Avec #MeToo, relancé en octobre 2017 il y a tout juste cinq ans, les femmes sont véritablement entrées dans la 4e vague du féminisme, l’ère du féminisme connecté. Et comme beaucoup de mouvements sociaux associés au numérique, elle est disruptive et globale : le hashtag lui permet de surfer sur Internet, le « Me » renvoie à l’activité de l’égoportrait collectif, au-delà du selfie narcissique, et le « Too » à l’influence réciproque sur les réseaux. Sa maturité actuelle est liée à la maturité des médias sociaux nés en 2005 qui viennent appuyer cette cybermilitance.
Cette 4e vague a été critiquée comme étant trop dépendante d’Internet, mais chaque vague antérieure a été accompagnée par un nouveau média, qui a élargi le cadre des publics subalternes concernés. L’« alliance » toute relative, voire la co-dépendance, entre le mouvement féministe et les médias renaît régulièrement aux États-Unis, qui sont un laboratoire d’innovation médiatique et techno-discursive depuis le XIXe siècle, quand le féminisme se fait collectif, après les écrits féconds de quelques pionnières. Avec Internet et les réseaux sociaux, il se fait connecté et rencontre de plus en plus les autres féminismes de par le monde.

