À entendre les commentateurs, les politiques et particulièrement les élus locaux, la cause est entendue : les inégalités territoriales augmentent, les territoires « oubliés » se multiplient. Ce ne n’est plus la mais davantage les fractures territoriales que l’on dénonce. Pourtant, en regard, inlassablement mais de façon quasi inaudible, la parole experte fait un constat opposé : l’État n’a pas oublié les territoires.
Comment expliquer cette contradiction ? L’approche proposée récemment par l’historien et sociologue français Pierre Rosanvallon pour comprendre la société française contemporaine est peut-être éclairante. Les mutations accélérées de notre relation au territoire ne constitueraient-elles pas « une épreuve d’incertitude », s’exprimant au travers de la généralisation d’une posture victimaire de dénonciation de l’abandon des territoires ?

