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La migraine coûte plus de 100 milliards par an en Europe… Quelle prise de tête !

« Docteur, je souffre de migraines. » Désolé, je suis bien docteur, mais en économie, donc je suis incapable de vous soigner. En revanche, je peux relayer le message d’un manque d’efforts de recherche sur votre maladie. Et puis l’économie ne s’intéresse-t-elle pas au bien-être et à la productivité, l’un et l’autre lourdement affectés par la forte prévalence de la migraine ? Elle fait partie des maladies les plus invalidantes, en particulier pour les femmes jeunes. Enfin, soyez rassuré, vous pouvez poursuivre votre lecture car, contrairement à une opinion courante, la science économique ne donne nullement mal à la tête.

Savoir qu’un grand nombre de personnes souffrent de la même maladie n’apporte pas vraiment de consolation, mais cela permet au moins d’échanger plus facilement sur ses difficultés. Or, la France compte 11 millions de personnes souffrant de migraine. Si vous faites partie du club, comme en leur temps Jules César, saint Paul et Thomas Jefferson ou encore Guy de Maupassant, vous pouvez contacter la Voix des migraineux, une association de santé de patients récemment reconnue d’intérêt général.

Châtiments corporels à l’école : depuis quand sont-ils interdits ?

Qu’on puisse avoir recours à des gestes violents dans un cadre éducatif choque aujourd’hui profondément l’opinion publique, à raison. Pourtant, l’interdiction de frapper des enfants est le fruit d’une longue histoire. Si les châtiments corporels ont été abolis en 1803 dans les écoles, ils ont perduré jusque dans les années 1970-1980. Et c’est la loi de 2019 seulement qui a banni la fessée et autres violences éducatives ordinaires dans les familles.

Comment expliquer de telles résistances ? Comment les arguments qui ont travaillé à dissocier sanction et violence ont-ils fait leur chemin ?

Consommation de Xanax, Valium, Rohypnol et autres benzodiazépines à des fins récréatives : quels sont les risques ?

Des retours ponctuels de certains professionnels ont suscité des inquiétudes quant à l’utilisation par des jeunes de benzodiazépines délivrées sur ordonnance, comme le Xanax, à des fins récréatives.

En Australie, les détections de ces substances par la police des frontières ont presque doublé au cours des cinq dernières années.

Pourquoi les jeunes les consomment-ils ? Et en quoi les effets indésirables de ces médicaments diffèrent-ils de ceux relevés quand ils sont prescrits par un médecin ?

Féminicides : comment mieux protéger le commun des mortelles ?

Le féminicide est le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme. Cette définition voit le jour sous la plume de la sociologue Diana Russell qui, après avoir travaillé à identifier cette forme spécifique de violence dans les années 1970, signe en 1992 avec sa consœur Jill Radford l’ouvrage fondateur, Femicide: The Politics of Woman Killing (New York, éditions Twayne).

D’abord approprié par les chercheuses et militantes d’Amérique latine dans les années 2000, le concept se diffuse lentement en Europe à partir des années 2010. En France, il faut attendre les premiers comptages du collectif Féminicides par compagnon ou ex (2016) et le début des collages féminicides, en 2019, pour que sa diffusion soit assurée à l’échelle nationale.

Pourtant, ni le féminicide comme fait social ni sa dénonciation ne sont des nouveautés. Depuis le XIXe siècle, des militantes féministes tentent d’identifier et de théoriser ce crime. Mais leurs idées sont demeurées minoritaires (ou plutôt minorisées) et, faute de trouver un écho dans l’opinion, sont restées méconnues.

Un travail de dévoilement généalogique de la notion, couplé à l’analyse d’affaires judiciaires, permet de saisir les biais sociohistoriques qui ont entravé l’émergence de ce concept clé. Il permet également d’identifier les marges de progression qui demeurent dans la lutte contre cette forme de violence extrême contre les femmes.

Insultes entre élèves : lutter contre le sexisme dès l’école primaire

Le nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) a été publié le 6 février 2025, en vue d’une mise en œuvre à la prochaine rentrée.

Progressif, adapté aux besoins des élèves en fonction de leur âge et niveau scolaire, ce programme poursuit les objectifs définis par la circulaire de 2018, notamment « la lutte contre les stéréotypes, la prévention des violences et la tolérance » et fait du renforcement de l’égalité filles-garçons et de la lutte contre le sexisme à l’école l’un de ses axes majeurs.

Le sexisme peut se manifester dès les petites classes de primaire, en CE1 ou CE2 (cycle 2), en raison de la tendance des élèves à se regrouper par sexe. Entre 6 et 12 ans, garçons et filles évitent souvent les contacts entre eux et entretiennent des stéréotypes négatifs à l’égard du sexe opposé. Cette séparation favorise une hiérarchisation des rapports sociaux et génère des comportements sexistes : jeux stéréotypés, insultes et dévalorisation des filles par certains groupes de garçons.

Pour y remédier, le programme prévoit, dès le CM1, un travail sur les stéréotypes et les préjugés, ainsi qu’une approche des violences (verbales, physiques, sexistes, etc.) dès le CM2.

Non, l’IA ne va pas faire disparaître l’écriture !

Il ne fait plus aucun doute que les IA changent nos vies et nos métiers. Certaines des compétences que nous avons toujours considérées comme spécifiquement humaines ne le sont plus. L’écriture va-t-elle disparaître ? Allons-nous revenir à une société de l’oral ?

Responsable d’une formation en rédaction et traduction à l’Université Paris-Est Créteil, je suis confrontée à cette question en permanence. Faut-il encore apprendre aux étudiants à produire des synthèses si nous pouvons les confier à une IA ? Quelles sont les compétences rédactionnelles qui ne peuvent pas (encore) être remplacées par des machines ?

Mon expérience d’enseignante et de chercheuse me montre qu’apprendre à rédiger un texte selon des normes propres aux différents modes de circulation des écrits reste indispensable, aussi bien pour les rédacteurs amateurs que pour les rédacteurs professionnels.

Nul doute que les IA sont plus performantes que les humains si nous considérons des paramètres comme le brassage d’informations, la vitesse de rédaction, la correction orthographique, ou encore l’élimination par principe de nos tics d’écriture comme la répétition de connecteurs (« alors », « certes », « donc », etc.). Il n’est donc pas étonnant que tout le monde s’y mette, d’autant que cela s’assortit d’un apparent gain économique en accélérant la vitesse de réalisation.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.