me viennent mais je m'abstiens, n'en pensant pas moins.

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 01 sept. 2026 01:27

Entre le jeune Groux à l'AFPA, la 20ène, et Groux à la rue durant 1 mois dans l'année de mes 29 ans... tu peux remarquer la queue de cheval, et oui, j'ai dû connaître à peu près tous les styles, tant que ma tignasse me le permettait.

Image

J'étais amaigri, et paradoxalement si aujourd'hui je n'ai plus de revenu du tout, j'ai un toit. A l'époque, j'ai connu cette situation "à la rue" alors que je percevais le RSA.

Mais finalement, le côté réaliste comme ça, pas évident. Tu peux te dire que c'est exagéré, mais pas du tout.
Quand je pourrai, je retournerai à cet endroit précis qui figure sur cette planche, et je prendrai en photo les lieux.
C'est vrai qu'il y a un petit côté "prison" et faire ressortir cela est totalement voulu.
Sur le sol, dur, on ne peut pas dormir, "faire une nuit complète", comme on dit, c'est impossible. la fatigue s'accumule, psychiquement parlant c'est très éprouvant, c'est parfois confondant avec "la maladie mentale", mais la réalité, c'est la situation elle-même. Prenez n'importe qui de sain d'esprit, faite lui traverser ce type d''épreuve, vous m'en direz des nouvelles... Qui paie ?

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 01 sept. 2026 02:16

Image

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 01 sept. 2026 03:17

Après Nora (pseudo, évidemment), j'ai cru ne plus jamais pouvoir tomber amoureux. Je me trompais.
Mais, et même si ça ne regarde que moi, je n'ai jamais voulu entrainer qui que ce soit dans quoi que ce soit. Je n'ai jamais raconté d'histoire, même s'il est vrai, Nora fut ma seule véritable histoire et j'y ai vraiment cru. Elle m'a appris non pas le rêve, mais le réel. Le réel cru, brut, vrai. Mais dans cette histoire, c'est elle qui avait raison : contrairement à moi, elle n'était pas libre. Tout s'est mal terminé avec son ami, 10 ans de relation. Sauf qu'elle n'est pas revenue à moi. Ses sentiments ont volé en éclats. Notre histoire était particulière, c'était pour elle comme pour moi, une bulle, un jardin, un moyen d'évasion. Je me projetais davantage, plus qu'elle. M'en remettre fut en soi une véritable épreuve, vraiment une très dure épreuve. Je n'ai jamais pu vivre quelque chose de si intense, et j'ai compris que je ne devais plus rechercher la même chose, que je ne pourrai plus le revivre. Mais je ne peux plus faire de place "à l'autre". D'autant que ça ne serait ni me rendre service, ni quelque chose de bon. Qu'ai-je à offrir ? Même si je suis proche des mots, ce n'est pas pour commettre de belles paroles. Mais, surtout plus jeune, avant Nora surtout, je ne me sentais pas attirant, je croyais ne pas l'être. Je me vivais comme repoussant, je ne voyais pas ma partie masculine, je ne comprenais pas comment je devais être, je n'avais eu aucun repère en la matière. Pas de regard positif à ce niveau sur moi, il faut dire que j'étais totalement passé à côté de mon adolescence, à la base. Nora fut un électrochoc. Mais un premier amour à 30 ans, ce n'est pas comme un premier amour à 15 ans. Ca ne se vit pas de la même façon... et c'est normal, quand on est adulte. Enfin, normal, pas normal, pardonnez-moi mais en matière de "norme", joker ! Je ne veux pas de "vie normale", ce n'est même plus possible.

Mais dans cette société où c'est la banqueroute généralisée, où les gens n'accèdent plus aussi facilement à la propriété, où l'ascenceur social dit-on ne marche plus autant, où les gens sont moins regardants car plus pauvres, où c'est compliqué à quelque génération soit-on, jeunes, moins jeunes, vieux, dans un bateau qui coule, il faut toujours en désigner quelques-uns, il faut toujours trouver une cause et pour ça on va chercher dans les minorités, chez les plus fragilisés. A croire que la nature humaine est ainsi faite : nous ne sommes que des animaux. Malgré tout, ça met moins la pression de voir que tout le monde trinque, d'une façon ou d'une autre, pendant que tu vois que les plus riches le deviennent de plus en plus, plus vite et plus fort. Je ne crache pas sur les riches, non, je ne crache pas sur ces assistés qui reçoivent des avalanches de subventions et exonérations fiscales, non, du tout, je ne crache pas sur ces gens là qui font une économie, hein... il faut bien investir, je serais le premier content si un investisseur ou plusieurs au sein d'un incubateur de jeunes talents me diraient : "Hey, on croit en toi, tiens voilà un peu de nos pépètes : vas-y ! Accomplis ce que tu veux créer !", tu me crois maso ? Bien évidemment que j'accepterais... que je leur rendrais au centuple par l'investissement humain que j'y mettrais, bourreau de travail que je suis autant intransigeant envers moi-même et d'autant plus exigeant. Dans une histoire, parfois qui semble être désespérée, il faut surprendre toujours par un twist interessant. Car imagine que tout cela me mènerait même à créer de l'emploi ? Bon, ok ok, je rêve quelque peu, là. Mais là, il fait nuit et normalement la nuit, on dort. Donc permets-moi, si tu veux bien, de rêver un peu quand même (c'est l'heure !). Ma vie est taillée pour ça. Non pas, et je le regrette, pour m'investir dans une vie de famille classique, non, toutes ces heures, je peux les donner pour des projets à accomplir. Je suis fais pour ça, ma vie complète en est le sens... une évidence.

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 01 sept. 2026 23:18

La prochaine fois que vous verrez un appareil improbable connecté (récemment, une... BROSSE A DENTS ! Oui oui, une brosse à dents CONNECTEE !)...

Vous penserez à mon affiche parodique (quoique)...

Image

Sincèrement, qui n'y a jamais pensé ? C'est qu'ils vont finir par y arriver, hein ! :lol:

Attendez, c'est concept et réfléchit !
- La chaleur corporelle produit de l'électricité,
- Tout équipé pour bilan de santé complet,
- Communication avec d'autres appareils et GPS,
- Bilan Santé mentale !

Quand j'assistais à des séminaires dans la création d'entreprise (il y a plus de 20 ans, ça date !) "Créez le besoin" qu'ils disaient. Dont acte ! :lol:

Po3m
Messages : 860
Inscription : 01 févr. 2018 00:03

Re: Du confinement à la carotte...

Message non lu par Po3m » 02 sept. 2026 01:20

Anecdote du soir, bonsoir.

C'étaient les premiers temps à la mission locale. Avant l'inscription à l'AFPA.
Pas facile car de gros soucis familiaux. En effet, parents trainés dans la boue, soupçons de maltraitance sur le frangin, je passe les détails, le frère devait partir dans une maison de cure à Chanay, durant 1 an. Ces épreuves m'avaient pesé gros, on va dire, puisque l'année où mon père fut placé en garde à vue (toujours au sujet du frère, suite à signalement de l'hopital américain, pour des faits totalement faux, fabriqués de toutes pièces par un chef de service "qui s'est fait un film"), bon... je ne vous fait pas un dessin, l'année du bac je ne me suis pas déplacé pour les épreuves, c'est pour ça que je n'ai pu l'obtenir. Voilà.

Mais l'année suivante, donc, je ne saurais vous décrire ce que je véhiculais comme humeur, comme "vibe", comme qui dirait, un peu comme si je filais du mauvais coton. Je me souviens, à la mission local, elles étaient deux, une ASS et une référente, elles ne me comprenaient pas au point de m'avoir fait une de ces leçons... le truc inutile, quoi. Enfin. Mais durant cette période, j'étais désemparé. Je savais ce que je voulais faire de ma vie néanmoins, mais je ne savais pas comment le formuler. J'enchainais les bourdes et les actes manqués. Comme si j'avais la tête ailleurs. Elles m'ont orienté vers une psy... ça n'a servi strictement à rien. Dans la mesure où les problèmes étaient de graves problèmes familiaux, c'était pas une jeune psy (très inexpérimentée, à peine plus âgée que moi, je n'ai rien contre les jeunes qui débutent, mais bon voilà...) qui allait m'aider et je ne voyais pas comment.

Ma mère avaient pris l'initiative d'écrire (pour moi, en empruntant mon nom) à un artisan carreleur, dans le cadre d'un CAP carreleur. Quelque chose comme ça. Elle a fait ça sans m'en parler. Le hic, et non des moindres, ma mère est analphabète et dysléxique. Ce n'est pas une honte, aucun problème pour moi que ma mère soit analphabète et aucun problème pour elle non plus, "c'est OK !" comme disent les gens de nos jours. Oui, enfin sauf que quand tu envoies une candidature truffée de fautes et dans un français à peine compréhensible, vous passant les détails, si vous voulez quand j'ai su devant le fait accompli : mon sang n'a fait qu'un tour ! C'est la femme du monsieur qui a téléphoné. A cette époque, les téléphones étaient des... téléphones. Je veux dire, ils ne servaient qu'à téléphoner, ils pouvaient être encore à cadran, bien que le nôtre étaient à boutons, mais c'était encore le gros combiné hein ! Donc, ma mère me passe la femme de l'artisan qui accusait bonne réception de la candidature, mais voilà, de suite elle m'a parlé de la lettre de motivation. Elle ne m'a pas dit franchement que ça ne va pas être possible, mais elle m'a fait savoir que cette lettre, écrite de cette façon, ça n'est pas possible.

A noter que pendant ce temps, je descendais totalement des nues ! Au début, je ne savais même pas de quoi il était question ! Il a fallu que j'improvise totalement, même si rapidement j'ai compris. Et j'ai totalement pris sur moi, évidemment, "comme si" j'étais bien l'auteur de ce courrier, comprenant quel coup ma mère m'a fait dans le dos, sans m'en informer. Ce que je n'aurais jamais permis. Pourtant, je réalisais mes propres démarches et elle a fait ça durant une absence de quelques jours de ma part. Croyant bien faire. la dame m'a appelé, déjà elle n'était pas obligée. Je ne lui ai pas du tout fait savoir que je n'étais pas l'auteur de cette candidature, ça ne servait à rien. Une fois raccroché, le sentiment de honte ressenti était à son comble, entremelé d'une colère. J'ai expliqué a ma mère qu'il ne fallait plus agir ainsi pour moi, que ça me faisait plus de mal que de bien, que nous ne sommes plus à l'école et que les conséquences pouvaient être pour moi très fâcheuses. Elle a compris et n'a plus jamais écrit pour moi.

Moi-même, je bataille avec la langue française. En la matière ce n'est pas que je reviens de loin, c'est que je me considère toujours comme un médiocre. Mais je ne me plains pas, et je travaille à ma façon. J'ai essayé d'apprendre à ma mère l'alphabet, quand j'étais enfant, quand j'étais ado, quand j'étais adulte. En plusieurs périodes de ma vie, j'ai tenté d'apprendre à ma mère cet enchainement de 26 lettres. En vain, finalement. Même la méthode en chanson ne marche pas. J'ai tenté plusieurs méthodes. Pas que cela, j'ai essayé de faire cours de français aussi, à ma mère. A ce titre, bien sûr, elle a progressé, du moins à l'époque. Dans une certaine mesure, ça fonctionnait. Elle écrivait mieux et pouvait rédiger son propre courrier. L'alphabet ? Ce n'est pas si important, au fond. Ma mère est autonome et surtout indépendante. C'est ça qui compte le plus.

Je suis allé à l'école. On m'a dit d'apprendre. A écrire, à compter, à savoir utiliser mon cerveau.
La société m'a démontré que de savoir écrire, compter, et tout le reste, que ça pouvait très bien ne servir à rien.
Ma mère ne sait pas compter. Elle a un niveau scolaire peut être de grande section. Je ne pas certain qu'elle bouclerait une année chez les CE1.
Mais elle a réussi dans la vie. Peut-être pas vraiment comme elle voulait. Elle ne fait pas sentir sa déception pour ses enfants, même si je ne la vois plus. Je ne la vois plus car mon frère la tient en otage, quelque part. Dans une situation si compliquée que ça pourrait rendre fou n'importe lequel d'entre vous. Pour ma propre santé mentale, j'ai du fortement m'éloigner. Comme mon frère ne m'accepte pas et est capable de péter une crise si je rends visite, finalement, ça aide à rester loin. Ma mère, sans vraiment en avoir conscience, dans le déni vis à vis de mon frère, nous a éduqué différemment mon frère et moi. Aujourd'hui avec le frangin, elle paie le prix fort. J'ai tenté de l'aider à plusieurs reprises, mais vainement.

Je l'ai aidé quand elle a dû faire face à une convocation préalable à licenciement pour faute grave, ma mère a eu gain de cause, évidemment elle n'avait pas commis ce qu'on lui reprochait. C'est moi qui me suis occupé de tout et ça a suffi. Puis, j'ai pu lui faire obtenir tous les trimestres pour sa retraite car sinon elle devait travailler jusqu'à 67 ans. Mais j'ai pu via la MDPH lui faire remplir un dossier pour qu'elle obtienne une reconnaissance de handicap au travail, lui permettant à 61 ans (je crois) d'obtenir tous ces trimestres. C'était vers 2014. Ce sont des combats de gagnés pour lesquels je suis fier d'avoir pu aider ma mère. Mais au sujet de mon frère, totalement aveuglée et sous emprise : elle ne m'a jamais écouté.

Du gâchi...

Répondre