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Charge mentale et santé mentale au moment de la maternité

La transition vers la maternité est une période durant laquelle de nombreuses femmes sont confrontées à des problèmes de santé mentale, comme en témoigne le nombre plus élevé de femmes admises dans des institutions psychiatriques au début de la période postnatale qu’à d’autres moments de la vie, et le fait que le suicide est l’une des principales causes de décès maternel dans de nombreux pays, y compris la France. Pendant la période périnatale, marquée par une vulnérabilité psychique importante, jusqu’à 20 % des femmes présenteraient des troubles mentaux tels que l’anxiété et la dépression.

A noter qu’en France, en prévention, les consultations prénatales comme l’entretien prénatal précoce, pendant le suivi de grossesse, sont l’occasion de rechercher des troubles anxieux ou dépressifs chez la future mère.

Par ailleurs, on observe que durant la période périnatale, les changements physiologiques et neurobiologiques du cerveau maternel sont immenses et inégalés par rapport à n’importe quel autre moment de la vie adulte.

Formation à distance : comment accompagner les apprenants qu’on ne rencontre pas ?

La formation à distance devient-elle la nouvelle norme dans le monde de la formation des adultes ? En 2024, 60 % des entreprises auraient proposé une offre de formation majoritairement à distance (FAD) ou en hybride. Même si ce pourcentage montre une tendance à la digitalisation des formations, il faut noter qu’il est en baisse par rapport à l’année passée (64 % en 2023).

La présence d’un tuteur est en première position des facteurs de motivation pour terminer une formation à distance. Ainsi, la priorité pour les formateurs, au-delà de la création des contenus digitaux asynchrones (48 %), est l’enrichissement de l’accompagnement des apprenants (24 %).

D’ailleurs, selon le spécialiste de l’e-formation Jacques Rodet, on peut observer une constante depuis les premiers cours par correspondance en 1728 jusqu’aujourd’hui avec les MOOC (massive online open courses) : dans la plupart des formations ne comprenant pas de dispositif d’accompagnement à distance, les taux d’abandon peuvent dépasser les 90 %.

Or, depuis 2019, à la suite de l’article D6313-3-1, l’existence d’un accompagnateur humain n’est plus obligatoire pour mettre en œuvre une formation. Le chemin s’ouvre ainsi à l’automatisation de l’accompagnement à distance.

L’un des plus grands défis de la formation à distance est donc de maintenir le lien avec les apprenants et leur engagement malgré tout.

Éducation à la sexualité : ce que disent vraiment les programmes scolaires

Les nouveaux programmes d’éducation à la vie affective et sexuelle, en attente de publication, font l’objet en cette fin 2024 de contestations et d’une campagne de désinformation. Mais en quoi consistent-ils vraiment ? Retour sur l’histoire de cet enseignement pour mieux en comprendre les enjeux à travers trois questions.

Qu’entend-on par « éducation à la sexualité » dans le cadre scolaire ?

Sans parler de ceux qui, par plaisanterie ou dénigrement, l’assimilent à une sorte de « Kama-sutra pour adolescents », beaucoup de gens croient, et cela crée des malentendus, voire des résistances, qu’il s’agit toujours et uniquement de présenter aux élèves les organes sexuels, voire le rapport sexuel. Comme si, d’ailleurs, la sexualité était uniquement affaire de biologie alors qu’elle comprend une dimension psychologique, une dimension sociale, une dimension éthique et une dimension culturelle. Toutes ces dimensions doivent être abordées, en tenant compte de l’âge des élèves.

La circulaire du 12 septembre 2018 indique ainsi qu’à l’école élémentaire, la « dimension sexuelle stricto sensu » est exclue. Mais cela n’empêche pas, au contraire, de parler du respect de son corps et de celui des autres, de la notion d’intimité et de respect de la vie privée, de l’égalité entre filles et garçons, etc.

De ce point de vue, il faut bien voir que l’on parle d’« éducation », et non pas d’« instruction ». Parler d’éducation, cela veut dire qu’il ne s’agit pas seulement de transmettre des savoirs, mais aussi de faire réfléchir sur les comportements. En ce sens, l’éducation à la sexualité est une éducation à la responsabilité. Si on devait la définir, on pourrait dire qu’elle est une éducation à son corps et à sa sexualité ainsi qu’au corps de l’autre et à sa sexualité. Ce qui veut dire qu’un autre enjeu est aussi de favoriser l’estime de soi.

La circulaire du 10 décembre 1998, qui est la première à avoir rendu obligatoire l’éducation à la sexualité (pour les collégiens) indiquait ainsi parmi ses objectifs celui de « construire une image positive de soi-même et de la sexualité́ comme composante essentielle de la vie de chacun ».

Le numérique, à la fois obstacle et atout pour les travailleurs en situation de handicap

Comme vecteur de sociabilité ou pour valoriser de nouvelles compétences, le numérique semble une opportunité majeure pour redéfinir la place du handicap dans l’entreprise. Mais les outils technologiques ne sont pas toujours développés pour l’usage des travailleurs en situation de handicap. Une étude réalisée dans la région Rhône-Alpes a recueilli le témoignage de certains d’entre eux pour mieux en comprendre les effets.

La filiale suisse de EasyJet vient d’être condamnée en septembre 2024 pour « discrimination à raison d’un handicap » envers une passagère en fauteuil roulant ayant été interdite de monter à bord d’un avion, car elle n’était pas accompagnée. Ce cas, qui n’est pas isolé, illustre bien l’évolution des pratiques en lien avec les situations de handicap. Aujourd’hui, cette interdiction n’est plus imposée, et ce, grâce, entre autres, à l’évolution de l’arsenal juridique mis en place en Europe.

En France, le cadre juridique entend favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap, notamment avec la loi du 11 février 2005 en faveur de l’égalité des droits et des chances pour tous. Elle définit le handicap comme une « limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

Plus récemment, la loi du 5 septembre 2018 a été promulguée afin de renforcer le dispositif juridique existant. Elle met l’accent sur la capacité des travailleurs, notamment en situation de handicap, à choisir leur parcours professionnel de manière autonome. Ce dispositif juridique a eu comme conséquence de réduire le taux de chômage des personnes reconnues handicapées, qui passe de 17,5 % en 2015 à 12 % en 2022.

Cependant, cette baisse du taux de chômage ne doit pas cacher le fait que le taux d’emploi des personnes en situation de handicap progresse moins que pour l’ensemble de la population en France (0,8 % contre 1,8 %). En 2022, 38 % des personnes handicapées avaient un emploi, soit près de 2 fois moins que dans l’ensemble de la population.

Ensuite, cette baisse incite à porter plus d’attention à la présence des personnes handicapées dans le monde du travail. Quelles sont les pratiques et les modalités particulières à mettre en place pour maintenir leur emploi dans la durée ? Face à la montée en puissance de la digitalisation, il est utile de s’interroger sur la manière dont les travailleurs en situation de handicap font usage des outils numériques. Sont-ils un vecteur de socialisation et d’inclusion, ou au contraire un facteur d’exclusion et de discrimination ?

Pour répondre à ces questions, nous avons mené une recherche dans la région Rhône-Alpes entre juin 2023 et juillet 2024. Nous avons ainsi interviewé 33 travailleurs en situation de handicap occupant différentes fonctions et utilisant des technologies numériques dans l’exercice de leur métier.

Réformer l’école selon Marc Bloch, historien et résistant : des réflexions toujours actuelles ?

Le 23 novembre 2024, la panthéonisation de Marc Bloch a été annoncée par le président de la République, « pour son œuvre, son enseignement et son courage ». Par ces mots, Emmanuel Macron faisait référence à son engagement dans la résistance ainsi qu’à son œuvre d’historien, fondateur de « l’École des Annales » et spécialiste du Moyen Âge – qu’il enseigne de 1919 à 1936 à la faculté de Strasbourg.

S’il n’était probablement pas question, dans ce discours présidentiel, de la réflexion critique de Marc Bloch sur le système d’enseignement ou de ses propositions de réformes à engager dans ce domaine, cette annonce nous donne l’occasion de revenir sur les idées qu’il formule dans L’Étrange Défaite (rédigé dès 1940 et publié à titre posthume en 1946) et dans un article intitulé « Sur la réforme de l’enseignement », publié dans la revue du Comité général d’études (CGE), les Cahiers politiques (n°3, août 1943).

Reparcourons ces textes dont les propos sur la compétition et « la manie examinatoire » de l’école, la nécessité de repenser l’évaluation des connaissances ou encore de revaloriser les salaires des enseignants éclairent encore les débats actuels.

Cocaïne, ecstasy, hallucinogènes… Quels sont les comportements des jeunes face aux drogues illicites ?

Beaucoup de clichés circulent autour de la consommation de drogues chez les jeunes, ils consommeraient de plus en plus tôt et en plus grande quantité que leurs aînés, mais qu’en est-il vraiment ? Pour le savoir, nous menons l’enquête sur la santé et les consommations lors de la Journée d’appel et de préparation à la défense (ESCAPAD).

Cette dernière est conduite depuis l’an 2000 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en collaboration avec la Direction du service national et de la jeunesse (DSNJ). Menée pour la première fois en 2000, elle a été réalisée neuf fois et nos derniers résultats datent de 2022.

Elle porte principalement sur les consommations de substances, mais d’autres thématiques de santé, selon les années, sont abordées dans le questionnaire comme les conduites addictives sans substance (jeux d’argent et de hasard, par exemple), la santé mentale, le handicap ou les comportements alimentaires.

ESCAPAD interroge tous les adolescents convoqués à la journée défense et citoyenneté (JDC) durant une période de 15 jours. En 2022, 23 701 adolescents présents, âgés de 17,4 ans en moyenne, ont ainsi reçu un questionnaire autoadministré anonyme entre le 21 et 25 mars 2022. L’échantillonnage aléatoire, un taux de participation de 84 % (présents vs convoqués) ou encore un taux de réponse supérieur à 95 % (présents vs questionnaires valides) garantissent la bonne représentativité de l’échantillon de répondants. L’enquête permet ainsi d’estimer, entre autres données épidémiologiques, les niveaux de consommation de drogues licites ou illicites parmi les jeunes Français âgés de17 ans et d’en suivre les évolutions sur deux décennies.

Le Social est édité par la société Social Connexion. Son équipe propose des services en ligne depuis plus de 25 ans dans le domaine du secteur social et du médico-social.