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EDUCATION

Violences éducatives : la fin d'un très vieux « droit de correction » ?

Ce 14 janvier 2026, la Cour de cassation a écarté l’existence d’un « droit de correction » pouvant justifier les violences éducatives sur des enfants. Il n’existe pas de « droit de correction parental » dans la loi française, les textes internationaux ou la jurisprudence moderne, a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse.

Alors qu’un père de famille avait été condamné en première instance en 2023 par le tribunal de Thionville à dix-huit mois de prison avec sursis probatoire et au retrait de l’autorité parentale pour des violences sur ses deux fils mineurs, la cour d’appel de Metz avait prononcé sa relaxe le 18 avril 2024 au nom d’un « droit de correction ».

Durant l’audience du 19 novembre 2025 à la Cour de cassation, la rapporteuse avait mis en avant que certains arrêts de la Chambre criminelle invoquaient certes un « droit de correction » parental, mais qu’ils étaient fort anciens, notamment l’un d’entre eux souvent évoqué en l’occurrence datant de 1819.

La plus haute instance judiciaire est donc revenue sur la relaxe qui avait indigné les associations de protection de l’enfance. Celles-ci avaient dénoncé un retour en arrière par rapport à la loi dite « anti-fessée » de 2019 qui avait abouti à l’inscription suivante dans le Code civil :

« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »

Le fait que la Cour de cassation ait dû réaffirmer cette inscription dans la loi nous rappelle que l’interdiction des châtiments corporels est le fruit d’une longue histoire et a rencontré de multiples résistances. Un certain nombre d’ambiguïtés apparues dès les débuts de l’école républicaine.

Apprendre à varier son alimentation : écouter les émotions des enfants, un enjeu central

L’éducation à l’alimentation des jeunes est au cœur des politiques publiques : elle est l’un des objectifs du Programme national nutrition santé (PNNS) et l’un des axes du Programme national pour l’alimentation (PNA). De plus, un Vademecum sur l’éducation à l’alimentation et au goût a récemment émané de l’éducation nationale. Plusieurs membres de l’Assemblée nationale organisent aussi depuis quelques années des « états généraux » sur le sujet.

Les derniers états généraux d’octobre 2025 ont conduit à une proposition de loi d’expérimentation pour l’instauration d’un enseignement d’éducation à l’alimentation obligatoire à l’école.

Alors que l’éducation à l’alimentation s’est longtemps heurtée à des limites, notamment face aux inégalités sociales de santé, de nouvelles approches apparaissent : citons l’approche tridimensionnelle qui intègre les dimensions « nutritionnelle », « psycho-sensorielle et comportementale » et « socio-environnementale ». L’approche hédonique, elle, privilégie le plaisir alimentaire avec trois leviers d’actions : l’exposition sensorielle répétée aux aliments, les interactions sociales lors des prises alimentaires et les croyances sur les aliments.

Si ces démarches mettent en avant l’importance des émotions, comment, concrètement, les prendre en compte au quotidien, lors de repas ou de séances de découverte, que l’on soit parent, acteur ou actrice de l’éducation ?

Compter sur ses doigts aide-t-il un enfant à progresser en maths ?

Si vous demandez à un jeune enfant de résoudre une opération mathématique simple, telle que 4 + 2, il est possible qu’il compte sur ses doigts pour trouver la solution. Devrions-nous encourager ce type de réflexe ? La question peut paraître simple, mais il est étonnamment complexe d’y répondre.

Certains enseignants et parents pourraient dire que, oui, car cela semble aider les jeunes enfants à apprendre les chiffres. D’autres pourraient être plus réticents, arguant que cela pourrait ralentir la mise en place de stratégies mentales.

Une nouvelle étude suisse montre que les enfants qui comptent sur leurs doigts dès leur plus jeune âge obtiennent de meilleurs résultats pour résoudre des additions que ceux qui ne le font pas.

Parcoursup : comment faire le « bon » choix d’orientation, ou le défi d’accompagner les lycéens

Chaque année, Parcoursup revient au cœur du débat. Autour de cette plateforme sur laquelle les lycéens déposent leurs candidatures auprès des établissements d’enseignement supérieur se cristallisent nombre des tensions qui traversent l’école française. La procédure d’orientation post-bac constitue surtout une épreuve sociale qui mobilise simultanément élèves, familles et équipes éducatives.

À partir de travaux croisant plusieurs enquêtes qualitatives (entretiens auprès d’élèves, de parents, de professeurs principaux, de psychologues de l’éducation nationale, et observations dans des commissions d’examen des vœux), nous proposons d’éclairer ce que produit concrètement Parcoursup dans la vie lycéenne : stress, malentendus, redéfinition des rôles éducatifs et montée des logiques stratégiques.

Pourquoi la procrastination n’a rien à voir avec la paresse – et comment la surmonter

La plupart d’entre nous ont déjà vécu cette situation : une échéance approche, la tâche est parfaitement réalisable, mais, au lieu de nous y mettre, nous nous sentons soudainement obligés de ranger un tiroir ou de réorganiser les applications sur notre téléphone. La procrastination peut sembler irrationnelle, vue de l’extérieur, mais il est difficile d’y résister quand on y est soi-même confronté. Bien qu’elle soit souvent considérée comme un manque de discipline, des recherches montrent qu’elle est bien plus liée à la flexibilité (ou à la rigidité) avec laquelle notre cerveau réagit à l’inconfort et à l’incertitude.

En d’autres termes, la procrastination n’est pas un problème de gestion du temps, mais un problème de régulation des émotions. Les gens ne retardent pas les choses parce qu’ils manquent de compétences de planification, mais parce que leur cerveau cherche à échapper à un état intérieur émotionnel difficile. Lorsque je demande à mes étudiants pourquoi ils procrastinent, leurs réponses sont étonnamment similaires : « Je ne sais pas par où commencer », « Je me sens perdu », « Je suis anxieux », « Je me sens dépassé ». Aucun d’entre eux ne dit « Je m’en fiche » : la procrastination vient généralement du fait que l’on se soucie trop des choses.

Surtout, le phénomène d’évitement empêche le cerveau de se rendre compte d’une réalité importante : commencer une action est souvent gratifiant. Le premier pas, aussi petit soit-il, suffit à libérer de la dopamine. Cela aide à augmenter la motivation après – et non, avant – avoir commencé. Mais lorsque nous évitons de nous confronter à la tâche en question, nous ne ressentons jamais ce signal de récompense, et elle va continuer à nous sembler tout aussi intimidante le lendemain.

L’éducation est-elle une faiblesse quand la loi du plus fort s’impose ?

Face aux crises climatiques, économiques et sociales qui s’enchaînent et obscurcissent notre horizon, il convient d’éviter les réponses toutes faites et de réapprendre à problématiser le monde pour identifier les véritables défis.

C’est dans cet esprit que, dans Par-delà le brouillard… il n’y a pas de crise, le philosophe Laurent Bibard dialogue avec Thibault Lieurade, journaliste spécialisé en économie et en management, afin d’éclairer treize grands enjeux contemporains, du travail à l’intelligence artificielle, en passant par l’éthique et la sexualité. Dans le chapitre consacré à l’éducation, ils s’arrêtent sur l’importance de l’expérience concrète, le goût de l’effort et la pression de la compétition. Extraits.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.