EDUCATION

Parcoursup, ou les discrets rites de la méritocratie algorithmique

Comme chaque été, lors de la « phase complémentaire » de Parcoursup, destinée aux candidats n’ayant pas reçu de proposition d’admission en juin, des milliers de bacheliers tentent de démêler les incertitudes laissées par la première vague d’affectations.

Derrière l’apparente rationalité de ce dispositif algorithmique se cache un mécanisme plus profond, souvent invisibilisé : un véritable rituel contemporain, qui transforme l’élève en candidat, le parcours en profil, et l’orientation en épreuve de sélection

Violences scolaires et portiques de sécurité : une mise en perspective historique

Après l’attaque dramatique au couteau d’un lycéen contre ses condisciples jeudi 24 avril à Nantes, le premier ministre François Bayrou a formulé une « piste » centrale : installer des portiques de sécurité, insistant sur « tout ce qui peut aller dans le sens de la sanctuarisation de l’école », notion « défendue depuis longtemps ».

Effectivement, il y a une trentaine d’années, en février 1996, alors ministre de l’éducation nationale, il avait présenté en ces termes un plan de lutte contre la violence à l’école :

« L’école doit être un sanctuaire. Pendant des décennies, on a plaidé pour une école ouverte […]. Il faut prendre une position inverse, travailler à resanctuariser l’école. »

Et de préconiser alors l’installation de clôtures autour des établissements, en plaidant pour la restauration d’un article de la loi anticasseurs, permettant d’interdire l’entrée dans l’établissement scolaire.

Séparation parentale : quelles conséquences sur le temps passé avec les enfants ?

Les séparations, que les parents soient mariés ou en concubinage, sont de plus en plus fréquentes. En 2020, on estime ainsi que près de quatre millions d’enfants mineurs ont des parents séparés.

En France, les recherches font état d’un effet négatif de la séparation parentale sur la réussite scolaire des enfants, qu’elle soit mesurée par le nombre d’années d’étude ou le rendement scolaire, défini comme le salaire moyen pour un diplôme donné. Cet effet est moins marqué pour les enfants dont la séparation a lieu lorsqu’ils ont 7-9 ans ou 16-18 ans, mais plus marqué pour ceux qui avaient moins de 6 ans ou 10-15 ans au moment de la séparation, ces derniers font en moyenne des études plus courtes d’un semestre (par rapport à ceux dont les parents ne se sont pas séparés).

Ces effets sont cependant moins marqués lorsque l’on considère la réussite professionnelle, mesurée comme le revenu moyen associé à une profession et un niveau d’éducation. Seuls les enfants dont les parents se sont séparés à 4-6 ans ou à 10-12 ans demeurent affectés.

Espaces « no kids » : une discrimination contraire au vivre-ensemble ?

Depuis une dizaine d’années fleurissent des initiatives estampillées « no kids » : restaurants, hôtels, avions ou événements festifs déconseillent voire interdisent la présence d’enfants. Encore marginal en France, le phénomène se développe rapidement en France.

Le 27 mai 2025, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’enfance, a reçu les fédérations du tourisme pour marquer sa désapprobation face à ce courant d’exclusion. Elle annonce à cette occasion la possibilité d’une charte à hauteur d’enfant qui rendrait illégale une telle ségrégation. Cette prise de conscience politique n’est pas nouvelle. En avril 2024, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol avait déposé une proposition de loi visant à « reconnaître la minorité comme un facteur de discrimination afin de promouvoir une société ouverte aux enfants ».

Comment définir ce phénomène de ségrégation générationnelle ? En quoi la question de la place accordée aux enfants dans l’espace public devient-elle un révélateur de notre capacité collective à faire société ?

Associations d’idées, nouveaux challenges : les secrets de la mémoire pour mieux apprendre

Lorsqu’on se prépare à passer des examens, on a parfois l’impression qu’il sera impossible de stocker dans son cerveau toutes les informations à retenir. Mais il existe des solutions pour créer les conditions nécessaires à des révisions aussi efficaces que possible.

Mes recherches sur la mémoire montrent que la nouveauté comme la familiarité peuvent avoir une influence sur la mémoire. Vous pouvez utiliser la première pour vous préparer à un apprentissage, et la seconde pour organiser votre mémoire et conserver vos connaissances.

Pour commencer, il peut s’agir d’aller se promener dans un quartier que vous ne connaissez pas ou de regarder une œuvre d’art pour la première fois – sur place ou en ligne – avant même de commencer à étudier.

Dans notre laboratoire, nous avons observé mes collègues et moi-même que nous avons plus de chances de nous souvenir d’une nouvelle information si nous venons de visiter un endroit qui ne nous est pas familier.

Dans le cadre de l’expérience, les participants venaient au laboratoire pour se familiariser avec un environnement virtuel sur un PC ou avec un casque de réalité virtuelle. Il s’agissait d’une île fantastique avec des éléments inattendus, comme des sucres d’orge de la taille d’un réverbère. Nous avons invité les participants à revenir à deux reprises. Au cours de ces sessions, ils ont exploré le même environnement virtuel – désormais familier – et un autre qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.

Bac, brevet, CAP : petite histoire des examens en cinq questions

Le recours systématique à l’organisation d’examens et à la collation de « grades » attestés dans des diplômes pour valider les connaissances acquises par l’enseignement est une pratique apparue avec les premières universités médiévales au tournant des XIIe et XIIIe siècles.

L’élément central du dispositif a été la licence qui, de simple acte juridique (l’octroi d’une « autorisation », d’un « droit d’enseigner ») s’est assez vite transformée en « examen » et en « grade » pour se retrouver elle-même encadrée rapidement par deux autres grades, eux-mêmes conférés après examen : le baccalauréat d’abord et la maîtrise ensuite.

Ce dispositif « à trois étages » de validation des connaissances s’est imposé partout. La quasi stabilité du vocabulaire qui permet de le décrire – baccalauréat (certes parfois appelé « determinatio »), licence, maîtrise (ou master) – est la meilleure preuve de sa prégnance qui a survécu jusqu’à nos jours.

Alors que les lycéens passent les dernières épreuves du bac et que les étudiants guettent leurs résultats de fin d’année, retour en cinq questions sur l’histoire des premiers examens du parcours scolaire.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.