EDUCATION

Empathie, créativité : lire des histoires aux enfants améliore leurs compétences sociales

En 2024, 51 % des familles faisaient la lecture à voix haute à leurs très jeunes enfants et 37 % à leurs enfants âgés de 6 à 8 ans.

Certains parents expliquent qu’ils cessent de lire à voix haute à leurs enfants en primaire parce que ces derniers savent désormais lire seuls.

Je suis neuroscientifique et mère de quatre enfants, et je me suis demandé si, avec cet arrêt, les enfants ne perdaient pas davantage que le simple plaisir d’écouter une histoire lue à voix haute. Je me suis notamment interrogée sur les effets possibles sur leur empathie et leur créativité.

Réseaux sociaux : aider les adolescents à protéger leur santé mentale en revisitant leurs usages numériques

Les adolescents sont aujourd’hui présents au quotidien sur les réseaux sociaux. Loin de n’être qu’un lieu d’expression ou de sociabilité, ces espaces numériques représentent un environnement saturé d’images idéalisées, de normes sociales et de mécanismes d’influence puissants.

Le rapport publié en décembre 2025 par l’Anses dresse un constat alarmant que notre projet ALIMNUM, financé par l’ANR, visant à identifier des leviers de prévention, avait déjà clairement identifié : les réseaux sociaux affectent de manière profonde l’image corporelle, l’estime de soi et la santé mentale des adolescentes. Et cette influence est suffisamment robuste pour être considérée comme un risque sanitaire avéré.

Les conclusions de l’Anses reposent sur des centaines d’études internationales. Elles établissent que les plateformes très visuelles (Instagram, Snapchat, TikTok) favorisent des mécanismes bien connus : intériorisation d’idéaux corporels irréalistes, auto-objectification, chute progressive de l’estime de soi…

Les effets apparaissent dès 9–11 ans et s’intensifient durant l’adolescence. Et les filles sont significativement plus touchées que les garçons par ces effets psychologiques délétères.

Contre le stress et le doomscrolling, les atouts de la lecture approfondie

L’Américain moyen consulte son téléphone plus de 140 fois par jour, pour une moyenne de 4,5 heures d’utilisation quotidienne, et 57 % des personnes admettent être « accros » à leur téléphone. Les entreprises du secteur des technologies, les influenceurs et autres créateurs de contenu se disputent toute cette attention, ce qui a favorisé la montée de la désinformation.

Compte tenu de ce paysage informationnel complexe, il est plus important et nécessaire que jamais de posséder de solides compétences en lecture critique.

Malheureusement, les aptitudes en lecture restent un sujet de préoccupation majeur. Les performances en compréhension écrite déclinent. La majorité des parents de la génération Z ne lisent pas à voix haute à leurs jeunes enfants, car ils considèrent cela comme une corvée. De nombreux étudiants ne parviennent pas à aller au bout de la lecture d’un livre.

Avec leur incitation infinie au scrolling et les facilités de partage de contenu qu’elles offrent, les plateformes de réseaux sociaux sont conçues pour encourager un engagement passif que les gens utilisent pour échapper à l’ennui et au stress.

En tant que chercheurs en sciences cognitives et experts des questions autour de la maîtrise de l’écrit, nous étudions le traitement de l’information par la lecture. Sur la base de nos travaux, nous pensons que la lecture approfondie peut être un moyen efficace de lutter contre la désinformation et de réduire le stress et la solitude. Il peut être difficile d’aller au-delà d’une lecture rapide, mais il existe des stratégies pour renforcer ses compétences en lecture.

Copier, coller, plagier ? Le droit d’auteur expliqué aux étudiants (et aux autres)

Guillaume Musso a-t-il plagié l’ouvrage de Diana Katalayi Ilunga comme l’affirme celle-ci ? La vidéo de Noël avec le loup d’Intermarché constitue-t-elle un plagiat du livre pour enfants Un Noël pour le loup, de Thierry Dedieu ? La chanson On va s’aimer, interprétée par Gilbert Montagné, est-elle un plagiat de la chanson Une fille de France, interprétée par Gianni Nazzaro ?

Ces affaires mettent en lumière les droits que possède l’auteur d’une œuvre sur l’utilisation de celle-ci. Né au XVIIIᵉ siècle, à la suite de l’essor de l’imprimerie, le droit d’auteur protège les œuvres quelle que soit leur nature (musicale, picturale, audiovisuelle) et constitue le lien entre la défense des intérêts des créateurs et la nécessité de permettre la circulation des savoirs et des œuvres.

Les questions relatives au droit d’auteur ne concernent pas simplement les professionnels de la création. Toute personne peut y être confrontée dans son quotidien, dans le cadre de son travail ou de ses études. À l’heure où les réseaux sociaux donnent accès à une multitude d’œuvres et où l’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée, il est facile de ne pas respecter le droit des auteurs, sciemment ou non.

Partant du constat que de très nombreux étudiants ignoraient les principes du droit d’auteur dans la rédaction de leurs travaux, nous avons, avec d’autres enseignants-chercheurs et sous l’impulsion de Marie Latour, créé le MOOC Voler-Coller : stop au plagiat, dont l’objectif est de mieux faire connaître les règles de la propriété intellectuelle aux étudiants, particulièrement de master et de doctorat. Revenons sur quelques-uns de ses enjeux clés.

Violences éducatives : la fin d'un très vieux « droit de correction » ?

Ce 14 janvier 2026, la Cour de cassation a écarté l’existence d’un « droit de correction » pouvant justifier les violences éducatives sur des enfants. Il n’existe pas de « droit de correction parental » dans la loi française, les textes internationaux ou la jurisprudence moderne, a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse.

Alors qu’un père de famille avait été condamné en première instance en 2023 par le tribunal de Thionville à dix-huit mois de prison avec sursis probatoire et au retrait de l’autorité parentale pour des violences sur ses deux fils mineurs, la cour d’appel de Metz avait prononcé sa relaxe le 18 avril 2024 au nom d’un « droit de correction ».

Durant l’audience du 19 novembre 2025 à la Cour de cassation, la rapporteuse avait mis en avant que certains arrêts de la Chambre criminelle invoquaient certes un « droit de correction » parental, mais qu’ils étaient fort anciens, notamment l’un d’entre eux souvent évoqué en l’occurrence datant de 1819.

La plus haute instance judiciaire est donc revenue sur la relaxe qui avait indigné les associations de protection de l’enfance. Celles-ci avaient dénoncé un retour en arrière par rapport à la loi dite « anti-fessée » de 2019 qui avait abouti à l’inscription suivante dans le Code civil :

« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »

Le fait que la Cour de cassation ait dû réaffirmer cette inscription dans la loi nous rappelle que l’interdiction des châtiments corporels est le fruit d’une longue histoire et a rencontré de multiples résistances. Un certain nombre d’ambiguïtés apparues dès les débuts de l’école républicaine.

Apprendre à varier son alimentation : écouter les émotions des enfants, un enjeu central

L’éducation à l’alimentation des jeunes est au cœur des politiques publiques : elle est l’un des objectifs du Programme national nutrition santé (PNNS) et l’un des axes du Programme national pour l’alimentation (PNA). De plus, un Vademecum sur l’éducation à l’alimentation et au goût a récemment émané de l’éducation nationale. Plusieurs membres de l’Assemblée nationale organisent aussi depuis quelques années des « états généraux » sur le sujet.

Les derniers états généraux d’octobre 2025 ont conduit à une proposition de loi d’expérimentation pour l’instauration d’un enseignement d’éducation à l’alimentation obligatoire à l’école.

Alors que l’éducation à l’alimentation s’est longtemps heurtée à des limites, notamment face aux inégalités sociales de santé, de nouvelles approches apparaissent : citons l’approche tridimensionnelle qui intègre les dimensions « nutritionnelle », « psycho-sensorielle et comportementale » et « socio-environnementale ». L’approche hédonique, elle, privilégie le plaisir alimentaire avec trois leviers d’actions : l’exposition sensorielle répétée aux aliments, les interactions sociales lors des prises alimentaires et les croyances sur les aliments.

Si ces démarches mettent en avant l’importance des émotions, comment, concrètement, les prendre en compte au quotidien, lors de repas ou de séances de découverte, que l’on soit parent, acteur ou actrice de l’éducation ?

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.