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EDUCATION

Les professeurs des écoles travaillent plus qu’on le croit : enquête sur les coulisses de l’enseignement

Le temps de travail des professeurs des écoles en France fait l’objet de nombreuses représentations sociales négatives, quand il n’est pas franchement question de « profbashing ». En tête de ces croyances, se trouve celle qu’il s’agirait d’un métier aux horaires faibles et accommodants, idéal pour qui souhaite concilier vie privée et vie professionnelle (et notamment, donc, pour les femmes).

Cette sous-estimation de leur charge de travail ne manque pas de provoquer une blessure professionnelle profonde chez des profs des écoles en quête de reconnaissance. La recherche, en effet, montre que leur travail, ne se réduisant pas au temps passé face aux élèves, est en réalité complexe et sous-évalué. Elle offre un autre éclairage sur l’activité dite « de préparation », phénomène peu connu, dont on estimait jusqu’à peu qu’il était grosso modo strictement l’affaire de préparations didactiques (c’est-à-dire de préparations de séances de classe, de « leçons ») réalisées en amont de l’enseignement, et de corrections, réalisées en aval.

Plus encore, en dépit de son rôle incontournable pour l’enseignement, l’activité de préparation ne figure pas dans le cadre réglementaire du travail des professeurs des écoles. Elle n’est pas reconnue, ce qui signifie qu’elle n’est ni prescrite officiellement, ni pourvue de conditions de travail, ni rémunérée. D’ailleurs, d’un point de vue strictement juridique, elle ne relèverait pas d’un « travail » à proprement parler (qui s’inscrit nécessairement dans un lien avec le droit), mais bien d’une forme d’activité gratuite.

Mais alors qu’est-ce précisément que l’activité de préparation ? Quel rôle joue-t-elle pour l’enseignement et quelle part du travail total représente-t-elle ?

Ce que l’argot des collégiens nous dit des stéréotypes de genre chez les jeunes

Dans une société de plus en plus soucieuse de l’égalité femme-homme, on souhaite que la langue en soit un vecteur. L’écriture inclusive témoigne de ces efforts. Mais qu’en est-il des façons de parler des jeunes ? Intègrent-elles ces préoccupations ? S’affranchissent-elles vraiment des stéréotypes de genre ?

Une étude sociolinguistique de terrain, fondée sur un corpus d’expressions argotiques récoltées dans des établissements du secondaire, permet d’interroger leurs représentations et la manière dont elles s’écartent des normes sociales ou les reproduisent.

Avant tout, il est crucial de rappeler que les jeunes dont nous parlons ne constituent pas une catégorie homogène. Certains viennent des zones périphériques de grandes villes, d’autres de milieux ruraux, ils peuvent connaître ou non des contacts multiculturels… Autant de facteurs qui influencent directement les pratiques linguistiques et la manière dont les stéréotypes de genre sont exprimés et vécus.

Uniforme à l’école : enquête au cœur de l’expérimentation

C’est une véritable révolution vestimentaire qui s’invite à l’école. Depuis la rentrée de septembre 2024, une centaine d’établissements – écoles, collèges et lycées – expérimentent le port d’une tenue commune obligatoire pour tous les élèves. Derrière cette initiative portée par le ministère de l’éducation nationale s’affiche l’ambition de renforcer le sentiment d’appartenance, d’atténuer les inégalités sociales, d’améliorer le climat scolaire et de lutter contre le prosélytisme.

L’expérience devait être accompagnée d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) et suivie par un comité d’experts, en lien avec la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) et les services statistiques du ministère (DEPP).

Au terme de deux années, si les résultats sont jugés concluants, le ministère envisage la généralisation du port de l’uniforme dans l’ensemble des écoles et établissements du pays.

Comment prévenir et répondre au racisme en milieu scolaire

En octobre 2025, un collège de Guyane s’est retrouvé au cœur d’une polémique à la suite de propos racistes entre élèves survenus au mois de juin précédent. L’incident a débuté lorsqu’un élève traité de « sale Blanc » a répliqué : « Les Noirs devraient retourner dans les champs de coton. » Tous les élèves impliqués ont été sanctionnés par une lettre de réflexion.

L’affaire a pris une tout autre ampleur lorsque les parents du garçon blanc, policiers, ont contesté la punition, estimant que leur fils était victime. Ils ont déposé plainte contre la principale du collège, qui a été entendue par la gendarmerie. Cette attitude des parents a mis sous les feux de l’actualité les propos racistes tenus quatre mois auparavant et dont le grand public n’avait jusqu’alors pas eu connaissance, ce qui a déclenché une vague de protestations. La médiatisation a mobilisé des syndicats, des élus et des associations, qui ont dénoncé un abus de pouvoir des forces de l’ordre.

Cet incident nous invite à interroger les moyens à disposition des enseignants pour réagir dans ce type de situation. Comment prévenir et répondre au racisme en milieu scolaire ? Que nous dit la recherche de l’efficacité des mesures en place ?

Le collège unique, une ambition révolue ?

2025 marque le cinquantième anniversaire d’une célèbre loi : la loi Haby, qui instaure le collège unique, présente dans tous les discours sur les enjeux de méritocratie, et vue comme l’un des derniers chaînons d’égalité des chances et d’ascenseur social.

En cinquante ans, cet idéal s’est toutefois fissuré sous l’effet conjugué de l’autonomisation des établissements scolaires et des enjeux croissants de concurrence, provoqués par les différentes brèches légales à la carte scolaire.

Les chercheurs en sciences de l’éducation font état de cette évolution, provoquée par les dérogations stratégiques, les déménagements dans le secteur d’un collège ou encore la fuite vers le privé et intensifiée par la baisse démographique, l’augmentation de la ségrégation sociale et la pression aux résultats.

Dès lors, quelle forme prend l’idéal d’un collège unique tiraillé entre unification du programme et liberté des parents ? Le collège se retrouve désormais au cœur d’un marché scolaire officieux ou officiel, « l’espace d’interdépendance local ». A travers des pratiques de marketing scolaire, le système censé offrir le même vécu à tous les adolescents français se transforme.

Aider les enseignants à protéger leur voix – et améliorer le bien-être en classe

En classe, les enseignants utilisent leur voix pour susciter de l’enthousiasme, transmettre des connaissances et apaiser les tensions.

Une voix chaleureuse et encourageante stimule la motivation des élèves, réduit leur anxiété et améliore leurs relations avec l’enseignant, comme la dynamique de la classe. A contrario, un ton autoritaire ou sévère peut, même imperceptiblement, créer du stress, éroder la confiance et entraîner un désengagement.

Mais les enseignants peuvent aussi éprouver eux-mêmes du stress. Et l’on sait que cet état émotionnel peut peser sur notre façon de nous exprimer. Il affecte le contrôle que nous avons sur notre élocution. Il nous conduit à parler d’une voix plus aiguë, avec plus de variations, ce qui est susceptible d’entraîner une fatigue vocale.

De plus, les auditeurs perçoivent le stress d’un orateur, ce qui influence leurs émotions, et, dans une école, peut avoir un impact négatif sur l’atmosphère de la classe.

Peu d’enseignants apprennent à bien utiliser leur voix et à la protéger tout au long de leur carrière pour prévenir les maladies liées. Leur permettre de suivre une formation les aiderait à réduire l’impact du stress et d’une sollicitation excessive de leurs cordes vocales, et à transformer la communication au sein de la classe.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.