EDUCATION

Aider les enseignants à protéger leur voix – et améliorer le bien-être en classe

En classe, les enseignants utilisent leur voix pour susciter de l’enthousiasme, transmettre des connaissances et apaiser les tensions.

Une voix chaleureuse et encourageante stimule la motivation des élèves, réduit leur anxiété et améliore leurs relations avec l’enseignant, comme la dynamique de la classe. A contrario, un ton autoritaire ou sévère peut, même imperceptiblement, créer du stress, éroder la confiance et entraîner un désengagement.

Mais les enseignants peuvent aussi éprouver eux-mêmes du stress. Et l’on sait que cet état émotionnel peut peser sur notre façon de nous exprimer. Il affecte le contrôle que nous avons sur notre élocution. Il nous conduit à parler d’une voix plus aiguë, avec plus de variations, ce qui est susceptible d’entraîner une fatigue vocale.

De plus, les auditeurs perçoivent le stress d’un orateur, ce qui influence leurs émotions, et, dans une école, peut avoir un impact négatif sur l’atmosphère de la classe.

Peu d’enseignants apprennent à bien utiliser leur voix et à la protéger tout au long de leur carrière pour prévenir les maladies liées. Leur permettre de suivre une formation les aiderait à réduire l’impact du stress et d’une sollicitation excessive de leurs cordes vocales, et à transformer la communication au sein de la classe.

Face à l’IA, l’enseignant ne doit pas se transformer en chasseur de fraudes, mais repenser sa pédagogie

On le sait, les intelligences artificielles (IA) génératives sont en mesure de rédiger des textes, de traiter des corpus, de générer des contenus multimédias et de résoudre des équations complexes… soit des opérations traditionnellement demandées aux étudiants.

À l’université, elles provoquent (à nouveau et encore) des débats sur la place des machines dans l’acquisition de compétences. Si les étudiants s’appuient trop sur elles, ne risquent-ils pas de considérer certaines compétences comme obsolètes ? Peut-on apprendre sans pratiquer, en déléguant la tâche à une machine ?

Les réponses se multiplient avec un discours catastrophiste. Des enquêtes se font l’écho de pertes cognitives liées à l’usage des IA, comme l’explique la dernière étude du MIT, selon laquelle les utilisateurs d’intelligences artificielles génératives sous-performeraient systématiquement.

Sont aussi interrogées les limites du modèle : les bases de données ne risquent-elles pas de se dégrader à force de se nourrir avec les résultats qu’elles produisent ? Sans compter le très lourd impact environnemental et humain de ces outils.

De tels discours prêtent des capacités infinies et incontrôlables à ces outils. Ils nourrissent le discours de toute-puissance des industries numériques et s’inscrivent dans un imaginaire de science-fiction. Ils négligent leur caractère économique et le fait que l’IA est un terme choisi par son potentiel marketing. Penser en termes d’effets, sans nourrir la discussion et sans contradiction, laisse les Big Tech piloter le débat.

Écouter un livre aide-t-il à mieux apprendre ?

Qu’il s’agisse de documents présents dans les manuels scolaires ou de fictions narratives étudiées en cours de lettres, la lecture de textes reste un pilier des apprentissages. Mais l’essor du livre audio ouvre de nouvelles possibilités d’approches.

Peut-on envisager d’écouter des œuvres littéraires au programme plutôt que de les lire de manière classique ? Et, en ce cas, l’écoute d’un texte permet-elle la même compréhension que sa lecture ?

Les adolescents confient-ils désormais leurs secrets aux intelligences artificielles ?

Les grands modèles de langage comme ChatGPT et des plateformes spécialisées telles que Replika – où l’on peut personnaliser une IA en lui attribuant même un prénom, une voix – s’imposent peu à peu comme des confidents dans l’univers des adolescents. Toujours disponibles, capables de répondre sans jugement et de donner l’illusion d’une écoute attentive, ils séduisent des jeunes en quête de réconfort ou de conseils.

Cette apparente bienveillance n’est pas sans risques : dépendance affective, exposition à des réponses inadaptées, voire dangereuses, et fragilisation de la confidentialité des données personnelles.

Ce phénomène, encore largement sous-estimé, révèle l’émergence d’une nouvelle vulnérabilité qui appelle à une vigilance accrue. Comment comprendre que l’expression de l’intimité adolescente glisse vers ces dispositifs algorithmiques ? Et quelles en sont les implications communicationnelles, psychosociales et éthiques ?

Les adolescents face aux écrans, entre contrôle et « scrolling » : regards croisés de lycéens entre la France et la Chine

Le volume de temps et d’engagement consacré « aux écrans » est une des caractéristiques de la culture juvénile actuelle. Si les parents sont animés de multiples craintes concernant les smartphones et autres dispositifs numériques, cette préoccupation n’est pas réservée aux Français. En Chine, où 97,2 % des adolescents ont accès à Internet, même dans les zones rurales, protéger et éduquer les jeunes au numérique constitue également un enjeu de société fondamental.

Or, le contrôle des usages à l’école en Chine est beaucoup plus strict qu’en France. La plupart des lycées chinois interdisent totalement le téléphone personnel. Pour les élèves d’internat, certains établissements proposent des boîtes fermées à l’extérieur des salles de cours pour garder les téléphones jusqu’à la fin de journée.

Au-delà des interdictions et des discours de prévention (la « pause numérique », le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, publié le 11 septembre 2025, sans parler des innombrables publications sur les « dangers des écrans ») ou de répression, pourquoi ne pas consulter les adolescents eux-mêmes ? Comment vivent-ils leurs expériences du numérique au quotidien ?

La comparaison entre la France et la Chine sur ce point peut être éclairante, au regard de la différence des contextes de contrôle. Dans le cadre d’une enquête de terrain qualitative conduite auprès de lycéens dans différentes villes de France et de Chine, nous avons pu donner la parole aux adolescents d’environnements sociaux très différents, non seulement sur leurs pratiques mais aussi sur leurs ressentis et sur leurs émotions.

Devenir enseignant : une identité professionnelle à façonner

Cette rentrée 2025, un certain nombre de classes se sont une fois encore retrouvées sans enseignants. Cette pénurie de profs apparaît comme un casse-tête pour les gouvernements successifs, confrontés à la faible attractivité du métier. Non seulement les concours peinent à faire le plein de candidats mais, une fois ce cap franchi, on observe aussi une nouvelle déperdition de vocations. Depuis une dizaine d’années, le décrochage professionnel des enseignants, particulièrement des novices, augmente.

Témoins de ce climat, nombreuses sont actuellement les études qui alertent sur le malaise enseignant et pointent un contexte d’insertion professionnelle sous tension qui s’explique par la complexité croissante du métier, des charges de travail difficiles à soutenir, une reconnaissance insuffisante… Le choc de la réalité pointé depuis 50 ans et l’écart entre le métier fantasmé et la réalité du métier perdurent.

Notre analyse de la situation interroge le façonnage identitaire d’enseignants novices du premier degré, en lien avec le processus d’insertion et/ou de décrochage professionnel. Une fois lauréats d’un concours et reconnus par l’institution, les enseignants novices se sentent-ils pour autant pleinement enseignants ?

Nous allons modéliser le passage du statut d’étudiant à celui d’enseignant sous forme de quatre bascules identitaires, considérées comme des étapes types par lesquelles passent tous les enseignants novices selon un ordre et un rythme singuliers.

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