Montargis, Saint-Brévin-les-Pins, Villeneuve-sur-Lot… Le huis clos estival a déjà donné lieu à 18 cas de féminicides comme le rapportent les associations. Ces chiffres sont aussi à mettre en perspective avec une dimension moins connue de la lutte contre les violences faites aux femmes : l’importance du milieu rural. En France, 50 % des féminicides ont lieu dans ces territoires où, selon les nouvelles définitions de l’Insee, réside un tiers de la population, soit environ 22 millions de personnes, dont près de 13 millions de femmes.
Or, comme l’a montré le précédent état des lieux de l’Observatoire régional des violences en 2020, à l’instar des femmes en situation de handicap, les habitantes en milieu rural cumulent les facteurs de risque d’agression.
C’est dans ce cadre que j’ai mené cette recherche en Nouvelle-Aquitaine de septembre 2021 à août 2022 pour l’Observatoire régional. J’ai travaillé à l’aide de questionnaires (mars à août 2022) et en m’appuyant sur plus de 50 entretiens individuels et collectifs auprès de professionnels et de femmes victimes ou anciennement victimes de violences dans dix départements différents de la Nouvelle-Aquitaine. Les résultats montrent que le principal facteur aggravant les violences est l’isolement de ces femmes. Un isolement géographique, mais surtout moral, accentué par des stéréotypes de sexe ancrés et un fort contrôle social qui domine ces espaces.

