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EDUCATION

Pourquoi continuer d’apprendre certaines choses par cœur ?

Avec les intelligences artificielles génératives, il est désormais possible d’obtenir en quelques secondes une réponse argumentée à presque n’importe quelle question. Cette accessibilité inédite du savoir conduit certains à considérer que l’« intelligence » elle-même serait désormais disponible à la demande, au point de rendre les études superflues. Dans ce contexte, pourquoi continuer à apprendre certaines choses par cœur ?

Face aux stratégies d’évitement scolaire des parents, les collèges contre‑attaquent

Les parents « consommateurs d’école » ont animé le débat depuis que François Dubet a évoqué pour la première fois, en 2013, l’attitude « stratège » de certaines familles face aux choix d’orientation. Derrière cette expression se cachent des comportements divers : évitement du collège de secteur par des demandes de dérogation, déménagement, inscription en établissement privé ou interventions dans l’établissement (volonté de changer les choix pédagogiques, demande de changements de notation).

Dans une recherche publiée dans la revue scientifique Décisions Marketing, nous nous sommes arrêtés sur la réponse des collèges à cet évitement : contrairement aux idées reçues, certains d’entre eux développent de véritables stratégies de marque.

Et ces stratégies marketing ne concernent pas seulement les établissements favorisés. Même des collèges en grande difficulté peuvent s’y engager, à condition de disposer de ressources (matérielles, pédagogiques, financières…) qu’ils peuvent valoriser.

Pour mener cette recherche, nous avons réalisé une soixantaine d’entretiens avec différents acteurs du système éducatif : des personnels de collèges (chefs d’établissement, enseignants, personnels éducatifs), des parents d’élèves, des représentants des directions académiques et des responsables de l’enseignement catholique.

Qui veut encore devenir prof ? Ce qu’une approche internationale nous dit de la « crise des vocations » enseignantes

Alors que de nombreux pays font face à des pénuries d’enseignants, une question revient avec insistance : qui choisit encore d’entrer dans le métier, et pourquoi ? Une revue systématique récente, menée à partir de 39 études qualitatives dans 18 pays, couvrant plus de soixante ans de recherches et 4 700 futurs enseignants, nous permet de dresser un panorama inédit de ces motivations.

Cette étude met en lumière un paradoxe : plus un pays est développé, moins le métier d’enseignant apparaît attractif pour des raisons matérielles ou statutaires, alors même que les besoins en enseignants augmentent. Autrement dit, la « crise des vocations » ressemble moins à un manque d’envie qu’à une crise des conditions d’exercice.

Démocratiser les vacances et les loisirs des enfants : les réseaux de proximité, un moyen de lutte contre les inégalités ?

Près de 5 millions d’enfants ne partent pas en vacances, par manque de ressources financières dans la plupart des cas. Tandis que 73 % des enfants issus des classes les plus favorisées partent au moins une fois par an, 56 % des enfants affiliés aux foyers les plus modestes ne partent jamais.

Longtemps, les colonies de vacances et autres séjours collectifs ont été un moyen privilégié pour démocratiser les mobilités mais, depuis plusieurs années, la tendance est à la polarisation des publics, entre les foyers disposant de ressources économiques et ceux qui y accèdent seulement grâce aux aides publiques ou d’entreprises.

L’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej) a analysé comment les parents combinent activités hebdomadaires en période scolaire et séjours ou activités durant les vacances. Si les inégalités sociales restent déterminantes, l’enquête, dont nous diffusons ici les premiers résultats, montre que l’offre accessible localement, l’information de proximité et les relais associatifs dessinent des opportunités pour les familles modestes.

Protéger les filles, canaliser les garçons ? L’éducation à l’information face aux stéréotypes de genre

Travail, santé, espace public… Chaque année, en mars, dans le sillage de la Journée internationale des droits des femmes, on s’arrête sur les inégalités de genre dans différents domaines de la vie sociale. Et si nous faisions ce pas de côté dans un champ moins visible, celui des pratiques d’information des adolescents et de leur accompagnement ?

Lire l’actualité, chercher des sources pour un exposé, suivre des créateurs et créatrices de contenus, débattre en ligne : ces activités font partie intégrante de leur quotidien. En tant que pratiques culturelles, elles sont traversées par les mêmes rapports sociaux de genre que le reste de la vie sociale.

En outre, le numérique n’est pas un espace « hors-sol », neutre ou désincarné, mais un espace socialement situé où se rejouent des normes et des tensions sociétales. Les inégalités de genre y prennent des formes parfois spécifiques, mais toujours en lien avec les contextes sociaux, médiatiques et politiques. Et leur traitement éducatif n’échappe pas à ces cadrages.

Enfants non scolarisés : en France, plus de situations qu’on ne l’imagine

En France, le taux de scolarisation est un des plus hauts d’Europe et avoisine les 100 % pour les enseignements primaire et secondaire. Il commence à décroitre à 16 ans, à la fin de l’obligation d’instruction. Toutefois ce nombre ne s’appuie que sur les situations connues : lorsque les enfants ne sont pas scolarisés, ils peuvent aussi échapper au recensement. Par ailleurs, des enfants peuvent être inclus dans la population scolarisée, tout en connaissant des périodes plus ou moins longues de non-scolarisation.

Dans un avis publié en 2024, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) constate qu’en France ces situations en violation des dispositions prévues par les droits international, européen et français concernent une part non négligeable d’enfants, sans toutefois pouvoir en faire un décompte précis.

La liste des publics non scolarisés est longue : des enfants vivant en situation de grande précarité (notamment dans la rue, en bidonvilles, squats et hôtels sociaux…) ; des enfants vivant en territoires isolés, notamment en Guyane et à Mayotte ; des mineurs non accompagnés ; des enfants et jeunes allophones ; des « enfants de voyageurs » ; des enfants en situation de handicap (qu’ils bénéficient ou non d’une reconnaissance de leur handicap) ; des enfants en situation de danger ; des enfants malades ; des enfants en conflit avec la loi, dont ceux détenus en quartier pour mineurs ou en établissement pénitentiaire pour mineurs.

Une partie de ces enfants est sous les radars des institutions et les situations de non-scolarisation sont difficiles à recenser. Les sociologues Tanguy Mathon-Cécillon et Gilles Séraphin se sont attelés à cette tâche à Mayotte. Ils identifient plusieurs méthodes pour mieux compter les non-scolarisations, mais n’arrivent pas à un chiffre stable et sûr.

Toutefois, une autre partie des enfants non scolarisés est sous la responsabilité, et donc connue, de services (éducatifs, sociaux, de justice, de santé, etc.) ou d’associations qui les accueillent ou les prennent en charge.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.